C'est l'histoire d'une personne ayant revendu sa maison pour plusieurs centaines de milliers d'euros. Notre heureux vendeur choisit de ne pas déposer tout cet argent dans la banque dont il est client, mais plutôt d'ouvrir plusieurs nouveaux comptes ou carnets de dépôt dans d'autres institutions. Son idée est aussi limpide que judicieuse : il veut bénéficier de la garantie légale portant sur 100.000 ?. Celle-ci vaut en effet à la fois par personne et par banque. Surprise : celles dont il n'est pas client refusent ! Ce n'est pas une question d'origine douteuse de l'argent, pas plus que l'id...

C'est l'histoire d'une personne ayant revendu sa maison pour plusieurs centaines de milliers d'euros. Notre heureux vendeur choisit de ne pas déposer tout cet argent dans la banque dont il est client, mais plutôt d'ouvrir plusieurs nouveaux comptes ou carnets de dépôt dans d'autres institutions. Son idée est aussi limpide que judicieuse : il veut bénéficier de la garantie légale portant sur 100.000 ?. Celle-ci vaut en effet à la fois par personne et par banque. Surprise : celles dont il n'est pas client refusent ! Ce n'est pas une question d'origine douteuse de l'argent, pas plus que l'identité de ce nouveau client potentiel ne pose question. Alors, quel est donc le problème ? Il est tout simple, mais inattendu pour notre homme : cet argent n'intéresse pas les banques. Parce qu'elles en ont déjà assez... et même trop. N'est-ce pas le métier des banques de récolter l'épargne des citoyens, pour le prêter à plus long terme en crédits hypothécaires ou d'investissement ? A-t-on jamais vu une banque - et a fortiori plusieurs- ne pas vouloir recueillir davantage de capitaux pour générer plus d'activité et donc de bénéfices ? Naguère, non, c'était inconcevable. Mais aujourd'hui, c'est la règle. Que s'est-il donc passé ? Soyons clairs : les banques continuent de faire leur métier et de réaliser un bénéfice en prêtant aux entreprises qui veulent investir et aux particuliers qui souhaitent acquérir un logement. Là où le bât blesse, c'est que les montants déposés par les clients dépassent le niveau de ces crédits. Historiquement, ce n'était pas un problème : le trop-plein était investi en obligations de l'Etat, qui offraient un rendement sympathique. Aujourd'hui, ce rendement est négatif ! Même sort funeste si ce surplus est déposé à la Banque centrale européenne (BCE), qui est en quelque sorte la " banque des banques ". C'est en 2011 que la BCE a frappé ces dépôts d'un taux négatif de -0,1 %, passé ensuite à -0,5 %. Pourquoi cette punition ? Pour encourager les banques à prêter cet argent au lieu de le déposer chez elle. Une mesure utile et efficace ou une idée stupide ? Les avis sont partagés... L'épargne a deux caractéristiques en Belgique. D'abord, elle est fort élevée. Ensuite, le Belge est très frileux à l'égard de la Bourse... et ce n'est pas le krach du coronavirus en mars qui va le faire changer d'avis. L'essentiel de cette épargne se retrouve donc en comptes bancaires, en particulier sur les carnets de dépôt. Et comme on dit à Bruxelles, trop is teveel. Oui, il y a réellement trop d'argent disponible. Jadis, on vous aurait offert le café, sinon déroulé le tapis rouge, si vous étiez venu ouvrir un compte aussitôt garni de 100.000 ?. N'y comptez plus ! Aujourd'hui, le guichetier (s'il y en a encore un...) a pour mission de vous faire comprendre, en termes choisis, que la banque ne veut pas de cet argent. Vous avez dit le monde à l'envers ?