Peut-on rêver plus décalé qu'un titre de couverture sur ce débat de société, d'avant le coronavirus, lorsque l'environnement était la préoccupation numéro 1, qu'était "la honte de voler" alors que les avions ont replié leurs ailes, que les pays se barricadent, alors que séjourner dans une ville fait courir au voyageur de devoir y rester? D'autant qu'on connaît les règles du jour, pas celles du lendemain. Et puis, il y a les pages dédiées aux restaurants, à l'agenda culturel, les événements auxquels nous vous convions, ceux que nous avons organisés pour vous... Le tout tombé à l'eau dans un grand plouf ! Balayé par la pandémie et par les justes mesures des autorités pour l'enrayer le plus efficacement possible.

Mais comment cela se fait-il donc, Plus Magazine?

Je vous emmène ici visiter notre cuisine intérieure, qui est celle des mensuels. Contrairement aux quotidiens qui bouclent chaque soir, nous, nous bouclons en continu. Chaque jour, nous mettons un point final à un/des article(s) que nous avons mis en page et estampillé "bon pour l'impression". En cas d'un événement inattendu, d'un changement de loi, d'une autre priorité dictée par l'actualité, nous pouvons toujours réagir, modifier un article ou le remplacer. Et ceci jusqu'au jour du bouclage final et, plus encore, de l'impression. Entre le moment où les épreuves passent sous presse et celui où vous recevez votre magazine, il se passe une dizaine de jours. Durant lesquels tout peut arriver... Ici, le coronavirus qui était le problème des autres est devenu le nôtre.

Heureusement, Plus Magazine dispose au sein de sa rédaction d'un site internet, plusmagazine.be, complémentaire au magazine, qui nous permet de suivre les évolutions de l'actualité au près. Ce qui se révèle précieux dans le cas présent.

Un sentiment d'étrangeté

Au moment où j'écris ces lignes, je suis assaillie par un sentiment d'étrangeté. Mon ordi professionnel se trouve sur la table du living ; je bois mon thé dans un beau mug doré à étoiles blanches qui m'est très précieux ; quand je lève le nez, j'observe le spectacle citadin qui se déroule au ralenti, la verdure qui commence à se déployer ça et là, pfff, ben oui, entre les dalles de ma terrasse ; il y a quelques joggeurs qui filent dans le parc. Presque pas un bruit. Je me sens à la fois libre et contrainte. Dès le samedi, je rédige cet article destiné à paraître jeudi, alors que la lessive, mon job du jour, reste en souffrance. Mais cela me rassure, je suis bien à l'avance ; j'ai trop peur de tomber malade et de ne plus pouvoir le faire. Les anxieux sont généralement prévoyants et organisés...

Meilleurs pensées et merci à...

Toutes nos pensées vont évidemment aux personnes touchées, les malades, les aidants mais aussi à toutes les personnes qui se donnent corps et âme pour soigner sans répit ceux qui doivent l'être... Les indépendants durement fouettés... Et tant d'autres dont la vie personnelle est parfois dure à gérer...

Je voudrais encore profiter de ce moment et de cet espace pour remercier toute l'équipe de Plus Magazine qui a à coeur de faire en sorte que, en dépit des circonstances, notre magazine ne perde pas un iota de sa qualité. Un merci particulier aux journalistes qui, le thermomètre sous l'aisselle et la boîte de mouchoirs et de paracétamol à leur côté, m'envoient leur certificat médical assorti d'un gentil petit mot : "Mais je continue à écrire, hein !"

Compte tenu des circonstances actuelles, la newsletter Club de ce vendredi 20 mars est exceptionnellement reportée. Nous sommes conscients que nous avons tous un rôle à jouer dans l'épreuve que nous traversons et nous suivons donc de près les conseils donnés par le gouvernement fédéral. Plus Magazine ne manquera pas de vous proposer de nouvelles actions et voyages lecteurs dès que la situation le permettra.

Appel aux lecteurs: Comment, vous, vivez-vous cette situation ? Racontez-nous !

Voici quelques questions que nous nous posons, mais toutes les autres réflexions que vous pourriez avoir sont les bienvenues.

  • Vos petits-enfants. La presse a beaucoup insisté, par exemple, sur le fait que les petits-enfants étaient des vecteurs de contamination et qu'il était préférable que les grands-parents n'en assurent pas la garde. C'est d'ailleurs un argument qui a pesé dans le débat sur la fermeture des écoles. Comment gérez-vous cela alors que la garde des petits s'avère peut-être difficile pour vos enfants ?
  • Vos parents âgés. Ou autres personnes âgées dont vous vous (pré)occupez. Comment gérez-vous le fait de leur apporter de l'aide, s'ils vivent à domicile, et la peur de les contaminer malgré vous ? Comment vous organisez-vous si vous-mêmes êtes confinés chez vous ? S'ils sont en maison de repos, et donc confinés pour un long moment, comment soutenez-vous leur moral ? Quels sont les conseils que vous pourriez donner pour tenter de briser leur solitude ?
  • Votre boulot. Pouvez-vous encore travailler ? Ou avez-vous été forcé d'arrêter vos activités ? Si le télétravail est possible pour vous, comment cela se passe-t-il pratiquement ?
  • Que faire quand on est confiné, coincé chez soi ? Toutes vos idées sont les bienvenues pour aider ceux qui ne s'imaginent pas regarder des séries dans leur fauteuil durant deux semaines !
  • Que pensez-vous que cette crise va changer dans l'avenir ? Quelles traces va-t-elle laisser? Aura-t-on appris d'autres habitudes ? Quelles sont les leçons, choses positives à retenir ?
Peut-on rêver plus décalé qu'un titre de couverture sur ce débat de société, d'avant le coronavirus, lorsque l'environnement était la préoccupation numéro 1, qu'était "la honte de voler" alors que les avions ont replié leurs ailes, que les pays se barricadent, alors que séjourner dans une ville fait courir au voyageur de devoir y rester? D'autant qu'on connaît les règles du jour, pas celles du lendemain. Et puis, il y a les pages dédiées aux restaurants, à l'agenda culturel, les événements auxquels nous vous convions, ceux que nous avons organisés pour vous... Le tout tombé à l'eau dans un grand plouf ! Balayé par la pandémie et par les justes mesures des autorités pour l'enrayer le plus efficacement possible.Je vous emmène ici visiter notre cuisine intérieure, qui est celle des mensuels. Contrairement aux quotidiens qui bouclent chaque soir, nous, nous bouclons en continu. Chaque jour, nous mettons un point final à un/des article(s) que nous avons mis en page et estampillé "bon pour l'impression". En cas d'un événement inattendu, d'un changement de loi, d'une autre priorité dictée par l'actualité, nous pouvons toujours réagir, modifier un article ou le remplacer. Et ceci jusqu'au jour du bouclage final et, plus encore, de l'impression. Entre le moment où les épreuves passent sous presse et celui où vous recevez votre magazine, il se passe une dizaine de jours. Durant lesquels tout peut arriver... Ici, le coronavirus qui était le problème des autres est devenu le nôtre.Heureusement, Plus Magazine dispose au sein de sa rédaction d'un site internet, plusmagazine.be, complémentaire au magazine, qui nous permet de suivre les évolutions de l'actualité au près. Ce qui se révèle précieux dans le cas présent.Au moment où j'écris ces lignes, je suis assaillie par un sentiment d'étrangeté. Mon ordi professionnel se trouve sur la table du living ; je bois mon thé dans un beau mug doré à étoiles blanches qui m'est très précieux ; quand je lève le nez, j'observe le spectacle citadin qui se déroule au ralenti, la verdure qui commence à se déployer ça et là, pfff, ben oui, entre les dalles de ma terrasse ; il y a quelques joggeurs qui filent dans le parc. Presque pas un bruit. Je me sens à la fois libre et contrainte. Dès le samedi, je rédige cet article destiné à paraître jeudi, alors que la lessive, mon job du jour, reste en souffrance. Mais cela me rassure, je suis bien à l'avance ; j'ai trop peur de tomber malade et de ne plus pouvoir le faire. Les anxieux sont généralement prévoyants et organisés...Toutes nos pensées vont évidemment aux personnes touchées, les malades, les aidants mais aussi à toutes les personnes qui se donnent corps et âme pour soigner sans répit ceux qui doivent l'être... Les indépendants durement fouettés... Et tant d'autres dont la vie personnelle est parfois dure à gérer...Je voudrais encore profiter de ce moment et de cet espace pour remercier toute l'équipe de Plus Magazine qui a à coeur de faire en sorte que, en dépit des circonstances, notre magazine ne perde pas un iota de sa qualité. Un merci particulier aux journalistes qui, le thermomètre sous l'aisselle et la boîte de mouchoirs et de paracétamol à leur côté, m'envoient leur certificat médical assorti d'un gentil petit mot : "Mais je continue à écrire, hein !"