Le magazine fut éphémère, les couples qui s'y formèrent solides.

Dans cette jeune rédaction constituée en grande partie de trentenaires, trois couples, donc six personnes ont atteint ce Graal ancestral qu'est le bonheur matrimonial quand il s'inscrit dans la durée avec ses joies et ses jours sans. Trois couples, dont le mien. Journaliste, j'écrivais des articles société. Rédacteur en chef adjoint, il supervisait ceux des autres. Il était donc plus gradé que moi. Suivant les critères actuels, il aurait dû été viré. Suspecté d'avoir abusé de son pouvoir pour attirer une innocente brunette dans ses rets.

Viré, c'est ce qui est arrivé en novembre dernier au PDG de McDonald's pour avoir eu une relation consentie avec une employée.

Démission, c'est ce à quoi a été acculée une parlementaire démocrate de Californie pour avoir entretenu une relation sexuelle avec une subordonnée et, auparavant, avec un membre de son équipe de campagne.

Plus près de nous, de plus en plus nombreuses sont les entreprises qui, sans nuance, interdisent les relations amoureuses au boulot, même entre égaux hiérarchiques.

La raison de tout cela : lutter contre le harcèlement au travail. Qui sévit, il est vrai. Et contre lequel il faut lutter sans pitié, personne ne remettra cela en question. Mais, nom d'un chien !, arrêtons de tout confondre et d'accoler l'#MeToo là où il n'y a que de l'amour, des petits coeurs roses et des affolements hormonaux.

Car, nom d'un chien (et d'une chienne), sachant que depuis la disparition des cafés de village, l'invention des embouteillages qui vous ôtent toute autre velléité que celle de rentrer enfin chez vous et l'invasion des clubs de fitness où tout le monde se focalise sur sa propre musculature, où rencontre-t-on majoritairement l'âme soeur ? Au boulot ! Mais oui ! Depuis longtemps d'ailleurs, les dentistes épousent des dentistes ; les profs, des profs ; les médecins, des médecins ; les boulangères, des pâtissiers. Ce qui est assez normal. Le boulot, on y passe huit heures par jour. On y a l'occasion de côtoyer des gens qui partagent nos centres d'intérêt, de passer au crible fin de la quotidienneté leurs traits de caractère, de constater les incompatibilités. Bref, peut-on imaginer mieux en matière de test pré-matrimonial ?

Des études ont en outre démontré que, boostés, les employés amoureux se montraient plus productifs que jamais. Ce devait être le cas de Pierre et Marie Curie dont les petits coeurs ont battu la chamade en planchant ensemble sur de très ardus problèmes de physique qui ont, excusez du peu, bouleversé la médecine, sauvé des vies, débouché sur un prix Nobel (deux Nobel pour elle), l'honneur d'être inhumés au Panthéon, de figurer sur des timbres, des billets de banque, de donner leur nom à des écoles, à des musées, à des métros, à des avenues. Imaginez... Quelqu'un eut dit : " Pierre, ici, pas de ça, mon bonhomme, zêtes viré "...

Le magazine fut éphémère, les couples qui s'y formèrent solides.Dans cette jeune rédaction constituée en grande partie de trentenaires, trois couples, donc six personnes ont atteint ce Graal ancestral qu'est le bonheur matrimonial quand il s'inscrit dans la durée avec ses joies et ses jours sans. Trois couples, dont le mien. Journaliste, j'écrivais des articles société. Rédacteur en chef adjoint, il supervisait ceux des autres. Il était donc plus gradé que moi. Suivant les critères actuels, il aurait dû été viré. Suspecté d'avoir abusé de son pouvoir pour attirer une innocente brunette dans ses rets.Viré, c'est ce qui est arrivé en novembre dernier au PDG de McDonald's pour avoir eu une relation consentie avec une employée.Démission, c'est ce à quoi a été acculée une parlementaire démocrate de Californie pour avoir entretenu une relation sexuelle avec une subordonnée et, auparavant, avec un membre de son équipe de campagne.Plus près de nous, de plus en plus nombreuses sont les entreprises qui, sans nuance, interdisent les relations amoureuses au boulot, même entre égaux hiérarchiques.La raison de tout cela : lutter contre le harcèlement au travail. Qui sévit, il est vrai. Et contre lequel il faut lutter sans pitié, personne ne remettra cela en question. Mais, nom d'un chien !, arrêtons de tout confondre et d'accoler l'#MeToo là où il n'y a que de l'amour, des petits coeurs roses et des affolements hormonaux.Car, nom d'un chien (et d'une chienne), sachant que depuis la disparition des cafés de village, l'invention des embouteillages qui vous ôtent toute autre velléité que celle de rentrer enfin chez vous et l'invasion des clubs de fitness où tout le monde se focalise sur sa propre musculature, où rencontre-t-on majoritairement l'âme soeur ? Au boulot ! Mais oui ! Depuis longtemps d'ailleurs, les dentistes épousent des dentistes ; les profs, des profs ; les médecins, des médecins ; les boulangères, des pâtissiers. Ce qui est assez normal. Le boulot, on y passe huit heures par jour. On y a l'occasion de côtoyer des gens qui partagent nos centres d'intérêt, de passer au crible fin de la quotidienneté leurs traits de caractère, de constater les incompatibilités. Bref, peut-on imaginer mieux en matière de test pré-matrimonial ?Des études ont en outre démontré que, boostés, les employés amoureux se montraient plus productifs que jamais. Ce devait être le cas de Pierre et Marie Curie dont les petits coeurs ont battu la chamade en planchant ensemble sur de très ardus problèmes de physique qui ont, excusez du peu, bouleversé la médecine, sauvé des vies, débouché sur un prix Nobel (deux Nobel pour elle), l'honneur d'être inhumés au Panthéon, de figurer sur des timbres, des billets de banque, de donner leur nom à des écoles, à des musées, à des métros, à des avenues. Imaginez... Quelqu'un eut dit : " Pierre, ici, pas de ça, mon bonhomme, zêtes viré "...