Naturellement présent dans le sous-sol, le radon s'infiltre dans les bâtiments par des fissures ou des canalisations, où il peut s'accumuler et atteindre des concentrations élevées. Inhalé, il pénètre dans les poumons, irradie leurs tissus et les endommage, ce qui accroît le risque de développer un cancer du poumon, explique l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Le radon représente d'ailleurs la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac.

Le sud du pays est plus exposé à ce gaz que le nord en raison de la composition de son sous-sol. Certaines communes du Brabant wallon, de la province de Liège et du Luxembourg sont considérées comme des zones à risques, c'est-à-dire que dans 5 à 10% des maisons le niveau de référence européen de 300 Becquerel par mètre cube (300 Bq/m³) est dépassé.

Néanmoins, des études démontrent que le risque de cancer pulmonaire augmente déjà à partir d'une concentration en radon de 100 Bq/m³, un niveau susceptible d'être atteint sur l'ensemble du territoire.

L'AFCN propose dès lors aux citoyens de mesurer, entre le 1er octobre et le 31 décembre et pour un coût total de 20 euros, la concentration en radon dans leur habitation à l'aide d'un détecteur. Ce détecteur, un petit tuyau en plastique de la taille d'un tube de rouge à lèvres, est placé dans la pièce la plus fréquentée du logement. Il enregistre les mesures pendant trois mois, avant d'être envoyé pour analyse. Celle-ci détermine ensuite le processus de remédiation, de l'obturation des voies de passage du radon à l'amélioration de la ventilation.

En 2018, plus de 4.200 ménages ont commandé un détecteur. Des concentrations supérieures à 300 Bq/m³ ont été enregistrées dans près de 10% des logements wallons contrôlés.