Les règles de distanciation sociale sont très pénibles à respecter lorsqu'il s'agit de faire ses adieux à un proche. " Souvent, avant de fermer les yeux une dernière fois, une personne en fin de vie attend d'avoir quelqu'un à ses côtés, constate Lies Scaut, experte en matière de deuil. Lorsque ce n'est pas possible, la famille culpabilise. Les proches ont le sentiment de ne pas pouvoir vivre ces instants comme ils l'avaient imaginé. Ils se sentent coupables d'abandonner la personne aimée dans un moment aussi crucial. "
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Les règles de distanciation sociale sont très pénibles à respecter lorsqu'il s'agit de faire ses adieux à un proche. " Souvent, avant de fermer les yeux une dernière fois, une personne en fin de vie attend d'avoir quelqu'un à ses côtés, constate Lies Scaut, experte en matière de deuil. Lorsque ce n'est pas possible, la famille culpabilise. Les proches ont le sentiment de ne pas pouvoir vivre ces instants comme ils l'avaient imaginé. Ils se sentent coupables d'abandonner la personne aimée dans un moment aussi crucial. " Les maisons de repos et de soins et les hôpitaux mettent tout en oeuvre pour permettre à la famille de vivre ces derniers moments avec autant de proximité que possible. Mais un véritable contact physique, comme tenir une main, par exemple, n'est tout simplement pas permis. Et cette situation risque de durer..." Pour certains, c'est un crève-coeur d'être présent sans pouvoir serrer la personne qu'ils aiment dans leurs bras. Pourtant, cette présence reste importante, souligne Lies Scaut. Téléphonez, laissez un message que le personnel pourra transmettre, dites ce que vous avez envie de dire. Cela peut faire du bien, même si l'être cher est dans le coma. On ignore si un patient dans le coma comprend ou pas, mais entendre une voix familière ne peut pas faire de tort. "La spécialiste du deuil insiste sur le fait qu'il s'agit d'une démarche très personnelle et que chacun doit se sentir libre de vivre cela comme il l'entend. Il ne faut pas sous-estimer l'impossibilité de consoler physiquement un frère, une soeur, une mère ou un père lors des obsèques. Malgré tout, certaines familles vivent plutôt positivement ces adieux en cercle restreint. " On évite ainsi des discussions sur les gens à inviter ou pas, par exemple. Le moment des derniers adieux dure moins longtemps, ce qui permet d'aller à l'essentiel. " D'autres familles souhaitent, après cette courte cérémonie en cercle restreint, prévoir, plus tard, un service funéraire et une réception avec plus de monde. " Mieux vaut le faire assez rapidement, il s'agit en effet d'une étape essentielle dans le processus de transition entre les vivants et la personne disparue. Pourquoi ne pas demander au personnel soignant de prendre des photos du patient ? C'est important de pouvoir dire au revoir au corps. " Ne pas pouvoir consoler physiquement un membre de la famille en deuil ne signifie pas qu'on ne peut pas être proche de lui. " En période de confinement, on privilégiera l'envoi de lettres et de messages de soutien. On peut aussi mettre une bougie devant la porte d'un proche en deuil ou lui apporter de bonnes choses à manger.D'une certaine manière, la crise du Covid-19 rapproche les gens dans des moments aussi difficiles, " estime Lies Scaut. La personne en deuil peut trouver beaucoup de réconfort dans une lettre évoquant des souvenirs du défunt ou des photos retrouvées dans un carton. Les mesures de distanciation sociale font qu'on pense davantage aux défunts. C'est très positif. "