La panthère de Cartier, c'est elle !

Un destin hors du commun. Jeanne Toussaint naît en Belgique dans la modeste Flandre des brodeuses, elle devient femme entretenue à Paris, comme Gabrielle Chanel avec laquelle elle deviendra amie. En entrant dans le coeur de Louis Cartier, elle entre aussi au 13 rue de la Paix, y impose son goût très sûr pour créer des parures toujours plus souples. Elle est nommée directrice de la haute joaillerie en 1933 pour finir par prendre les rênes de la maison de Paris. Cette femme flamboyante qui aura croisé tous les grands noms du siècle, Proust, Cocteau, la duchesse de Windsor, et créé des bijoux fabuleux, dont la mythique panthère, n'est pas celle, comme souvent, dont on aura retenu le nom. Hommage ici lui est rendu à la joaillère des rois.
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Un destin hors du commun. Jeanne Toussaint naît en Belgique dans la modeste Flandre des brodeuses, elle devient femme entretenue à Paris, comme Gabrielle Chanel avec laquelle elle deviendra amie. En entrant dans le coeur de Louis Cartier, elle entre aussi au 13 rue de la Paix, y impose son goût très sûr pour créer des parures toujours plus souples. Elle est nommée directrice de la haute joaillerie en 1933 pour finir par prendre les rênes de la maison de Paris. Cette femme flamboyante qui aura croisé tous les grands noms du siècle, Proust, Cocteau, la duchesse de Windsor, et créé des bijoux fabuleux, dont la mythique panthère, n'est pas celle, comme souvent, dont on aura retenu le nom. Hommage ici lui est rendu à la joaillère des rois. Il s'appelle véritablement Bellegueule, Edouard et porte bien son nom. Il raconte et s'insurge contre la pauvreté, sa classe sociale, lui qui, trop délicat, trop raffiné, a toujours été une source de honte pour ses parents. Homo comme ils disent. Intolérance de tous côtés. Seule solution : la fuite. Très fort et très émouvant. Beaucoup a été écrit sur ce livre et son auteur qui a fait, en 2014, les beaux jours de tous les plateaux télé. Ce premier roman vaut la peine d'être lu. Deux candidats finlandais au suicide se retrouvent fortuitement dans la même grange et, empêchés dans leur entreprise, décident de rassembler d'autres désespérés pour monter une association. D'où un périple complètement loufoque et des personnages attachants. Un savoureux divertissement plein de bonne humeur par un auteur confirmé. Peut-on rire de tout ? Plus que jamais, si c'est avec talent ! C'est le premier Armel Job que j'ai lu. Et j'en suis depuis devenue une fan absolue. Ce jour- là, Denise entre dans un magasin et, pressée, laisse la poussette dehors. Lorsqu'elle ressort, la poussette est toujours là, mais l'enfant a disparu. L'atmosphère d'un petit village ardennais, des relents d'Affaire Gregory, une ambiance lourde, une psychologie fouillée, de l'humanité, une écriture belle et efficace. Pour ce roman, l'ex-prof de Bastogne a reçu, notamment, le prix Simenon en 2010. Et effectivement, il y a une parenté évidente avec Simenon et son " comprendre et ne pas juger ". Bon, d'accord, ils ont les genoux qui craquent. La mémoire qui flanche. Le palpitant qui les taquine et la vue qui part en sucette. Mais pour le reste, pardon, ils sont encore particulièrement en forme ! " Ils ", ce sont Pierrot, pur anar' de 68, Mimile, ancien globe-trotteur au corps tatoué comme un maori, et Antoine, syndicaliste retraité. Une vieille bande de potes octogénaires, plus que jamais rebelles, embarqués malgré eux dans une suite d'aventures rocambolesques. Une série particulièrement rafraîchissante et drôle, qui met le doigt sur les travers de la société, l'âgisme, l'ultralibéralisme, l'exode rural... Jeunes et moins jeunes, chacun en prend pour son grade : c'est là le meilleur plaidoyer pour une société intergénérationnelle ! Christophe Blain est la révélation BD de ces dernières décennies. Aussi, lorsqu'il s'associe avec un ancien cabinettard du Quai d'Orsay, resté anonyme, pour décrire le fonctionnement du ministère français de l'Intérieur, il faut s'attendre à une série qui décoiffe ! Arthur Vlaminck est un jeune doctorant engagé par le ministre Taillard de Vorms (hilarante caricature de Dominique de Villepin) pour rédiger ses discours. Ou plutôt, " ses langages ", comme on dit dans le jargon. De ses premiers pas dans le cabinet à la crise du Lousdem (en réalité, la crise irakienne de 2002), Quai d'Orsay dépeint un monde clos où coups bas, luttes d'influence et egos surdimensionnés cohabitent dans un fouillis de fax et de rendez-vous reportés. Passionnant !