Sur 10 personnes qui entrent à l'hôpital pour un infarctus, il y en a 6 qui connaissent des troubles de l'érection, explique le Pr Robert Andrianne, urologue au CHU de Liège. C'est ce type d'observation qui a permis de considérer que la dysfonction érectile pourrait être un symptôme " sentinelle " d'un trouble vasculaire grave comme un infarctus ou un accident vasculaire cérébral. " Les problèmes d'érection seraient donc la pointe de l'iceberg, permettant de diagnostiquer " en avance " le trouble vasculaire. Dans de plus rares cas, la dysfonction conduit à découvrir un diabète ou un syndrome métabolique.

Poser systématiquement la question

Il n'est pourtant pas évident de discuter de dysfonction érectile. Ce sujet intime reste difficile à aborder pour beaucoup de patients (à peine un homme sur trois en parle en consultation), mais aussi pour certains médecins, qui ont eux-mêmes du mal à demander à leur patient si tout va bien de ce côté-là...

" Cette question devrait faire partie de l'anamnèse de tout médecin, cardiologue ou généraliste, insiste le Pr Andrianne. Si un homme de 50 ans consulte son cardiologue pour un dépistage de maladies cardiovasculaires, le médecin devrait lui demander s'il a des problèmes d'érection. Et si la réponse est positive, il s'intéressera aux artères coronaires du patient, et lui fera faire, éventuellement, un test à l'effort pour détecter une coronaropathie occulte (artère bouchée). En effet, ces patients souffrent des artères coronaires mais ne le savent pas, parce qu'ils limitent leurs activités physiques : ils ont un excès de poids, par exemple, et évitent de marcher vite ou de monter les escaliers rapidement. Ils n'ont donc jamais de douleur cardiaque. Mais si un jour, ils font un effort un peu violent, ils risquent l'infarctus. "

Diminuer les facteurs de risque

Pourquoi ce lien entre dysfonction érectile et troubles cardiovasculaires ? " L'érection est un processus cardiovasculaire, explique le Pr Andrianne. Ce processus est gouverné par deux choses : le tissu caverneux et l'apport sanguin à la verge, lequel est contrôlé par les artères. "

Or les artères qui amènent le sang au niveau de la verge étant de plus petit calibre que les artères coronaires ou carotidiennes, elles seront touchées plus précocement que ces dernières en cas de détérioration de l'endothélium vasculaire (revêtement interne des vaisseaux), en général trois ans plus tôt. Qu'est-ce qui peut abîmer ces vaisseaux ? L'hypertension, l'hypercholestérolémie, le diabète, la sédentarité... " Sans oublier le chômage, très important, avec tout le stress qu'il engendre, insiste le Pr Andrianne, et le tabac. Si vous cumulez une dysfonction érectile et deux de ces facteurs de risque, on peut songer à un problème coronarien. "

Les facteurs de risque de la dysfonction érectile sont donc les mêmes que ceux des maladies cardiovasculaires. Certains sont réversibles, d'autres pas. La première chose à faire est donc de diminuer ceux sur lesquels on peut avoir une influence : perdre du poids, avoir une meilleure hygiène de vie, etc.

" On vérifiera aussi les paramètres hormonaux du patient, parce qu'on sait aujourd'hui que l'imprégnation en testostérone a une action protectrice sur les vaisseaux. "

Des médicaments réparateurs ?

Pour soigner la dysfonction érectile, trois médicaments vasodilatateurs sont couramment utilisés aujourd'hui. " Traiter une dysfonction érectile n'est jamais obligatoire, rappelle le Pr Andrianne. On peut vivre sans rapports sexuels. Mais on a remarqué, lors d'études portant sur des milliers de malades dans le monde, que ces médicaments sont aussi capables de réparer l'endothélium vasculaire ! Des malades prédisposés à la maladie cardiovasculaire, prenant l'un de ces médicaments pour traiter une dysfonction, voyaient leur risque cardiovasculaire diminuer.

On peut donc imaginer que ces médicaments seront utilisés, dans le but de réparer l'endothélium abîmé. Ce n'est pas encore le cas, parce qu'ils ont été mis au point dans le seul but de traiter la dysfonction érectile. Ils devront être à nouveau évalués avant d'être autorisés pour cette nouvelle indication, et cela prend du temps. " L'endothélium (le revêtement interne de l'artère) peut être abîmé par l'hypertension, l'hypercholestérolémie, etc.

Le cas des prothèses péniennes

" Pour certains patients, le traitement de la dysfonction érectile consiste en la pose d'une prothèse pénienne. Je constate que ces patients sont en général peu attentifs à leur santé cardiovasculaire. Ils devraient au contraire être particulièrement vigilants : puisque la prothèse aide l'érection, ils ne peuvent donc pas compter sur l'absence d'érection comme symptôme sentinelle ! "

Sur 10 personnes qui entrent à l'hôpital pour un infarctus, il y en a 6 qui connaissent des troubles de l'érection, explique le Pr Robert Andrianne, urologue au CHU de Liège. C'est ce type d'observation qui a permis de considérer que la dysfonction érectile pourrait être un symptôme " sentinelle " d'un trouble vasculaire grave comme un infarctus ou un accident vasculaire cérébral. " Les problèmes d'érection seraient donc la pointe de l'iceberg, permettant de diagnostiquer " en avance " le trouble vasculaire. Dans de plus rares cas, la dysfonction conduit à découvrir un diabète ou un syndrome métabolique. Il n'est pourtant pas évident de discuter de dysfonction érectile. Ce sujet intime reste difficile à aborder pour beaucoup de patients (à peine un homme sur trois en parle en consultation), mais aussi pour certains médecins, qui ont eux-mêmes du mal à demander à leur patient si tout va bien de ce côté-là... " Cette question devrait faire partie de l'anamnèse de tout médecin, cardiologue ou généraliste, insiste le Pr Andrianne. Si un homme de 50 ans consulte son cardiologue pour un dépistage de maladies cardiovasculaires, le médecin devrait lui demander s'il a des problèmes d'érection. Et si la réponse est positive, il s'intéressera aux artères coronaires du patient, et lui fera faire, éventuellement, un test à l'effort pour détecter une coronaropathie occulte (artère bouchée). En effet, ces patients souffrent des artères coronaires mais ne le savent pas, parce qu'ils limitent leurs activités physiques : ils ont un excès de poids, par exemple, et évitent de marcher vite ou de monter les escaliers rapidement. Ils n'ont donc jamais de douleur cardiaque. Mais si un jour, ils font un effort un peu violent, ils risquent l'infarctus. " Pourquoi ce lien entre dysfonction érectile et troubles cardiovasculaires ? " L'érection est un processus cardiovasculaire, explique le Pr Andrianne. Ce processus est gouverné par deux choses : le tissu caverneux et l'apport sanguin à la verge, lequel est contrôlé par les artères. " Or les artères qui amènent le sang au niveau de la verge étant de plus petit calibre que les artères coronaires ou carotidiennes, elles seront touchées plus précocement que ces dernières en cas de détérioration de l'endothélium vasculaire (revêtement interne des vaisseaux), en général trois ans plus tôt. Qu'est-ce qui peut abîmer ces vaisseaux ? L'hypertension, l'hypercholestérolémie, le diabète, la sédentarité... " Sans oublier le chômage, très important, avec tout le stress qu'il engendre, insiste le Pr Andrianne, et le tabac. Si vous cumulez une dysfonction érectile et deux de ces facteurs de risque, on peut songer à un problème coronarien. " Les facteurs de risque de la dysfonction érectile sont donc les mêmes que ceux des maladies cardiovasculaires. Certains sont réversibles, d'autres pas. La première chose à faire est donc de diminuer ceux sur lesquels on peut avoir une influence : perdre du poids, avoir une meilleure hygiène de vie, etc. " On vérifiera aussi les paramètres hormonaux du patient, parce qu'on sait aujourd'hui que l'imprégnation en testostérone a une action protectrice sur les vaisseaux. " Pour soigner la dysfonction érectile, trois médicaments vasodilatateurs sont couramment utilisés aujourd'hui. " Traiter une dysfonction érectile n'est jamais obligatoire, rappelle le Pr Andrianne. On peut vivre sans rapports sexuels. Mais on a remarqué, lors d'études portant sur des milliers de malades dans le monde, que ces médicaments sont aussi capables de réparer l'endothélium vasculaire ! Des malades prédisposés à la maladie cardiovasculaire, prenant l'un de ces médicaments pour traiter une dysfonction, voyaient leur risque cardiovasculaire diminuer. On peut donc imaginer que ces médicaments seront utilisés, dans le but de réparer l'endothélium abîmé. Ce n'est pas encore le cas, parce qu'ils ont été mis au point dans le seul but de traiter la dysfonction érectile. Ils devront être à nouveau évalués avant d'être autorisés pour cette nouvelle indication, et cela prend du temps. " L'endothélium (le revêtement interne de l'artère) peut être abîmé par l'hypertension, l'hypercholestérolémie, etc.