Instinctivement, dès notre plus jeune âge, nous sommes capables d'autoréguler notre alimentation, d'équilibrer plus ou moins nos repas pour qu'ils correspondent à nos besoins. "Des études ont ainsi montré que mis face à un buffet d'aliments "naturels" - c'est-à-dire sans sodas et autres produits très gras et très sucrés, qui brouillent leur perception - les enfants avaient la capacité de remplir leurs assiettes de manière à répondre correctement, et même de manière assez fine, à leurs besoins énergétiques", explique Serge Pieters, professeur de diététique à la Haute-école Léonard de Vinci.
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Instinctivement, dès notre plus jeune âge, nous sommes capables d'autoréguler notre alimentation, d'équilibrer plus ou moins nos repas pour qu'ils correspondent à nos besoins. "Des études ont ainsi montré que mis face à un buffet d'aliments "naturels" - c'est-à-dire sans sodas et autres produits très gras et très sucrés, qui brouillent leur perception - les enfants avaient la capacité de remplir leurs assiettes de manière à répondre correctement, et même de manière assez fine, à leurs besoins énergétiques", explique Serge Pieters, professeur de diététique à la Haute-école Léonard de Vinci.Cette aptitude a cependant tendance à s'amenuiser à l'âge adulte. De mauvaises habitudes, couplées à des croyances erronées ("la viande rouge donne de la force, rien ne vaut un bon gros steak") ou des biais culturels (dans certains pays d'Europe, par exemple, la pomme de terre est encore bien souvent considérée comme un légume) peuvent déséquilibrer l'assiette. "L'adulte se pose aussi beaucoup plus de questions sur son alimentation que l'enfant ", ajoute le diététicien. Ce faisant, certains n'ont pas toujours répondu de la bonne manière à ces questionnements, transformant un acte instinctif en une procédure très (trop) réfléchie et codifiée. " Dans la seconde moitié du vingtième siècle, il y a eu une tendance à vouloir tout peser, d'avoir une balance et une calculatrice à côté de son assiette, comme si l'alimentation équilibrée se calculait à la calorie près. De leur côté, les spécialistes de l'alimentation se sont mis à parler de "portions", un concept qui reste assez nébuleux pour le grand public." Heureusement, la tendance est désormais à la simplification. "Histoire de pouvoir appliquer facilement les recommandations alimentaires au quotidien, certains modèles plus visuels ont été mis au point, détaille Serge Pieters. C'est notamment le cas de "My Plate", très utilisé dans le monde anglo-saxon." Le principe ? Présenter de façon claire comment doit être remplie l'assiette idéale. Il existe aussi quelques astuces pour mesurer grosso-modo les portions adéquates, grâce à des outils que nous possédons tous : nos mains. Nos besoins alimentaires variant selon notre poids et notre taille, les mains en tant qu'outil de mesure ont ici un gros avantage, puisque leurs dimensions sont globalement proportionnelles à celles de notre corps. "L'idée n'est pas d'appliquer ces recommandations de façon archi-précise, tient à ajouter Serge Pieters. L'objectif est qu'elles deviennent une habitude, quelque chose d'acquis, pour que les gens puissent "sentir" quand il n'y a pas assez de légumes dans leur repas, par exemple, et puisse rectifier le tir. Il faut néanmoins faire un peu attention au début : pour qu'une habitude s'ancre dans notre inconscient, il faut qu'elle soit mise en pratique au moins six mois."