Si le format de la série, bien plus long qu'un simple film, s'avère idéal pour aborder en profondeur une thématique ou la psychologie des personnages, encore ne faut-il pas perdre les spectateurs en cours de route, au fur et à mesure des épisodes. Pour ce faire, les scénaristes ont pris le pli de les maintenir régulièrement en haleine, histoire de leur donner envie de poursuivre le visionnage. Pour ce faire, ils disposent de toute une série de techniques et d'artifices scénaristiques. L'un des plus employés, le cliffhanger est aussi l'un des plus anciens, puisqu'on le retrouve déjà dans les romans-feuilletons du XIXe siècle : l'épisode se termine sur une fin ouverte, laissant en suspens une situation critique, sans y donner de réponse. La suite au prochain épisode... Frustrant !

Tout est aussi fait pour que le spectateur s'accroche à l'univers de la série ou à ses personnages, voire aux deux. Avec le temps, certains personnages deviennent pratiquement des "amis virtuels", auxquels le spectateur s'identifie, dont il partage les émotions et l'évolution. Sachant cela, il n'est pas rare que les scénaristes fassent expressément abstraction, le temps d'un épisode, d'un personnage qu'ils savent apprécié. De quoi inciter les spectateurs à lancer le chapitre suivant, afin de voir la suite des péripéties de leur "chouchou". Ajoutez-y quantité de trames scénaristiques qui s'imbriquent et ne finissent jamais en même temps : il devient facile de comprendre que certaines séries parviennent à fidéliser leur public sur plusieurs années.

"Ne pas sur-pathologiser"

Reste que ces mécanismes, déjà présents dans les séries plus anciennes, peuvent aujourd'hui déboucher sur des comportements problématiques. Avec des saisons entières disponibles sur les plateformes de streaming, lançant automatiquement les épisodes les uns à la suite des autres, il est parfois très tentant d'accumuler les heures de visionnage, et de rester scotché devant son écran durant toute une nuit, voire un week-end !

Les séries pourraient-elles provoquer une véritable addiction ? "Il faut être très prudent avec ce terme, répond Maèva Flayelle, chercheuse en cyberpsychologie clinique à l'Université de Lausanne. Il est vrai que certains comportements de visionnage réellement problématiques peuvent émerger, mais dans nos études, cela ne semble concerner qu'une très faible portion (environ 3 à 5%) des personnes interrogées. En général, il s'agit de personnes présentant un profil bien particulier, comme une impulsivité élevée sur le plan de la personnalité, associée à la présence de symptômes psychopathologiques tels que l'anxiété ou la dépression."

Qu'on se rassure : chez les amateurs de série, il arrive à presque tout le monde de rogner sur son temps de sommeil, de temps à autre, pour visionner un épisode supplémentaire. Mais le "binge watching" ou "visionnage en série" ne doit être considéré comme problématique que lorsqu'il persiste dans le temps et qu'il a un impact négatif sur divers aspects de la vie quotidienne (par exemple, performance scolaire/professionnelle), ou qu'il s'accompagne d'un repli sur soi. "Il faut donc veiller à ne pas stigmatiser le visionnage de séries, ni le sur-pathologiser, ajoute la chercheuse. Dans la grande majorité des cas, l'impact des séries est plutôt positif. Cela enrichi le spectateur, lui permet d'établir plus de connexions sociales. Car c'est aussi du partage." D'ailleurs, qui n'en a jamais parlé autour de la machine à café ?

Si le format de la série, bien plus long qu'un simple film, s'avère idéal pour aborder en profondeur une thématique ou la psychologie des personnages, encore ne faut-il pas perdre les spectateurs en cours de route, au fur et à mesure des épisodes. Pour ce faire, les scénaristes ont pris le pli de les maintenir régulièrement en haleine, histoire de leur donner envie de poursuivre le visionnage. Pour ce faire, ils disposent de toute une série de techniques et d'artifices scénaristiques. L'un des plus employés, le cliffhanger est aussi l'un des plus anciens, puisqu'on le retrouve déjà dans les romans-feuilletons du XIXe siècle : l'épisode se termine sur une fin ouverte, laissant en suspens une situation critique, sans y donner de réponse. La suite au prochain épisode... Frustrant !Tout est aussi fait pour que le spectateur s'accroche à l'univers de la série ou à ses personnages, voire aux deux. Avec le temps, certains personnages deviennent pratiquement des "amis virtuels", auxquels le spectateur s'identifie, dont il partage les émotions et l'évolution. Sachant cela, il n'est pas rare que les scénaristes fassent expressément abstraction, le temps d'un épisode, d'un personnage qu'ils savent apprécié. De quoi inciter les spectateurs à lancer le chapitre suivant, afin de voir la suite des péripéties de leur "chouchou". Ajoutez-y quantité de trames scénaristiques qui s'imbriquent et ne finissent jamais en même temps : il devient facile de comprendre que certaines séries parviennent à fidéliser leur public sur plusieurs années.Reste que ces mécanismes, déjà présents dans les séries plus anciennes, peuvent aujourd'hui déboucher sur des comportements problématiques. Avec des saisons entières disponibles sur les plateformes de streaming, lançant automatiquement les épisodes les uns à la suite des autres, il est parfois très tentant d'accumuler les heures de visionnage, et de rester scotché devant son écran durant toute une nuit, voire un week-end !Les séries pourraient-elles provoquer une véritable addiction ? "Il faut être très prudent avec ce terme, répond Maèva Flayelle, chercheuse en cyberpsychologie clinique à l'Université de Lausanne. Il est vrai que certains comportements de visionnage réellement problématiques peuvent émerger, mais dans nos études, cela ne semble concerner qu'une très faible portion (environ 3 à 5%) des personnes interrogées. En général, il s'agit de personnes présentant un profil bien particulier, comme une impulsivité élevée sur le plan de la personnalité, associée à la présence de symptômes psychopathologiques tels que l'anxiété ou la dépression."Qu'on se rassure : chez les amateurs de série, il arrive à presque tout le monde de rogner sur son temps de sommeil, de temps à autre, pour visionner un épisode supplémentaire. Mais le "binge watching" ou "visionnage en série" ne doit être considéré comme problématique que lorsqu'il persiste dans le temps et qu'il a un impact négatif sur divers aspects de la vie quotidienne (par exemple, performance scolaire/professionnelle), ou qu'il s'accompagne d'un repli sur soi. "Il faut donc veiller à ne pas stigmatiser le visionnage de séries, ni le sur-pathologiser, ajoute la chercheuse. Dans la grande majorité des cas, l'impact des séries est plutôt positif. Cela enrichi le spectateur, lui permet d'établir plus de connexions sociales. Car c'est aussi du partage." D'ailleurs, qui n'en a jamais parlé autour de la machine à café ?