Le Clostrodium difficile appartient à la famille des bactéries nosocomiales, des bactéries qui résistent à la majorité des antibiotiques et qui se rencontrent presque exclusivement dans les maisons de repos et les hôpitaux. Elles contaminent souvent des personnes âgées dont le système immunitaire est affaibli.

Plus Magazine : On a beaucoup parlé d'infections par MRSA au début de l'année...

Dr. Hilde Jansens : MRSA signifie M ethicillin resistant staphylococcus aureus. Le staphylocoque doré est une bactérie présente sur la peau et dans le nez de nombreuses personnes. Elle ne provoque une infection que lorsqu'elle pénètre dans la peau ou dans l'organisme. A l'origine, ces infections étaient traitées à l'aide de pénicilline. Elle a été remplacée par la méticilline lorsque des souches résistantes sont apparues. Mais la bactérie s'est très rapidement adaptée et de nouvelles souches résistantes à la méticilline ont vu le jour. Les MRSA résistent désormais à beaucoup d'autres antibiotiques. C'est la raison pour laquelle il faut observer de strictes mesures d'hygiènes afin de limiter au maximum les risques de contamination par une bactérie résistante.

Aujourd'hui, c'est une souche de Clostridium difficile qui fait la une. Quelle est la différence ?

Il s'agit d'un tout autre type de bactérie. Le Clostridium difficile produit des spores pour se reproduire. Ces spores sont beaucoup plus difficiles à éradiquer que la bactérie proprement dite parce qu'elles peuvent survivre pendant des mois en dehors de l'organisme. Si une infection est découverte trop tard, les spores peuvent s'être déjà répandues.

À l'heure actuelle, on constate un nombre croissant d'infections dues à la souche 027 du Clostridium difficile, particulièrement agressive. L'infection par cette souche se manifeste par de la fièvre, une diarrhée et une infection du gros intestin. Elle peut, en outre, évoluer plus vite vers une issue fatale.

Je tiens à préciser que l'ampleur de ce problème reste relativement limitée dans notre pays (168 cas, dont un mortel), en comparaison avec le Canada et les États-unis où cette bactérie a fait de nombreuses victimes. Heureusement, notre pays a pris les mesures nécessaires en temps utile.

A-t-on pris de nouvelles mesures spécifiques ?

En fait non. Les recommandations de base à l'adresse des institutions de soins sont les mêmes depuis des années. Mais le hasard fait que la Belgian infection control society (BICS) a récemment édicté de nouvelles directives en vue de prévenir les infections par le Clostridium difficile dans les hôpitaux et les maisons de repos.

En effet, certaines données en provenance de l'étranger avaient déjà attiré son attention. C'est pourquoi, en collaboration avec l'Institut scientifique de santé publique, le BICS mène actuellement une enquête de grande envergure sur la prévention de la diarrhée provoquée par la bactérie Clostrodium difficile. Elle s'achèvera en décembre prochain et nous aurons alors une idée précise de l'ampleur du problème. Cependant, quelques chiffres ont été publiés prématurément dans la presse...

La surconsommation d'antibiotiques joue-t-elle également un rôle ?

Certainement. La consommation massive d'antibiotiques permet à certaines bactéries de développer une résistance en subissant des mutations génétiques qui les rendent insensibles à une ou plusieurs classes d'antibiotiques.

En général, les problèmes surviennent lorsqu'un patient contaminé par une bactérie résistante se voit administrer un antibiotique qui n'est pas capable de la détruire. En outre, un antibiotique ne fait pas la distinction entre les bonnes bactéries présentes dans notre organisme (appelées également les commensales) et les bactéries pathogènes. L'antibiotique les tue toutes, à l'exception des bactéries résistantes éventuellement présentes qui profitent de l'occasion pour proliférer. Le médecin doit alors administrer un autre antibiotique auquel la bactérie n'est pas encore résistante.

Si les nouveaux antibiotiques, plus puissants, sont à leur tour surconsommés, on court le risque de ne plus avoir, à terme, d'armes pour combattre des infections de plus en plus résistantes. C'est pourquoi, ces dernières années, on mène des campagnes de sensibilisation en faveur d'une utilisation raisonnée des antibiotiques.

Le Clostrodium difficile appartient à la famille des bactéries nosocomiales, des bactéries qui résistent à la majorité des antibiotiques et qui se rencontrent presque exclusivement dans les maisons de repos et les hôpitaux. Elles contaminent souvent des personnes âgées dont le système immunitaire est affaibli. Plus Magazine : On a beaucoup parlé d'infections par MRSA au début de l'année... Dr. Hilde Jansens : MRSA signifie M ethicillin resistant staphylococcus aureus. Le staphylocoque doré est une bactérie présente sur la peau et dans le nez de nombreuses personnes. Elle ne provoque une infection que lorsqu'elle pénètre dans la peau ou dans l'organisme. A l'origine, ces infections étaient traitées à l'aide de pénicilline. Elle a été remplacée par la méticilline lorsque des souches résistantes sont apparues. Mais la bactérie s'est très rapidement adaptée et de nouvelles souches résistantes à la méticilline ont vu le jour. Les MRSA résistent désormais à beaucoup d'autres antibiotiques. C'est la raison pour laquelle il faut observer de strictes mesures d'hygiènes afin de limiter au maximum les risques de contamination par une bactérie résistante. Aujourd'hui, c'est une souche de Clostridium difficile qui fait la une. Quelle est la différence ? Il s'agit d'un tout autre type de bactérie. Le Clostridium difficile produit des spores pour se reproduire. Ces spores sont beaucoup plus difficiles à éradiquer que la bactérie proprement dite parce qu'elles peuvent survivre pendant des mois en dehors de l'organisme. Si une infection est découverte trop tard, les spores peuvent s'être déjà répandues. À l'heure actuelle, on constate un nombre croissant d'infections dues à la souche 027 du Clostridium difficile, particulièrement agressive. L'infection par cette souche se manifeste par de la fièvre, une diarrhée et une infection du gros intestin. Elle peut, en outre, évoluer plus vite vers une issue fatale. Je tiens à préciser que l'ampleur de ce problème reste relativement limitée dans notre pays (168 cas, dont un mortel), en comparaison avec le Canada et les États-unis où cette bactérie a fait de nombreuses victimes. Heureusement, notre pays a pris les mesures nécessaires en temps utile. A-t-on pris de nouvelles mesures spécifiques ? En fait non. Les recommandations de base à l'adresse des institutions de soins sont les mêmes depuis des années. Mais le hasard fait que la Belgian infection control society (BICS) a récemment édicté de nouvelles directives en vue de prévenir les infections par le Clostridium difficile dans les hôpitaux et les maisons de repos. En effet, certaines données en provenance de l'étranger avaient déjà attiré son attention. C'est pourquoi, en collaboration avec l'Institut scientifique de santé publique, le BICS mène actuellement une enquête de grande envergure sur la prévention de la diarrhée provoquée par la bactérie Clostrodium difficile. Elle s'achèvera en décembre prochain et nous aurons alors une idée précise de l'ampleur du problème. Cependant, quelques chiffres ont été publiés prématurément dans la presse... La surconsommation d'antibiotiques joue-t-elle également un rôle ? Certainement. La consommation massive d'antibiotiques permet à certaines bactéries de développer une résistance en subissant des mutations génétiques qui les rendent insensibles à une ou plusieurs classes d'antibiotiques. En général, les problèmes surviennent lorsqu'un patient contaminé par une bactérie résistante se voit administrer un antibiotique qui n'est pas capable de la détruire. En outre, un antibiotique ne fait pas la distinction entre les bonnes bactéries présentes dans notre organisme (appelées également les commensales) et les bactéries pathogènes. L'antibiotique les tue toutes, à l'exception des bactéries résistantes éventuellement présentes qui profitent de l'occasion pour proliférer. Le médecin doit alors administrer un autre antibiotique auquel la bactérie n'est pas encore résistante. Si les nouveaux antibiotiques, plus puissants, sont à leur tour surconsommés, on court le risque de ne plus avoir, à terme, d'armes pour combattre des infections de plus en plus résistantes. C'est pourquoi, ces dernières années, on mène des campagnes de sensibilisation en faveur d'une utilisation raisonnée des antibiotiques.