Au fil du temps, le processus inéluctable de vieillissement entraîne toutes sortes de problèmes de sécheresse. Des spécialistes nous expliquent pourquoi et surtout comment y remédier...
...

Au fil du temps, le processus inéluctable de vieillissement entraîne toutes sortes de problèmes de sécheresse. Des spécialistes nous expliquent pourquoi et surtout comment y remédier... La sécheresse cutanée est le résultat du processus naturel de vieillissement et d'autres facteurs extérieurs. Avec l'âge, une peau change au fil des années, aussi bien en surface qu'en profondeur. L'épiderme perd peu à peu sa capacité à réguler sa concentration en eau et son hydratation tandis que la barrière cutanée s'affaiblit. La peau ne remplit plus entièrement sa fonction de protection face aux agressions extérieures qui accélèrent la sécheresse et le vieillissement cutanés, comme le soleil, le tabac et l'alcool. L'altération est encore plus forte au niveau du derme. Du fait du ralentissement du renouvellement des cellules cutanées et de la détérioration des fibres élastiques, le derme retient moins bien l'eau. Le collagène, une protéine qui assure la fermeté de la peau, diminue également. Le métabolisme entre le derme nourricier et l'épiderme ralentit. La sécheresse cutanée provoque la formation de rides, de petits plis et de fissures dans la peau. Les vaisseaux sanguins rétrécissent et entravent la bonne circulation sanguine. Dans les couches inférieures de la peau, les cellules graisseuses rapetissent et leur nombre diminue. Le froid est un autre facteur aggravant. En hiver, on passe régulièrement d'un intérieur chaud à l'air froid de l'extérieur et vice-versa. Le processus normal d'évaporation de l'eau des couches inférieures de la peau s'accélère. C'est pourquoi les problèmes de sécheresse sont plus aigus à cette période de l'année. Les personnes souffrant d'eczéma sont particulièrement incommodées. Les personnes âgées dont la peau est plus fine connaissent alors de fortes sensations de démangeaisons et de tiraillements, voire des squames ou des crevasses. Il importe de protéger le film hydrolipidique à la surface de la peau pour empêcher l'évaporation excessive de l'eau. Il convient d'hydrater la peau et de favoriser l'irrigation de l'intérieur. Remplacez le gel douche par un savon surgras ou une huile lavante. Préférez la douche courte au long bain chaud. Prenez l'habitude d'hydrater votre peau, après la douche par exemple, avec une lotion ou une crème nourrissante sans colorant ni parfum. Les bras et les jambes, pauvres en glandes sébacées, sèchent plus vite, ce qui peut provoquer des démangeaisons et finir par provoquer de l'eczéma. Pour les hommes, il existe des laits corporels plus légers qui pénètrent plus vite dans les zones pileuses. En cas de peau très sèche ou d'eczéma, des suppléments alimentaires comme des gélules d'oméga 6 et d'huile d'onagre peuvent soulager. Des crèmes grasses contenant de la carbamide sont efficaces dans le traitement des crevasses. La carbamide a la propriété de détacher les squames et d'atténuer les démangeaisons. Même en hiver, n'oubliez pas de boire au moins 1,5 litre d'eau par jour pour compenser la perte d'eau équivalente.La sécheresse de l'oeil représente une consultation d'adulte sur trois chez l'ophtalmologue. C'est un des désagréments oculaires récurrents chez les plus de 50 ans. La sécheresse de l'oeil peut être due à une diminution du volume lacrymal, même s'il s'agit généralement d'un problème de qualité plus que de quantité. "L'altération de la composition du film lacrymal provoque une certaine gêne, comme la sensation d'un grain de sable dans l'oeil, une grande fatigue au niveau des yeux, des clignements plus fréquents, analyse l'ophtalmologue Carina Koppen (UZ Anvers). L'inconfort s'intensifie en cours de journée. Curieusement, la production excessive de larmes, peut provenir d'un problème de sécheresse de l'oeil." En réaction à l'irritation de l'oeil trop sec, les glandes lacrymales produisent des larmes réflexes, plus riches en eau, qui s'évaporent rapidement et ne lubrifient pas suffisamment l'oeil. La sécheresse de l'oeil est due dans la plupart des cas au dysfonctionnement des glandes de Meibomius, en lien notamment avec le travail sur écran. Ces glandes situées dans les paupières produisent une substance huileuse qui empêche l'évaporation des larmes. Leur dysfonctionnement est dû en partie à l'hérédité. La sécheresse de l'oeil peut aussi être un des effets secondaires de médicaments tels que les antidépresseurs et les antihistaminiques administrés pour soigner certaines maladies auto-immunes. "Faire régulièrement des pauses quand on travaille sur écran et limiter le temps d'exposition à l'écran de télévision permettent d'atténuer le phénomène. La sécheresse de l'oeil ne se guérit pas mais dans la plupart des cas, cette maladie chronique se traite facilement", rassure Carina Koppen. Les larmes artificielles constituent le traitement de base, très efficace à condition de l'appliquer correctement. "Une goutte ne suffit pas. Il faut au moins trois à quatre gouttes par jour. La difficulté consiste parfois à trouver le collyre idéal. Il est préférable d'utiliser les collyres sans conservateurs. Les conservateurs ont pour but de prévenir les bactéries, ce qui est une bonne chose, mais peuvent aussi se révéler irritants à long terme. Malheureusement, les collyres sans conservateurs sont nettement plus chers que ceux avec conservateurs." Les anti-inflammatoires jouent également un rôle important. Dans certains cas, des bouchons lacrymaux peuvent être appliqués dans les canaux lacrymaux inférieurs afin d'éviter les larmoiements excessifs. Le nettoyage du bord des paupières à l'aide de lingettes spéciales et l'application de compresses chaudes sur les yeux permettent de fluidifier le meibum solidifié et de désengorger ainsi les glandes de Meibomius. La thérapie par lumière pulsée intense (IPL ) consiste à projeter des pulsations de forte lumière sur les glandes de Meibomius pour les activer. Actuellement, les résultats sont assez aléatoires et le traitement n'est pas remboursé. Au moment de la ménopause, le vagin subit des changements liés à l'arrêt de production d'hormones féminines. "L'irrigation sanguine de l'ensemble du vagin et de la vulve (petites et grandes lèvres, clitoris, peau et muscles) diminue, d'où une moins bonne lubrification et une moins bonne évacuation des cellules mortes, précisent la gynécologue Marijke Aerts et le Dr Karolien Stevens de VPlus Clinic. La paroi vaginale s'amincit, les muqueuses s'assèchent. De nombreuses femme sont touchées mais le sujet est plutôt tabou." Plus fine, la paroi vaginale s'appauvrit en collagène, en vaisseaux sanguins et en élastine tandis que le glycogène présent dans les cellules superficielles de la muqueuse vaginale se fait plus rare. De ce fait, les bonnes bactéries présentes dans le vagin ont moins de glucides à transformer en acide lactique et le taux d'acidité protecteur diminue, permettant ainsi aux bactéries indésirables de proliférer. "Quand la santé globale du vagin se détériore, le risque d'irritations, de rétrécissement, de problèmes cutanés comme les petites fissures douloureuses et les infections augmente. Les orgasmes deviennent plus difficiles et moins intenses. Qui plus est, de nombreuses femmes ont des rapports intimes douloureux. Du fait qu'elles se crispent davantage, les lésions cutanées sont encore plus sous pression et la douleur s'intensifie. C'est ainsi que s'installe un cercle vicieux, voire un vaginisme, la contraction involontaire des muscles à l'entrée du vagin." Les facteurs psychologiques (stress), les problèmes relationnels ou physiques (infections, diabète, maladies auto-immunes) peuvent également provoquer de la sécheresse vaginale et doivent être pris en charge. Les petites fissures se soignent notamment grâce aux crèmes à base de zinc. Pour la toilette intime mieux vaut éviter les savons parfumés qui perturbent le microbiome vaginal, se laver tout simplement avec de l'eau et limiter l'utilisation de tampons. En cas de problèmes de sécheresse, préférez les sous-vêtements en coton aux synthétiques. Un traitement à base de crème vaginale hydratante procure un certain confort et agit préventivement mais n'améliore pas l'irrigation sanguine. Le traitement hormonal substitutif (HST) à base d'hormones bio-identiques s'avère efficace en cas de sécheresse vaginale liée à la ménopause. Ces hormones, identiques à celles produites par le corps féminin, stimulent l'irrigation et la lubrification. Elles peuvent s'administrer sous forme de gélules ou de gel à appliquer. "D'autres alternatives intéressantes pour résoudre le problème de sécheresse à long terme sont les injections d'acide hyaluronique à l'entrée du vagin. Cette substance peut fixer et attirer jusqu'à mille fois son poids en eau et ainsi booster la muqueuse vaginale et résoudre les problèmes de sécheresse." Le traitement vaginal au laser peut également produire des résultats de longue durée. Le laser réalise de multiples petits impacts sur toute la longueur du vagin. Le corps réagit en augmentant la production de tissus conjonctifs et d'élastine, ce qui a également pour effet de favoriser l'irrigation sanguine et l'hydratation. Ces différentes thérapies peuvent être combinées en fonction des besoins individuels. "L'injection de plasma riche en plaquettes (PRP) est une autre option qui a pour but de régénérer la peau et de booster la production de tissus. Ce traitement peut apporter un certain réconfort dans le traitement des fissures persistantes et des pertes urinaires, créer une plus grande sensibilité sexuelle au niveau du clitoris et dans la zone du point G."