Horloge biologique déréglée : un nouveau test sanguin pour identifier le problème

11/09/18 à 10:10 - Mise à jour à 10:20

Source: Afp

Une équipe de chercheurs de l'Université Northwestern aux Etats-Unis a annoncé lundi avoir mis au point une méthode plus rapide pour vérifier si l'horloge interne d'un patient était déréglée, ce qui pourrait permettre à terme de mieux personnaliser certains traitements.

Horloge biologique déréglée : un nouveau test sanguin pour identifier le problème

Image d'illustration © iStock

L'étude a été publiée dans les comptes-rendus de l'académie des sciences américaine, la revue PNAS.

Toutes les cellules du corps sont synchronisées par le "cycle circadien", un champ de recherche en plein développement et mis en valeur par le prix Nobel de médecine de l'an dernier, attribué à trois généticiens américains ayant découvert des mécanismes moléculaires réglant ce rythme.

Cette horloge biologique régule les fonctions primordiales du corps, du sommeil au système immunitaire en passant par la température du corps ou la faim. De nombreux travaux ont également établi le lien entre son dérèglement et certaines maladies, à commencer par les maladies du coeur, le diabète ou Alzheimer.

Nombre de chercheurs supposent que des médicaments pourraient être plus efficaces s'ils sont pris à une certaine heure, par exemple la chimiothérapie ou un médicament contre l'hypertension. Mais la "chronothérapie" est encore balbutiante.

Des données prélevées

Actuellement, pour déterminer si l'horloge interne se dérègle, les scientifiques prélèvent du sang toutes les heures, et observent l'activité génétique des cellules au fil de la journée. Cela permet de montrer qu'un individu est décalé, par exemple, de deux heures par rapport à l'heure du jour. Mais la méthode est lourde car implique de nombreuses prises de sang.

Pour faciliter la tâche, l'équipe de Northwestern a rassemblé une grande quantité de données venant d'un millier de prises de sang réalisées environ toutes les deux heures sur 73 individus, et mis toutes les données dans un ordinateur afin de dégager un modèle plus précis de l'activité génétique des cellules au fil de la journée.

"L'algorithme a trouvé que seulement une quarantaine de marqueurs génétiques pouvaient prédire avec une grande précision l'heure de la journée", explique à l'AFP l'auteure principale de l'étude, la professeure de biostatistiques Rosemary Braun, à l'Université Northwestern.

Résultat, l'algorithme mis au point par ces scientifiques n'a plus besoin que de deux prises de sang afin de déterminer où en est l'horloge d'un individu, avec une précision d'une heure et demie. Le code est disponible à ce stade seulement à des fins de recherche.

"Cela ouvre de nombreuses perspectives pour étudier la façon dont l'horloge circadienne est liée à la santé", poursuit la chercheuse.

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