L'autonome arrive doucement... Le charmant spectacle des flammes vous titille ? Mais on dit aussi que le chauffage au bois n'est pas spécialement écologique. Qu'en penser ? De fait, en Région de Bruxelles-Capitale, il est interdit de se chauffer au bois en cas de pic de pollution sauf s'il n'y a pas d'autres alternatives. La Région pense bannir complètement des systèmes de chauffage au bois à partir de 2021... En cause ? La combustion du bois émet de nombreuses particules fines. Certaines villes, comme Montréal, ont d'ailleurs interdit les foyers à bois les plus polluants.

À lire : le chauffage au bois, une source de pollution non négligeable de l'air de nos maisons.

Un ménage wallon sur quatre

Mais faut-il rejeter le chauffage au bois, en particulier dehors des villes ? Que nenni. Dans nos campagnes, le bois reste une ressource naturelle renouvelable intéressante et idéalement locale. Près de 25 % des ménages wallons utilisent le bois comme source énergétique dans leur habitation. Et quelque 354.000 tonnes de bois bûche sont consommées chaque année en Wallonie. S'il est vrai que le rendement d'un feu ouvert est de 10% (donc 90% de déperdition calorifique par la cheminée), que d'anciens poêles de grand-mère ne font guère mieux (40%), les nouveaux poêles ne laissent pas de bois les amateurs de rendement.

Normes de rejet

Les nouveaux foyers au bois sont devenus technologiques, nettement plus propres dans la combustion et donc les rejets. C'est simple, les nouveaux foyers doivent aussi se conformer à des normes européennes de rejet et de rendement. Il n'est plus rare que des fabricants mettent en valeur leur dernier poêle dont le rendement effectif est de 85%, permettant pratiquement à ces foyers d'obtenir le rendement et le rejet d'un poêle à pellets. Et certains peuvent désormais être reliés au chauffage central, fournissant alors aussi bien le chauffage de la maison que l'eau chaude.

Faibles émissions de CO2

Des foyers développent une puissance de près 5 kW. Ils sont en mesure de chauffer une maison basse énergie par exemple. Ils possèdent une arrivée d'air externe ainsi qu'un système d'étanchéité. Ce qui, concrètement, est synonyme de faibles rejets de poussière par la cheminée. Ce qui permet d'éviter de consommer tout l'oxygène de la pièce, mais plutôt d'en obtenir toujours suffisamment pour assurer une combustion optimale. Des marques comme le namurois Stûv ont même réfléchi a des poêles spécialement conçus pour les maisons passives, basse énergie et peu énergivores à ossature bois. Ils ont la faculté d'emmagasiner la chaleur. Ils évitent de ce fait les pics thermiques, car ils peuvent encore diffuser sa chaleur six heures après l'extinction des dernières flammes. Ils bénéficient d'écolabels nordiques qui certifient les faibles émissions de CO2.

Un bon investissement ?

Mais au fait est-ce un bon investissement, un poêle au bois ou un insert ? Oui, il peut être rentabilisé à partir d'environ cinq ans. Le bois de nos forêts, énergie renouvelable par excellence, peut fournir une chaleur d'appoint ou plus. Environ 2,6 kg de bois sec correspondent à un litre de mazout. Il est aussi possible d'opter pour des encastrables dotés de systèmes de ventilation qui redistribuent la chaleur. Si le prix du stère de bois suit la courbe des produits pétroliers, le bois demeure une énergie moins chère grâce aux ressources locales. Cent litres de mazout équivalent à environ 0,6 stère de bois de feuillu sec.

De quel bois je me chauffe ?

Et du côté des inconvénients ? Notons que le chauffage au bois est vite poussiéreux. Il faut aussi posséder un espace suffisamment grand, sec et abrité pour le stockage. Il faut enfin choisir les bonnes essences, car elles n'ont pas toutes le même pouvoir calorifique. Sachez donc que les meilleurs bois de chauffage sont le hêtre, le frêne, les fruitiers... Le peuplier et le saule se consument plus vite.