1. Quand parle-t-on de malnutrition?

Sarah Dries, diététicienne-nutritionniste: Il y a quelques années, l'organisation internationale Glim (Global Leadership Initiative on Malnutrition) a redéfini la malnutrition. Désormais, le poids n'est plus le seul facteur déterminant. Il est question de malnutrition en cas de critères observables comme la perte de poids sans raison objective, la fonte musculaire et/ou un IMC (Indice de masse corporelle) trop faible, ainsi que de critères objectifs tels qu'une nutrition insuffisante, une consommation d'énergie accrue (en cas de maladie ou d'inflammation par exemple) ou une mauvaise assimilation des nutriments. La limite inférieure d'IMC est différente chez les personnes âgées: un taux de 22,5 est jugé faible. Avec l'âge la masse musculaire fond, la masse grasse augmente et la taille diminue. Autant de facteurs qui influencent le calcul de l'IMC (voir encadré).
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Sarah Dries, diététicienne-nutritionniste: Il y a quelques années, l'organisation internationale Glim (Global Leadership Initiative on Malnutrition) a redéfini la malnutrition. Désormais, le poids n'est plus le seul facteur déterminant. Il est question de malnutrition en cas de critères observables comme la perte de poids sans raison objective, la fonte musculaire et/ou un IMC (Indice de masse corporelle) trop faible, ainsi que de critères objectifs tels qu'une nutrition insuffisante, une consommation d'énergie accrue (en cas de maladie ou d'inflammation par exemple) ou une mauvaise assimilation des nutriments. La limite inférieure d'IMC est différente chez les personnes âgées: un taux de 22,5 est jugé faible. Avec l'âge la masse musculaire fond, la masse grasse augmente et la taille diminue. Autant de facteurs qui influencent le calcul de l'IMC (voir encadré). La bague qui flotte autour du doigt, les lobes qui s'affaissent sous le poids des boucles d'oreille, les vêtements qui paraissent trop grands, la prothèse dentaire qui semble moins bien ajustée...La difficulté à sortir du canapé ou à ouvrir un pot de confiture peut être révélatrice d'une perte musculaire. D'autres signaux doivent également éveiller l'attention comme le manque persistant d'appétit, la fatigue, les vertiges, la fréquente sensation de froid, l'impression de faiblesse, voire l'apathie. Si on mange en quantité suffisante mais peu variée, certaines carences peuvent apparaître." Si vous avez été très mince toute votre vie et êtes en insuffisance pondérale au sens strict, vous ne souffrez pas nécessairement de malnutrition. Et inversement, le surpoids peut aller de pair avec une forme de malnutrition. Il faut faire très attention à la perte de poids involontaire. À partir de 5% par mois, le risque est réel. Des problèmes d'ordre médical, comme la difficulté à mâcher et à déglutir, un cancer, peuvent faire en sorte qu'on mange moins, ou moins varié. L'appétit peut également diminuer du fait de la prise de médicaments qui ont mauvais goût. Avec l'âge, les aliments restent plus longtemps dans l'estomac, d'où l'absence de sensation de faim. La perte de goût et d'odorat ont également pour effet d'atténuer l'appétit. À partir de 40 ans, le nombre de papilles gustatives diminue et à la septantaine, la perte de goût est estimée à 30%. Les facteurs psychosociaux, tels que la dépression, l'angoisse et la solitude, peuvent aussi avoir un impact sur les habitudes alimentaires. Plus votre réseau social est important, plus souvent vous mangez en compagnie d'amis, de vos (petits-)enfants, moins le risque de malnutrition est important. Pour les plus de 60 ans, la malnutrition est plus dangereuse pour la santé que le surpoids. Si votre poids est normal ou légèrement excédentaire, vous disposez d'une bonne réserve en cas de maladie. Par ailleurs, la malnutrition est plus fréquente qu'on le pense chez les personnes âgées. Environ une sur dix en souffre et près d'un septuagénaire sur deux risque la malnutrition mais beaucoup n'en sont pas conscients. La perte de poids liée à l'âge est une de ces idées préconçues qui ont la vie dure or elle est tout sauf naturelle. La malnutrition a un impact considérable tant sur la santé que sur la qualité de vie car un organisme malnutri fonctionne moins bien. Les carences peuvent entraîner la fonte des muscles, ce qui à son tour rend la déglutition, la parole et la marche plus difficiles. Les blessures guérissent moins vite, les os se fragilisent, l'immunité diminue, le rétablissement après une maladie est plus lent, les hématomes se multiplient (du fait du manque de tissus adipeux sous-cutanés). La durée d'hospitalisation et de revalidation est plus longue. La collaboration de tous les membres du réseau social de la personne âgée est indispensable. Quand vous lui rendez visite, vérifiez la date de péremption des denrées au frigo et, si possible, préparez le repas ensemble. Si vous constatez la moindre anomalie, n'hésitez pas à en parler. Pour stimuler l'appétit, réduisez la taille des portions, quitte à multiplier les repas sur l'ensemble de la journée. Une petite portion servie dans une grande assiette incite à manger et évite de surcharger l'estomac.Veillez à varier les aliments et leur préparation en ajoutant des épices. Certains modes de cuisson (grillade, vapeur, ...) renforcent le goût. Dans la mesure du possible, mangez ensemble et déposez les plats sur la table pour qu'on puisse se resservir. Vous pouvez aussi enrichir les repas en utilisant du lait entier par exemple, en ajoutant un oeuf, une préparation aux noix, en préparant une double tartine... Une purée de légumes est plus facile à avaler qu'une assiette de crudités. Il existe également des compléments alimentaires sous forme de boissons ou de poudres, très utiles dans certains cas mais mieux vaut, dans la mesure du possible, privilégier les produits non transformés, plus faciles à varier et plus appétissants. Une préparation multivitaminée peut être prescrite par le médecin traitant, si nécessaire.