En Belgique, l'ostéopathie est toujours au centre de nombreux débats. Alors que notre pays adoptait, en 1999, la loi Colla, qui reconnaissait l'ostéopathie comme "pratique non-conventionnelle de l'art médical" et devait garantir la sécurité du patient, un certain flou subsiste encore sur la reconnaissance de la profession et la nécessité de soumettre le recours à l'ostéopathie à la prescription médicale (puisque la législation belge prévoit que seuls les médecins puissent poser un diagnostic et initier un traitement).
...

En Belgique, l'ostéopathie est toujours au centre de nombreux débats. Alors que notre pays adoptait, en 1999, la loi Colla, qui reconnaissait l'ostéopathie comme "pratique non-conventionnelle de l'art médical" et devait garantir la sécurité du patient, un certain flou subsiste encore sur la reconnaissance de la profession et la nécessité de soumettre le recours à l'ostéopathie à la prescription médicale (puisque la législation belge prévoit que seuls les médecins puissent poser un diagnostic et initier un traitement). L'ostéopathie est pourtant une pratique de première ligne vers laquelle de nombreux Belges se tournent spontanément. Selon le large rapport publié en 2011 par le KCE (Centre fédéral d'expertise des soins de santé), 7 % de la population aurait eu recours au moins une fois à un ostéopathe au cours de l'année écoulée. La plupart du temps, les motifs de consultation sont les maux de dos et de nuque, que ce soit pour traiter un problème aigu (torticolis, lumbago...) ou chronique (lombalgies). Ces problèmes sont d'ailleurs ceux pour lesquels on possède aujourd'hui des preuves scientifiques de l'efficacité de l'ostéopathie, ce qui n'est pas le cas pour d'autres de ses vertus supposées, comme ses effets bénéfiques sur la douleur chronique, la fatigue chronique, les troubles respiratoires, circulatoires ou digestifs. " Les preuves manquent, mais les publications dans des revues scientifiques ne cessent de se multiplier depuis les dernières années ", explique Jean Ruwet, co-président du GNRPO (Groupement national représentatif des professionnels de l'ostéopathie).Approche manuelle (qui exclut donc l'utilisation de médicaments), l'ostéopathie s'intéresse en priorité aux pertes de mobilité articulaire et tissulaire. Née à la fin du XIXe siècle, elle considère l'être humain comme une entité indivisible : l'ostéopathe recherche donc les causes "mécaniques" (perte de mobilité ou instabilité) responsables de la douleur, au niveau de la région douloureuse, mais également à distance de celle-ci. Utilisée chez les nourrissons, mais aussi chez les adultes, elle est particulièrement populaire au sein des professions où le corps est très sollicité (sportifs, musiciens...) car elle permet souvent une restauration rapide des fonctions. Mais elle se révèle en réalité une approche utile à quiconque est soucieux de préserver sa mobilité, en particulier lors de l'avancée en âge. " Une personne de 50 ou 60 ans souhaite souvent conserver le maximum de mobilité pour exercer ses activités professionnelles, mais aussi de loisir comme le sport ou le jardinage, analyse Jean Ruwet. Or, c'est un âge où on va plus facilement se faire mal au dos en raison de la diminution de la souplesse, d'une moindre force musculaire, d'une arthrose, d'une surcharge pondérale, etc. L'ostéopathie permettra généralement à ces personnes de reprendre beaucoup plus vite leur activité. Le conseil postural, notamment, prend toute son importance chez les personnes plus matures. L'ostéopathe peut aussi indiquer de petits exercices, donner des conseils pour la reprise du sport, etc. "Si l'ostéopathie ne traite pas les causes d'une arthrose par exemple, elle pourra permettre de mieux gérer les douleurs qui en résultent. Mais l'approche se doit d'être d'autant plus rigoureuse. " Une personne plus âgée présentera plus fréquemment d'autres pathologies. L'ostéopathe sera donc d'autant plus attentif aux examens que la personne a déjà subis - bilan sanguin, radiographique... -, aux traitements qu'elle prend, etc. Plus le patient avance en âge, plus l'ostéopathe doit être certain qu'il est aussi soigné pour ses pathologies en médecine classique : cela ne doit jamais se faire " à l'exclusion de ". Nous insistons beaucoup sur cette nécessité de collaboration ", conclut le co- président du GNRPO.