7h. Un ouvrier défonce le trottoir à l'aide d'un marteau piqueur. Je monte le son de la radio. Bien, je n'entends plus les raclements, grondements et éructations matinales de ma machine à café encapsulé.

8h. Les techniciens qui mettent aux normes les ascenseurs activent marteaux et foreuses. Juste derrière le mur de ma salle de bains. Mes cheveux se hérissent. Je monte le son de la radio. Bien, je n'entends plus le vrombissement de ma brosse à dents électrique.

9h. Pour dompter ma chevelure survoltée par les foreuses, je me rends chez le coiffeur. La musique électro-pop hurle. Le coiffeur branché aussi. Il appuie ses dires d'un geste, question d'être bien compris : deux doigts brandis parallèlement à l'horizontale, c'est : " Je vous coupe toujours 2 cm ? ". Bien, on en oublie le vacarme assourdissant des séchoirs.

10h. Embouteillage. Des voitures de police foncent toutes sirènes hurlantes. Suivies par des ambulances accompagnées d'un sillage de sirènes. Suivies par les automobilistes énervés qui se vengent sur leurs klaxons. Suivis par un hélicoptère bourdonnant qui quadrille le secteur. Bien, je n'entends plus l'alerte radioguidage qui surgit dans l'habitacle, aussi surprenant qu'un diable de Tasmanie (marsupial qui se caractérise par un cri à glacer le sang).

12h. Lunch dans un petit resto. Un chanteur de charme libère son désespoir amoureux à fond les décibels. Le serveur refuse de baisser la sono. Bien, comme ça on n'entend pas les conversations des tables environnantes. Ni celle de mon interlocuteur qui n'aura qu'à m'envoyer un mail.

13h. Vite acheter un chemisier dans une boutique du quartier (ne jamais manger de sauce tomate quand on porte du blanc). La vendeuse me hurle le prix, question de passer au-dessus de la sélection " Les plus grands succès de Céline Dion". Je ne comprends pas, je lis sur ses lèvres. Elle dit quelque chose comme : "10 ?". Zut, c'était " 100 "!

14h. Je me gare sur un parking. Deux petites perruches pépillent perchées sur un arbre. Je leur lance : " Vos becs, les mouettes ! On n'est pas à The Voice ici!" C'est vrai quand même... si on se laisse faire...

18h. Supermarché. "Cette semaine, promo sur les sandwiches mous " " Le petit Louis attend sa maman à la réception ". " Un préposé fruits et légumes caisse 8". Les annonces, au son métallique, se superposent à la bande musicale destinée à inciter à l'achat. Un bébé pleure à pleins poumons, déchirant le brouhaha de la clientèle, des clics continus des scanners et des écrans qui difusent de la pub pour des nettoyants miraculeux.

En France, depuis décembre, chaque semaine, les supermarchés Super U coupent la musique et diminuent l'intensité lumineuse durant deux heures par semaine pour permettre aux personnes autistes de faire leurs courses au calme. Un projet de loi est à présent à l'assemblée nationale pour généraliser cette mesure. Bravo!

19h. Maison. Ascenseur. Tiens, il n'y a plus de musique d'ascenseur dans les ascenseurs...

7h. Un ouvrier défonce le trottoir à l'aide d'un marteau piqueur. Je monte le son de la radio. Bien, je n'entends plus les raclements, grondements et éructations matinales de ma machine à café encapsulé.8h. Les techniciens qui mettent aux normes les ascenseurs activent marteaux et foreuses. Juste derrière le mur de ma salle de bains. Mes cheveux se hérissent. Je monte le son de la radio. Bien, je n'entends plus le vrombissement de ma brosse à dents électrique.9h. Pour dompter ma chevelure survoltée par les foreuses, je me rends chez le coiffeur. La musique électro-pop hurle. Le coiffeur branché aussi. Il appuie ses dires d'un geste, question d'être bien compris : deux doigts brandis parallèlement à l'horizontale, c'est : " Je vous coupe toujours 2 cm ? ". Bien, on en oublie le vacarme assourdissant des séchoirs.10h. Embouteillage. Des voitures de police foncent toutes sirènes hurlantes. Suivies par des ambulances accompagnées d'un sillage de sirènes. Suivies par les automobilistes énervés qui se vengent sur leurs klaxons. Suivis par un hélicoptère bourdonnant qui quadrille le secteur. Bien, je n'entends plus l'alerte radioguidage qui surgit dans l'habitacle, aussi surprenant qu'un diable de Tasmanie (marsupial qui se caractérise par un cri à glacer le sang).12h. Lunch dans un petit resto. Un chanteur de charme libère son désespoir amoureux à fond les décibels. Le serveur refuse de baisser la sono. Bien, comme ça on n'entend pas les conversations des tables environnantes. Ni celle de mon interlocuteur qui n'aura qu'à m'envoyer un mail.13h. Vite acheter un chemisier dans une boutique du quartier (ne jamais manger de sauce tomate quand on porte du blanc). La vendeuse me hurle le prix, question de passer au-dessus de la sélection " Les plus grands succès de Céline Dion". Je ne comprends pas, je lis sur ses lèvres. Elle dit quelque chose comme : "10 ?". Zut, c'était " 100 "!14h. Je me gare sur un parking. Deux petites perruches pépillent perchées sur un arbre. Je leur lance : " Vos becs, les mouettes ! On n'est pas à The Voice ici!" C'est vrai quand même... si on se laisse faire...18h. Supermarché. "Cette semaine, promo sur les sandwiches mous " " Le petit Louis attend sa maman à la réception ". " Un préposé fruits et légumes caisse 8". Les annonces, au son métallique, se superposent à la bande musicale destinée à inciter à l'achat. Un bébé pleure à pleins poumons, déchirant le brouhaha de la clientèle, des clics continus des scanners et des écrans qui difusent de la pub pour des nettoyants miraculeux.En France, depuis décembre, chaque semaine, les supermarchés Super U coupent la musique et diminuent l'intensité lumineuse durant deux heures par semaine pour permettre aux personnes autistes de faire leurs courses au calme. Un projet de loi est à présent à l'assemblée nationale pour généraliser cette mesure. Bravo!19h. Maison. Ascenseur. Tiens, il n'y a plus de musique d'ascenseur dans les ascenseurs...