Il n'existait pas de réelle solution pour les patients de moins de 65 ans souffrant de gonarthrose, constate Dr Christiaan Heusdens (UZ Anvers). Ils sont trop jeunes pour une prothèse qui devra être remplacée quinze à vingt ans plus tard mais en attendant, la douleur est parfois intenable. Les traitements classiques et les antidouleurs ne font plus d'effet. Résultat : ils risquent de perdre leur mobilité. Une alternative a enfin été mise au point pour ces patients... "
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Il n'existait pas de réelle solution pour les patients de moins de 65 ans souffrant de gonarthrose, constate Dr Christiaan Heusdens (UZ Anvers). Ils sont trop jeunes pour une prothèse qui devra être remplacée quinze à vingt ans plus tard mais en attendant, la douleur est parfois intenable. Les traitements classiques et les antidouleurs ne font plus d'effet. Résultat : ils risquent de perdre leur mobilité. Une alternative a enfin été mise au point pour ces patients... " La distraction du genou a été imaginée par une équipe de chercheurs d'Utrecht. Avant d'être appliquée au genou, la distraction articulaire a d'abord été testée sur la cheville. " La distraction est un traitement moins invasif que la prothèse mais reste assez lourd, précise le Dr Heusdens. On peut avoir mal les premières nuits au cours des premières semaines. Pendant six semaines environ, on se déplace avec un appareil de fixation externe maintenu autour du genou par huit broches de 5 mm, quatre dans le fémur et quatre dans le tibia. Un distracteur, une sorte de tuyau, est placé entre les deux extrémités osseuses qui frottent l'une contre l'autre pour les séparer de 5 mm environ. Au cours de l'opération, les barres permettent un allongement de 2 mm. Les jours suivants, l'allongement est augmenté de 3 mm de manière à obtenir une distraction totale de 5 mm. " On marche ensuite quelques semaines avec une jambe en extension. La charge sur le fémur et le tibia est soigneusement adaptée. Cette charge provoque des vibrations dans l'articulation afin de stimuler le genou sans que les deux extrémités osseuses se touchent. Cette interaction de charge et de décharge stimule la formation de nouveau cartilage. La radiographie permet de vérifier l'apparition d'un espace entre les extrémités osseuses au bout de six mois et donc l'absence de frottement. Cet espacement n'est possible que s'il y a une régénérescence du cartilage. " Jusqu'il y a peu on pensait qu'il était impossible de réparer le cartilage usé. On mène des recherches pour comprendre ce phénomène de régénérescence. L'appareil de fixation et les broches sont retirées au bout de six semaines, après quoi la revalidation par un kiné peut débuter ", explique Dr Heusdens. Le traitement par distraction ne touche pas l'articulation du genou afin d'éviter de compromettre une éventuelle chirurgie ultérieure. Cette technique, appliquée depuis une dizaine d'années, donne aussi d'excellents résultats à long terme. Plus de la moitié des personnes traitées par distraction articulaire n'a pas besoin de prothèse après neuf ans. La distraction permet de différer la pose d'une prothèse de plusieurs années, voire de la rendre inutile dans certains cas puisque le cartilage s'est régénéré. Ceci dit, le traitement n'est pas aussi efficace chez tout le monde. " Environ 80% réagissent bien mais 20% n'éprouvent aucune amélioration. Le pourcentage de réussite et d'échec est identique en ce qui concerne la prothèse de genou complète. La distraction articulaire peut aussi provoquer une infection au lieu d'insertion des broches. Si c'est le cas, on prescrit des antibiotiques. Ce risque disparaît dès le retrait de l'appareil fixateur. L'intervention n'est pas possible chez les patients dont le haut de la jambe est trop proéminent, ce qui gêne la pose de l'appareil. " Si vous avez plus de 65 ans et souffrez de gros problèmes d'arthrose, la prothèse de genou partielle ou complète sera probablement la seule option. Un genou artificiel en matériau synthétique ou en métal remplace l'articulation arthrosique, une opération qui élimine la douleur et rétablit la mobilité assez rapidement. " À partir de 65 ans, le risque de devoir remplacer la prothèse de genou à terme augmente. L'opération de révision est à éviter dans la mesure du possible car elle donne de moins bons résultats et provoque davantage de complications. " Si l'arthrose de votre genou commence à vous faire souffrir, la première solution consiste à suivre une thérapie basée sur des exercices ciblés avec un kinésithérapeute afin de développer les quadriceps et les muscles stabilisateurs du genou, en plus d'un régime amincissant en cas de surpoids. " Cette approche, qui permet de réduire la charge de l'articulation, donne dans la plupart des cas d'excellents résultats. " La thérapie par ondes de choc (shockwave) peut compléter le traitement. Cette méthode consiste à envoyer des ondes de choc, courtes et puissantes, dans l'articulation du genou, ce qui a pour effet d'accroître localement la pression et d'entraîner toute une série de modification, tels qu'un métabolisme cellulaire accru et une atténuation temporaire de la douleur. " Les compléments alimentaires comme la glucosamine et le curcuma sont parfois conseillés, même si leur efficacité n'a pas été prouvée. Ces compléments peuvent s'avérer bénéfiques chez certaines personnes mais si on ne constate aucun effet au bout de quelques mois, mieux vaut arrêter. En cas d'arthrose avancée, les compléments alimentaires n'apportent aucun soulagement. " Si la thérapie par l'exercice ne suffit pas, d'autres traitements peuvent être envisagés, comme des infiltrations d'acide hyaluronique (apport du composé naturel déficient en cas arthrose et atténuation de la douleur) ou des injections de cortisone. " Les résultats varient d'une personne à l'autre. Les infiltrations de cortisone peuvent s'avérer nocives pour le cartilage, selon certaines études. La prudence reste donc de mise. " La thérapie avec orthèse spéciale est indiquée en cas d'arthrose à l'intérieur ou à l'extérieur de l'articulation du genou, pas quand les deux parties de l'articulation sont touchées. " L'orthèse pousse l'articulation dans une direction de manière à déplacer la charge de la partie arthrosique vers la partie saine et intacte. " Dans certains cas tels que la déviation des genoux (jambes en O ou en X), l'ostéotomie est la seule option. L'opération consiste à couper l'os afin d'en corriger la position et d'éviter une usure prématurée. On peut ainsi redresser des jambes en O. "