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Vous aussi avez envie de faire partager un livre, peu importe le genre, que vous avez envie de faire connaître ? Ecrivez-nous à redaction@plusmagazine.be Une enfance très pauvre à Gand, le rêve de devenir peintre et, puis, la Grande Guerre et ses horreurs dans les tranchées qui font brusquement passer le jeune Urbain Martien de l'adolescence à l'âge adulte. Quand Stefan Hertmans découvre les centaines de pages de notes rédigées par son grand-père, il en fait un chef d'oeuvre absolu qui sera traduit dans de nombreuses langues. Histoire d'une passion pour la peinture, histoire de gens ordinaires, histoire d'un pays en guerre, saga familiale. Avec en toile de fond la luminosité si particulière des paysages du nord du pays... A découvrir absolument. A.Vdd. Guerre et térébenthine, Stefan Hertmans, éd. Gallimard. Et ses Peanuts. Charlie Brown, Patty, Lucy, Linus, Schroeder... Des enfants dotés de toutes les névroses des adultes qui rejouent toute la comédie humaine avec leur chien beagle au comportement humain, au regard sans concession. On rit de soi, on rit des autres et toujours on s'émerveille de la profondeur de ces personnages qu'on goûte encore davantage quand on a atteint l'âge de raison. Bref, il est toujours l'heure et le moment de se replonger dans le chef d'oeuvre de Charles M.Schulz. Qui aura écrit au total 17.897 strips de 1950 à 2000. A sa mort, les Peanuts, considérée comme une des plus grandes bandes dessinées du XXè s, étaient publiés dans pas moins de 2.600 journaux. A.Vdd. L'intégrale Peanuts, CharlesM.Schuz, éd. Dargaud. Que signifie être noire dans la société américaine ? Nous vivons le choc culturel d'Ifemelu, jeune Nigérianne débarquant aux Etats-Unis pour faire des études universitaires. En Afrique, elle ne s'est jamais préoccupée de la couleur de sa peau, aux Etats-Unis, elle connaîtra de l'intérieur les tensions entre africains et afro-américains. C'est avec irrévérence et ironie qu'elle nous raconte ses états d'âme, ses doutes, ses passions. Elle traite son sujet avec ironie à travers le blog qui la rendra célèbre : " Observations diverses sur les Noirs américains (ceux qu'on appelait jadis les nègres) par une Noire non américaine. " Elle observe avec beaucoup d'humour les différentes formes de discriminations liées à la fois au genre, à la race et à la classe. Les scènes se passant chez le coiffeur sont très drôles et instructives pour toutes celles qui ne connaissent pas les problèmes liés aux cheveux africains. Un roman sur l'immigration, les races, l'identité qui porte à réfléchir et à voir le monde différemment. FP. Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie, éd. Gallimard. Un petite station balnéaire en Angleterre. Une maman revenue au pays avec son jeune fils et qui, pour s'intégrer auprès des pestes locales, relaye une rumeur : une tueuse d'enfant résiderait ici sous une autre identité. Dès ce moment-là, toutes les femmes en âge d'être cette petite fille qui a poignardé un petit garçon dans les années 60 deviennent suspectes. Et c'est là qu'on se rend compte que tout le monde a quelque chose à cacher. Que tout le monde a des attitudes sujettes à interprétation. Une atmosphère qui rappelle Big little lies (série avec Reese Witherspoon et Nicole Kidman, adaptée d'un roman de Liane Moriarty). Un très bon suspense psychologique avec pour décor de très joli cottages repliés sur leur malaise. A.Vdd. La rumeur, Lesley Kara, ed. Les Escales Ce roman est une véritable épopée qui nous tient en haleine du début à la fin. Dans le Londres de Virginia Woolf et Conan Doyle, Éric Marchal mêle personnages réels et de fiction pour nous faire vivre une période troublée de l'histoire de l'Angleterre du début du XXe siècle. Les suffragettes provoquent, heurtent l'ordre public et se font remarquer par tous les moyens. Olympe Lovell, notre héroïne est une véritable guerrière prête à tous les sacrifices pour la cause. Son histoire s'enchevêtre avec celles de Thomas Belamy, français d'origine asiatique, médecin au Saint Bartholomew Hospital qui travaille dans le service des urgences et s'applique à relier les pratiques occidentales et chinoises. Et puis il y a Horace de Vere Cole, le plus excentrique des aristocrates, poète et mystificateur, à la recherche de son chef d'oeuvre, le plus grand canular de tous les temps. C'est absolument envoûtant. FP. Les heures indociles, Éric Marchal, éd. Anne Carrière Après avoir débuté dans la bande dessinée potache, bien que non dénuée d'intérêt (" Pascal Brutal ", " Les pauvres aventures de Jérémie "...), Riad Sattouf s'est lancé il y a quelques années dans ce qui restera incontestablement un chef d'oeuvre du 9e art : le récit de ses souvenirs d'enfance, passée entre Libye, Syrie et Bretagne. " L'Arabe du futur ", c'est en réalité le père de Riad Sattouf : syrien d'origine très modeste, celui-ci obtient le titre de docteur en Histoire à la Sorbonne, peu après la prise de pouvoir de Kadhafi en Libye. Pétri de nationalisme arabe et de modernité fantasmée, il refuse un poste en Angleterre et emmène sa compagne française, et bientôt ses enfants, dans un périple qui les mènera de Tripoli à la périphérie d'Homs, au gré de ses nominations universitaires. Avec, à la clé, un parcours chahuté dans des régimes dictatoriaux et un choc culturel franco-syrien, vus par les yeux d'un enfant plutôt timide et réservé. Un récit beaucoup plus profond que ne le laisse supposer ses dessins naïfs : on rit souvent, on pleure parfois mais, dans tous les cas, on en reste durablement marqué. NE. L'Arabe du futur (série en cours, 4 tomes déjà sortis), par Riad Satouff, Allary éditions. C'est l'histoire d'une fille superbe qui meurt à l'âge où les stars féminines hollywoodiennes prennent leur retraite, 26 ans. Comme bien des vedettes de l'entre-deux guerres, Jean Harlow joue l'amour mais ne le trouve pas. Chair à canon de l'industrie cinématographique, elle offre du rêve à travers sa chevelure platine et ses seins spectaculaires qui font sa marque de fabrique. " Journaliste : Jean Harlow, portez-vous un soutien-gorge ? Jean Harlow : Voilà une question pour les aveugles. " Qui était-elle vraiment ? Difficile à savoir car chacune de ses apparitions ou paroles étaient scénarisées par les studios. L'auteur réussit néanmoins à se mettre avec brio dans sa peau... Fascinant. AVdd. Platine, Régine Detambel ed. actes sud En matière de frissons, les auteurs hispanophones ont la plume efficace. La théorie des cordes, fiction basée sur une théorie scientifique, qui n'alourdit en rien le récit, j'ai préféré le finir en plein jour. Des scientifiques de très haut niveau, dont une physicienne avec un physique à la hauteur de son intellect, sont réunis pour des recherches ultra secrètes sur une île qui leur est réservée. En gros, il s'agit de remonter le temps. D'où la création d'un monstre qui va s'en prendre à chacun des scientifiques, où qu'il se trouve au cours des années suivantes, et semer la terreur. Comment arrêter cette force du mal ? On ne le saura que lors des dernières pages. AVdd. La théorie des cordes, José Carlos Somosa, ed. Actes Sud C'est un livre très personnel que nous donne Blandine de Caunes. Sa mère Benoîte Groult, vrai star du féminisme au XXe siècle est atteinte de la maladie d'Alzheimer. En dépit du déni des enfants, la déchéance physique et mentale se poursuit. Que faire quand on se rend compte que maman n'est plus maman ? Ce livre est sans tabou, criant de vérité mais rempli de sensibilité et d'amour. Que faire, que décider quand on en arrive à désirer la mort de sa propre mère car on ne supporte plus cette perte de l'esprit ? Et le drame continue quand Violette la fille de Blandine meurt dans un accident de voiture. Nous touchons alors à l'intolérable, mais Blandine est une guerrière. On retient de cet ouvrage tout récemment paru que la vie est toujours plus forte, que l'amour de meurt pas avec les disparus et que nous restent les souvenirs et surtout la transmission. FP. La mère morte, Blandine de Caunes, éd. Stock Philippe Raxhon est un historien réputé, un Liégeois aussi. Le gaillard a eu la bonne idée de " s'oxygéner l'esprit " en se lançant dans le domaine de la fiction. Son dernier opus en date, se range dans la catégorie des thrillers historiques. Il narre les pérégrinations de deux historiens qui ont mis la main sur la dernière lettre du philosophe Sénèque avant de se suicider. Mais pourquoi diable cette découverte suscite l'intérêt, le mot est faible, des services secrets et d'une organisation occulte. Un thriller philosophique haletant, ou les cadavres de la déraison annoncent complots, superstitions et un incroyable secret ! RM. Le complot des philosophes, Philippe Raxhon, ed. City Il y a un récit. Aidée d'une voyante et d'un ancien enquêteur, Jenna, qui a été abandonnée par sa mère, part à la recherche de cette dernière. Plaisant. Mais les personnages principaux sont bel et bien les éléphants que la scientifique étudiait. On part en Afrique. Puis dans un refuge américain pour éléphants maltraités. Et on en apprend à chaque page sur ces géants à la mémoire en effet gigantesque et sur leurs moeurs. Le deuil des éléphantes, par exemple, à la mort de leurs petits, est une marque d'amour absolu. Mais ces animaux peuvent aussi se montrer terriblement jouettes et facétieux. Une vraie découverte. AVdd. La tristesse des éléphants, Jody Picoult, éd. Actes Sud Ella Fay est internée à l'asile de Sharston, dans le Yorshire, en 1911. Elle participe chaque vendredi au bal des pensionnaires, seul moment où hommes et femmes sont réunis. Elle y rencontre John, lui aussi injustement interné, avec lequel elle danse et dont elle s'éprend. A la tête de l'orchestre, il y a le docteur Fuller qui, séduit par l'eugénisme, a de grands projets pour guérir les malades. C'est une histoire romancée, terriblement humaine, et d'autant plus passionnante car basée sur des faits réels. La politique par rapport aux aliénés, le quotidien des internés, tout est vrai... Vous pouvez encore voir cette salle de bal via un moteur de recherche. Cela vaut la peine d'y jeter un coup d'oeil. AVdd. La salle de bal, Anna Hope, éd. Gallimard