Depuis le début des années 1990, des progrès considérables ont été réalisés dans le traitement de la sclérose en plaques (SEP). Plusieurs nouveaux médicaments sont apparus sur le marché ces dernières années. Malheureusement, l'amélioration de leur efficacité s'accompagne souvent d'un risque accru d'effets secondaires, nécessitant un suivi clinique, de laboratoire ou radiologique régulier. La recherche fondamentale sur des molécules mieux tolérées qui corrigent les mécanismes pathologiques responsables de la SEP est donc très importante.

Anne Des Rieux est l'une des chercheuses qui contribue à améliorer l'efficacité des traitements possibles. Anne Des Rieux est rattachée au Louvain Drug Research Institute, au département Advanced Drug Delivery and Biomaterials de l'Université catholique de Louvain. Depuis 2007, le Dr Des Rieux mène des recherches sur le rétablissement du système nerveux central. Au début, elle s'intéressait à la récupération de la moelle épinière, mais plus tard, son domaine de recherche s'est étendu à la sclérose en plaques.

Elle se concentre principalement sur la nanomédecine et ses applications dans l'administration des médicaments.

98% des médicaments n'atteignent pas leur objectif

Anne des Rieux : "En effet, bien que des molécules prometteuses soient en cours de développement, 98% des médicaments sont incapables de franchir la barrière hémato-encéphalique, ce qui est évidemment nécessaire pour pouvoir mener à bien leur travail au niveau du système nerveux central (NDLR : moelle épinière et cerveau). Nous étudions comment développer des nanoparticules - une sorte de petit sachet contenant le médicament - qui protègent ces molécules et garantissent leur bonne livraison aux cellules impliquées dans la remyélinisation, la réparation de la gaine de myéline qui est affectée par la SEP. De plus, nous étudions également comment administrer ces nanoparticules au patient d'une manière non invasive, comme le nez. Cela rend le traitement beaucoup moins stressant pour eux que les injections quotidiennes ou l'administration par perfusion. Mais l'administration nasale présente aussi l'avantage d'une zone de communication directe entre la muqueuse olfactive et une zone du cerveau (le bulbe olfactif), ce qui nous permet de contourner la barrière hémato-encéphalique. L'inconvénient est que cette zone est très limitée et qu'elle est rapidement nettoyée par un nouveau mucus à chaque fois. Néanmoins, c'est une piste de recherche intéressante."

Construire un réseau

Anne des Rieux a déjà reçu deux bourses de la Fondation Charcot, qui soutient chaque année des équipes de chercheurs belges dans leurs études liées à la lutte contre la sclérose en plaques. "Le financement de la recherche reste limité ", explique Anne. "Et le grand public ignore souvent que la recherche est souvent une affaire à long terme. Cela prend beaucoup de temps. Pour nos travaux actuels, nous utilisons toutes sortes de réactifs qui peuvent être très coûteux. C'est pourquoi le soutien de la Fondation Charcot est très important pour nous. De plus, la Fondation est très ouverte et les projets soutenus sont très variés. La recherche sur la cause de la SEP ou sur de nouveaux traitements n'est pas la seule à bénéficier d'un soutien. Nos travaux n'ont pas un point de vue très commun, mais nous sommes quand même soutenus. La Fondation nous offre plus qu'un simple soutien financier. C'est aussi l'occasion de créer un réseau et d'entrer en contact avec d'autres chercheurs, de confronter nos idées avec des personnes qui travaillent sur le même sujet."