On l'adore chaud et ensoleillé. Pourtant, l'été n'est pas toujours notre meilleur ami. Il peut parfois aggraver certains problèmes de santé, plus ou moins graves. La bonne nouvelle c'est que quelques précautions permettent d'en profiter l'esprit en paix et en pleine forme...
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On l'adore chaud et ensoleillé. Pourtant, l'été n'est pas toujours notre meilleur ami. Il peut parfois aggraver certains problèmes de santé, plus ou moins graves. La bonne nouvelle c'est que quelques précautions permettent d'en profiter l'esprit en paix et en pleine forme... Les maladies de peau, comme l'eczéma ou le psoriasis, peuvent être améliorées ou au contraire aggravées pendant l'été. " Le soleil est globalement bénéfique pour le psoriasis, qui se manifeste par la présence de plaques plus ou moins épaisses et étendues sur le corps. Mais il peut aussi être accru par la transpiration, explique le docteur Pierre-Dominique Ghislain, dermatologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles. La peau va être irritée, donc démanger, et on sait très bien que les démangeaisons amènent à du grattage, qui lui accentue le problème."Pour préserver la santé de sa peau, ce n'est donc pas tant le soleil qui est à fuir que la transpiration ! Un climat sec et ensoleillé est souvent plus clément pour la santé dermatologique qu'un climat humide et chaud. " La chaleur sèche peut entraîner des oedèmes, des gonflements des doigts, mais la chaleur humide, elle, a tendance à accentuer la transpiration : or, c'est elle qui cause les effets d'irritation cutanée." Plus la transpiration se déclenche de manière brutale et intense, plus elle va poser problème. "Les glandes sudorales vont être stimulées brusquement, s'activer et pour peu qu'on ait quelques bouchons cornés, une peau un peu épaisse à la surface, des squames, il va y avoir une accumulation progressive de sueur qui va dilater la glande. L'irritation de cette glande va se traduire par une rougeur et par des boutons de chaleur."Pour les éviter, portez des vêtements amples et légers, en coton ou en lin. Ne vous exposez pas au soleil trop longtemps, en particulier entre 11 h et 16 h. En prévention, il est également conseillé d'effectuer un gommage régulier de la peau (sauf en cas de peau très sensible et réactive). "Un gommage permet d'éliminer les petites peaux mortes qui favorisent les désagréments liés à une transpiration excessive." Pensez également à bien hydrater votre peau. "Plus on avance en âge, plus la peau a tendance à être sèche, avertit le Dr Pierre-Dominique Ghislain. Cette sécheresse peut aussi être accentuée par certains médicaments comme les anti-cholestérols." Appliquez une crème et pensez aussi à vous hydrater en buvant suffisamment. Les boutons de chaleur, liés à la transpiration, sont parfois qualifiés abusivement d'allergie au soleil. "La vraie allergie solaire est en réalité une hyperréactivité de la peau aux ultraviolets. C'est une question d'ensoleillement, de lumière. La forme printanière touche souvent les jeunes garçons au niveau des oreilles. Mais il existe aussi une allergie solaire estivale qui survient plutôt après les premiers gros ensoleillements, parce que la peau n'est pas habituée au soleil." Cette allergie se traduit par une rougeur et de petites éruptions cutanées. Pour l'éviter, on opte pour une exposition progressive : autrement dit, on se contente de s'exposer en vêtements légers les premiers jours, en évitant les heures les plus chaudes, avant de s'autoriser des expositions plus prolongées et/ou plus dénudées."Les personnes sensibles peuvent aussi prendre de la vitamine PP, trois à quatre semaines avant de partir, pour prévenir l'allergie solaire." Vitamine hydrosoluble appartenant à la famille de la vitamine B, la vitamine PP est essentielle à notre métabolisme, mais n'est pas produite par notre organisme. Elle constitue donc un coup de pouce bienvenu en cas d'antécédents connus d'allergie solaire. "Le coeur et les vaisseaux sont les organes les plus affectés par la chaleur", affirme le Dr Christian Brohet, cardiologue et membre de La Ligue cardiologique belge. Si les facteurs climatiques ont une influence sur la santé cardiovasculaire, cela vaut d'ailleurs pour le froid : on estime que le risque d'infarctus augmente de 10% à chaque diminution de 10 degrés. À l'autre bout du spectre, la chaleur met également le coeur à rude épreuve, avec notamment des risques d'insuffisance cardiaque. Le risque est particulièrement élevé au-delà de 65 ans (et plus encore de 80 ans) et/ou quand on présente des facteurs de risque, comme une hypertension. Deux mécanismes expliquent l'impact de la chaleur sur le risque cardiovasculaire. Premièrement, la déshydratatation qui a tendance à épaissir le sang et donc à favoriser la formation de caillots qui peuvent boucher une artère au niveau du coeur (infarctus) ou du cerveau (AVC). Deuxièmement, une augmentation du rythme cardiaque d'environ 10 à 15%. La chaleur produit une vasodilatation : le coeur doit donc augmenter la fréquence de ses battements pour alimenter tous les organes et permettre l'évacuation de la transpiration. La chaleur peut aussi, par conséquent, avoir des répercussions au niveau rénal, pulmonaire, etc. "En cas de chaleur, le sang est mobilisé par la périphérie. Si le coeur ne parvient pas à remplir correctement son rôle de pompe, les autres organes peuvent en pâtir, détaille le Dr Christian Brochet. Pour prévenir ces risques, il est donc très important de s'hydrater abondamment (sans attendre d'avoir soif), a fortiori quand on prend certains médicaments comme des bêtabloquants. Il faut aussi essayer de rafraîchir le lieu de vie, de chercher l'ombre et bien sûr d'éviter les efforts physiques."