Un énorme nuage de poussière nous aveugle. Heureusement, les obstacles sont quasi inexistants sur la piste. Les paysages sans cesse changeants sont de toute beauté et la faune particulièrement luxuriante. Oryx, autruches, babouins, phacochères... Des familles entières de suidés, en file indienne, la queue à la verticale, nous coupent régulièrement la route. Les bourgades où nous nous ravitaillons pour le pique-nique quotidien sont les seuls endroits où nous croisons des humains. Le désert recouvre la plus grande partie de la Namibie. Le plus beau d'entre eux est sans nul doute le désert du Namib avec des sites aussi remarquables que le Sossusvlei et le Dead Vlei, l'apothéose de notre voyage.
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Un énorme nuage de poussière nous aveugle. Heureusement, les obstacles sont quasi inexistants sur la piste. Les paysages sans cesse changeants sont de toute beauté et la faune particulièrement luxuriante. Oryx, autruches, babouins, phacochères... Des familles entières de suidés, en file indienne, la queue à la verticale, nous coupent régulièrement la route. Les bourgades où nous nous ravitaillons pour le pique-nique quotidien sont les seuls endroits où nous croisons des humains. Le désert recouvre la plus grande partie de la Namibie. Le plus beau d'entre eux est sans nul doute le désert du Namib avec des sites aussi remarquables que le Sossusvlei et le Dead Vlei, l'apothéose de notre voyage. Nos talents de conducteur sont mis à rude épreuve sur la route du Tsaris Pass, une des plus spectaculaires mais aussi des plus dangereuses du pays, surtout par temps de pluie. Heureusement, le temps est au beau fixe et le soleil brille de mille feux. Dans la dernière descente, nous avons l'impression d'apercevoir un immense lac dans le lointain. Quand nous nous arrêtons pour faire quelques photos, nous nous rendons compte que nous avons été bluffés par un mirage surprenant de réalisme. Peu avant d'arriver au Sesriem, la porte d'entrée du désert du Namib, deuxième illusion d'optique : un bourg médiéval semble se dresser au beau milieu du désert. La chaleur nous jouerait-elle des tours ? Pas tout à fait. Il s'agit en fait de notre lodge, le bien-nommé Le Mirage, planté au milieu de nulle part. Rien, absolument rien à voir à l'horizon si ce n'est un renard du désert qui poursuit une proie invisible dans le sable rouge et un oryx, symbole de la Namibie. Il fait encore nuit lorsque nous arrivons à Sesriem, la porte d'entrée du parc national de Namib-Naukluft. Notre but est d'admirer le lever du soleil du sommet d'une des plus hautes dunes. Une des dunes les plus spectaculaires, la fameuse Dune 45, se trouve à 45 km, comme son nom l'indique. Nous traversons la plus belle partie du désert du Namib, le père de tous les déserts. Le paysage qui défile sous nos yeux est tout simplement magnifique, quasi surréaliste. Au pied des dunes se trouvent les vlei, des étendues plates rarement remplies d'eau, constituées de sel et d'argile séchée. Les magnifiques dunes orange de Sossusvlei se trouvent entre le Sesriem où débute le désert du Namib et l'océan Atlantique. La poésie à l'état pur. Nous avons l'impression de flotter sur une immense mer de sable orange avec des dunes à perte de vue. Leurs formes, les jeux d'ombre et de lumière qui accentuent leur relief à la perfection les rendent absolument uniques. Le désert du Namib qui occupe une superficie de 80.000 km2 et s'étend sur quasi 2.000 km le long de l'océan Atlantique est un des plus grands d'Afrique et un des plus vieux du monde. C'est aussi un des endroits les plus arides de la planète. Si les animaux, les insectes et les plantes arrivent à survivre, c'est grâce uniquement à la brume de l'océan poussée par le vent en début de journée. Premier arrêt : Dune 45. Cette dune de 170 mètres n'est pas la plus haute mais assurément la plus photogénique du parc. La beauté infinie de ses courbes et de ses arêtes s'admire de préférence tôt le matin ou en fin d'après-midi, quand le soleil couchant peint la dune étoilée d'ombre et de lumière. On se sent bien petit au pied de ces dunes gigantesques qui s'étalent parfois sur 20 - 30 km. Même les oryx qui écument le désert en quête de nourriture semblent tout à coup minuscules. Nous voilà nez à nez avec un gecko du désert qui ressemble à s'y méprendre à un caméléon. Il s'accroche à nos chaussures et finit par nous raccompagner à la Jeep où il nous regarde repartir de ses grands yeux tristes. Cette adorable créature endémique au désert du Namib semble manquer cruellement d'affection. Notre 4x4 a enfin l'occasion de montrer ce dont il est capable dans le sable. On dégonfle légèrement les pneus et on appuie sur l'accélérateur. Nous parcourons la dernière partie de désert avec une souplesse incroyable en direction de Big Daddy qui, comme son nom l'indique, est la plus haute dune de Sossusvlei du haut de ses 325 mètres. Juste en face se trouve Big Mama qui culmine 25 mètres plus bas. La chaleur est à son maximum et l'ascension s'avère particulièrement difficile. Mais la vue fantastique dont on jouit au sommet vaut bien quelques gouttes de transpiration. La descente est plus facile. On se met à courir dans le sable et on retrouve son âme d'enfant. Même si Dead Vlei semble proche du sommet de Big Daddy, nous décidons de nous en approcher le plus possible en 4x4. Le vent soulève le sable, ce qui ne facilite pas les choses. Le nom un peu lugubre de Dead Vlei (marais mort) désigne un des sites les plus remarquables du désert du Namib. Le paysage désolé de cet ancien salar parsemé d'acacias morts est d'une beauté à couper le souffle. Les troncs noirs tranchent sur le fond de la cuvette blanche et des dunes rouge orangé. Certains de ces troncs, morts depuis plus de neuf cents ans, sont dans un état de conservation exceptionnel du fait de l'intense sécheresse qui règne dans ce lieu à nul autre pareil. Le tableau est on ne peut plus surréaliste. On se sent vraiment seul au monde dans le canyon de Sesriem, souvent négligé dans ce superbe parc naturel. Cet impressionnant canyon d'un kilomètre de longueur et de 30 mètres de profondeur a été creusé il y a des millions d'années par la rivière Tsauchab qui coulait aussi dans le Dead Vlei. C'est un des endroits les plus fréquentés par les animaux dans le désert du Namib car on y trouve de l'eau toute l'année. Nous y croisons deux chacals attirés par notre pique-nique. Courageux mais pas téméraires, ils prennent leurs pattes à leur cou dès que nous faisons mine de nous lever. Comme ils repartent généralement bredouille, les autochtones les surnomment les losers (perdants en anglais).