L'inflation? Avec le même billet de 50 ?, quelques mois plus tard, vous ne pourrez plus acheter autant de marchandises au supermarché. Les économistes parlent "d'une perte de pouvoir d'achat de la monnaie". Elle se traduit par une "hausse généralisée et durable des prix", précise Bernard Keppenne, chef économiste de CBC. Et cette "maladie" monétaire affaiblit le portefeuille des consommateurs comme celui des épargnants.
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L'inflation? Avec le même billet de 50 ?, quelques mois plus tard, vous ne pourrez plus acheter autant de marchandises au supermarché. Les économistes parlent "d'une perte de pouvoir d'achat de la monnaie". Elle se traduit par une "hausse généralisée et durable des prix", précise Bernard Keppenne, chef économiste de CBC. Et cette "maladie" monétaire affaiblit le portefeuille des consommateurs comme celui des épargnants. "D'une part, ajoute Bernard Keppenne, cela se traduit par une augmentation du coût de la vie (nous le verrons plus loin) et, d'autre part, cela érode l'épargne si le rendement n'est pas équivalent au moins à l'inflation. C'est particulièrement le cas avec les comptes d'épargne qui sont rémunérés dans la majorité des cas à 0,11% alors que l'inflation en Belgique dépasse les 2%. Partant du constat que les encours des comptes d'épargne frôlent les 300 milliards d'euros en Belgique, il y a donc une double érosion du pouvoir d'achat des épargnants." Ces derniers vivent actuellement, sans trop s'en rendre compte, dans un véritable système d'appauvrissement collectif. Par exemple, si vous avez 10.000 ? sur votre livret d'épargne et si l'inflation est de 2%, vous pouvez acheter avec ce montant pour 200 ? de moins après une année et pour 1.000 ? de moins après seulement cinq ans. Et ce n'est évidemment pas le 0,11% du carnet de dépôt qui va compenser cette perte de pouvoir d'achat. Le 0,11% ne fait fructifier l'argent que de... 11 ? par an pour 10.000 ?. La solution ne serait-elle pas de faire le gros dos et d'attendre que votre compte d'épargne rapporte à nouveau davantage? C'est une illusion totale à court et même à moyen terme. Même si les taux d'intérêt augmentaient, il serait très peu probable que cette hausse puisse contrer l'inflation. Les taux resteront bas malgré une inflation plus élevée. "Dans la zone euro, où la BCE (la banque centrale des 19 pays de l'Union européenne utilisant l'euro) a lancé un exercice de révision de sa stratégie, aucune hausse des taux d'intérêt ne semble se profiler au moins jusqu'au second semestre de 2023", analyse Peter Vanden Houte, l'économiste en chef d'ING. C'est important cette histoire de taux. Car pour réguler l'inflation, pour empêcher que les prix ne flambent trop en somme, la BCE dispose d'un outil puissant: son taux directeur. Les banques vont utiliser ce taux directeur pour décider du taux des crédits accordés aux consommateurs. Et à l'heure où nous écrivons ces lignes, le principal taux d'intérêt de la BCE était maintenu à zéro. Si la BCE fait monter son taux directeur, cela signifie aussi que les banques pour les particuliers vont proposer des crédits à des taux plus élevés. Ainsi, les consommateurs seront plus réticents à emprunter, et donc à injecter de l'argent dans le circuit économique, évitant de la sorte l'inflation. Mais nous n'en sommes pas là. "Chaque épargnant doit réduire son encours en compte d'épargne à un montant qui permet de faire face aux imprévus pour procéder à une diversification de ses placements", détaille le Chief Economist de CBC, Bernard Keppenne. On dit souvent que pour faire face à des dépenses imprévues, il faut garder l'équivalent de six mois de salaire/revenu mensuel sur son compte d'épargne. C'est l'épargne de précaution. Le reste de l'argent ne devrait pas y dormir. Car comme l'avons expliqué plus haut, laisser ses économies sur un livret d'épargne, c'est pour le moment se déplumer petit à petit. Alors, quelle stratégie? Il n'y a pas de formule miracle, hélas. Avoir son capital garanti, disponible à tout moment et qui donne un rendement supérieur à l'inflation, le tout sans risque. Ça n'existe plus.! "Donc, ajoute, Bernard Keppenne, en fonction de son profil de risque, l'épargnant doit faire le point avec son conseiller financier pour construire un portefeuille qui lui permettra de se prémunir au maximum contre l'inflation. Ce portefeuille devra être suffisamment diversifié et doit être envisagé sur une longue période tout en sachant que, pour le moment, les obligations ne permettent pas de battre l'inflation vu le niveau des taux.Il faut donc privilégier les actions via des fonds qui permettent alors d'assurer une bonne diversification du portefeuille. Il n'y a pas un instrument unique pour contrer l'inflation, mais une combinaison de produits financiers à privilégier." Bien entendu, ces solutions comportent une prise de risque pour le capital. Sur le court terme, le cours des actions peut chuter rapidement. Il existe néanmoins des fonds mixtes (actions et obligations) pour éviter une exposition complète... Pour ceux qui désirent prendre le risque d'investir en Bourse, Steven Vandepitte stratégiste chez ING Belgique pointe quelques actions qui bénéficient ou qui protègent de l'inflation: "les matières premières (le pétrole plutôt que les métaux), l'immobilier, les actions de valeur (énergie & finance) et certains secteurs cycliques (comme l'industrie), les obligations d'entreprise et les obligations liées à l'inflation à courte maturité." Et l'assurance-épargne? Une police d'assurance de la branche 21 pourrait effectivement compenser l'inflation. Mais attention que les frais d'entrée, parfois élevés, ne grignotent pas les bénéfices. À vos calculettes donc!Investir dans l'immobilier locatif? Cela peut être un bon plan à condition de ne pas tout miser sur l'immobilier. On peut même imaginer de financer son achat en partie grâce à un emprunt, car les taux d'intérêt sont historiquement bas. Mais attention à la suite! Un rendement locatif est estimé entre 3 à 5%... quand il n'y a pas de vide locatif ou de mauvais payeurs. Enfin, toujours en matière de diversification, l'or est souvent vu comme une protection contre l'inflation. OK, mais le prix de l'or peut aussi fluctuer de manière importante. Avec modération et dans une politique de portefeuille diversifié.