J'ai reçu un capital-pension de 200.000 ? dans le cadre de mon assurance-groupe. Ma maison est payée. Mes enfants ont quitté le nid. Qu'est-ce que je vais faire de cet argent ? ", s'interroge Maria. Elle n'est pas la seule à chercher à investir de la manière la plus pertinente.
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J'ai reçu un capital-pension de 200.000 ? dans le cadre de mon assurance-groupe. Ma maison est payée. Mes enfants ont quitté le nid. Qu'est-ce que je vais faire de cet argent ? ", s'interroge Maria. Elle n'est pas la seule à chercher à investir de la manière la plus pertinente. " Un capital d'assurance groupe peut être converti en rente, précise Patrick Wangneur, expert en prévoyance chez CBC. En Belgique, nous sommes un des rares pays européens à proposer de soit toucher le capital, soit de le convertir en rente viagère. Une telle rente est comme un pari sur la vie : si on meurt à 100 ans, on est gagnant. Si on meurt à 67 ans, on est perdant. " Car en cas de décès, le conjoint survivant percevra 80% de cette rente. Mais elle s'arrêtera complètement à son décès.Par contre, une rente viagère peut être envisagée pour des gens qui sont isolés, qui n'ont pas d'héritiers ou qui ne désirent tout simplement pas laisser un patrimoine important. Mais en réalité, peu de Belges choisissent cette option. Ils préfèrent toucher leur capital et décider de la manière dont ils vont le gérer. " En matière de rente, des produits alternatifs se développent. Selon Charles de Peñaranda de Franchimont, expert au sein du Competence center de l'assureur vie NN, " investir à sa pension demande un exercice tout bête, celui de faire l'inventaire des revenus et des dépenses. Je reçois autant, je dépense autant, que me reste-t-il en fin de mois ? L'idée est de garder le même train de vie. La pension légale est trop faible pour continuer à vivre comme avant. Et lorsque nous menons des enquêtes sur les nouveaux pensionnés, il ressort qu'ils désirent de la continuité pour leurs finances. " Mais comme la pension légale est insuffisante, que faire ? " Déterminer combien il va manquer pour continuer à vivre comme je l'entends. Imaginons qu'il me manque 500 ? par mois, mais que je possède un capital d'environ 200.000 ?, combien de temps vais-je pouvoir tenir avec cet argent ? Tout en sachant qu'il y a une variable indéfinissable : combien d'années me reste-t-il à vivre ?Une des solutions, c'est de passer par un produit d'assurance. Au contraire d'investissements aux rendements aléatoires, il est possible de proposer une somme mensuelle garantie à vie. Il n'est techniquement plus question de rente viagère. Il ne faut pas abandonner son capital en cas de décès. Imaginez que vous décédiez deux ans après avoir souscrit une rente viagère, les 200.000 ? seraient perdus. C'est émotionnellement très compliqué.Il existe heureusement des produits hybrides rassurants. Il s'agit d'un mix entre une branche 23 (capital non garanti) et une rente viagère. Le client va investir dans un fonds d'investissement, mais il va recevoir en échange une rente à vie. Et peu importe si la situation économique se dégrade, il recevra toujours la même somme. Cela signifie que, même si les marchés finaniers se plantent, le souscripteur recevra toujours la somme due, même s'il vit jusqu'à 110 ans, même si sa réserve est arrivée à zéro.Pour ce faire, l'assureur qui vend des unités pour approvisionner les rentes mensuelles, s'est réassuré auprès d'une autre compagnie spécialisée pour financer ce risque. " Et au contraire des anciennes rentes viagères, en cas de décès, le reste de la valeur va aux bénéficiaires désignés par le client. L'argent qui reste n'est plus perdu pour la succession.Enfin, si le client a besoin d'une grosse somme, il pourra toujours racheter son contrat. " Bien entendu, personne ne conseille de mettre tout son argent dans un seul produit de ce type, modère l'expert. Mais c'est une option dans une optique d'investissements diversifiés. En parallèle, l'investisseur va préserver une partie de son capital dans d'autres produits financiers. "" Le fait de placer tout son capital dans un seul produit n'est effectivement pas une bonne idée, embraye Patrick Wangneur, expert CBC en prévoyance. Avant tout, il faut évaluer la perte de niveau de vie quand on prend sa pension en Belgique. En moyenne, c'est 50 % de perte de pouvoir d'achat. Alors, que faire avec mon capital pour qu'il génère de manière prudente suffisamment de revenus, en complément de la pension légale ? D'autant que se pose la question de l'espérance de vie évidemment.Quand nous analysons les résultats passés de notre Observatoire des pensions, nous constatons que le Belge a tendance à sous-estimer son espérance de vie. Les répondants estiment qu'une pension dure en moyenne une quinzaine d'années. Or, sa durée moyenne est plus proche des 20-25 ans. Il faudrait donc planifier sa pension jusqu'à 90-95 ans.Cet âge qui paraît élevé aux yeux de certains permet de tenir compte d'une marge de sécurité. Qui voudrait avoir complètement mangé son capital à 85 ans et vivre encore quelques années sans finances ? Nous utilisons donc des outils de planification financière qui permettent d'évaluer l'évolution du patrimoine de nos clients, en fonction de leurs revenus actuels et futurs, jusqu'à 95 ans. " Le défi est de combler le manque de revenu qui s'est créé entre la pension légale et le dernier salaire professionnel. Il ne faudrait pas que l'investisseur soit tenté de se tourner vers des produits de placement plus agressifs, au rendement potentiel à long terme plus élevé mais au risque également plus élevé, sans protection du capital. En cas de chute importante des marchés, ce serait son niveau de vie qui serait en jeu. Le défi dans ce contexte, c'est de trouver des produits sécurisés, qui donnent à la fois un rendement tout en préservant le capital." Il y a 20 ans, ceux qui touchaient leur assurance groupe avaient la possibilité d'investir dans des produits branche 21 avec des intérêts confortables et du capital garanti, ajoute Patrick Wangneur. Il y avait les comptes à termes avec distribution des intérêts. Ce type de produit est complètement inintéressant actuellement à cause de la faiblesse des taux. Pour certains, il faudrait donc prendre le risque de manger (partiellement) son capital pour générer le revenu complémentaire nécessaire et maintenir son train de vie. La situation est complexe. Il est impossible d'exclure le risque. " Faut-il dès lors consacrer tout son capital à l'achat d'un immeuble de rapport ? " Acheter un appartement pour générer des revenus locatifs, c'est aussi s'exposer à des risques (impayés, vide locatif) , tempère l'expert en prévoyance. Ce qui est intéressant, c'est de combiner des solutions mêlant l'immobilier.Imaginons : je touche un capital à mes 65 ans et je compte l'investir dans l'immobilier... Comme les taux hypothécaires sont actuellement bas, même à 65 ans, il pourrait être malin de faire un crédit sur 10 ans pour financer partiellement mon achat immobilier (sachant qu'un effort propre est généralement requis). Le capital de mon assurance groupe pourra servir de garantie. Je peux créer un effet de levier. Le crédit devrait me coûter peu cher grâce à la faiblesse des taux. Et je peux placer et gérer le capital de manière dynamique, à long terme, en respectant mon profil de risque. Cette solution permet de posséder un portefeuille sur le long terme avec un rendement théorique plus élevé que le coût d'un crédit. L'investisseur sera à la fois présent sur les marchés immobilier et financier. Ce qui permet une certaine diversification. " Tout le monde n'a pas envie d'investir dans l'immobilier. L'investisseur peut encore se tourner vers des produits plus " classiques " qui reposent sur un mix entre préservation du capital et prise de risque modérée. " Il faut connaître la tolérance au risque que le client est prêt à supporter. Idéalement, les retraités doivent composer leur portefeuille de façon à protéger au mieux les fonds dont ils auront besoin dans les cinq prochaines années, au cas où un ralentissement à court terme du marché des actions surviendrait, avance Valéry Halloy, porte-parole pour BNP Paribas Fortis.Dans le contexte actuel de taux très bas, les fonds stratégiques sont une solution pour une partie du patrimoine. L'objectif est de faire croître son capital, mais surtout de maintenir son pouvoir d'achat en visant un rendement qui dépasse l'inflation. Mais à l'âge de retraite, l'horizon de placement est devenu plus court, ce qui résultera souvent en un choix d'une solution défensive. "Concrètement, le banquier prône une sicav belge (global sustainable defensive). Ou une solution équivalente sous format d'un fonds d'assurance-vie branche 23, par exemple chez l'assureur AG. La solution Branche 23 a des atouts : bénéficiaire spécifique en cas de décès, exonération de précompte mobilier sur la plus-value, possibilité de limiter les pertes éventuelles. "Et pour la partie du capital que l'investisseur souhaiterait protéger ? Il existe des contrats d'assurance branche 21. Il n'y a pas nécessairement de garantie de rendement, mais le capital est protégé. L'important, on ne le répète jamais assez, c'est de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, de diversifier ses placements pour fragmenter les risques en cas de crise.Il n'est effectivement pas inutile de penser à optimiser la succession en diversifiant le patrimoine et en pensant aux placements proposant des avantages successoraux. Le client peut également se faire plaisir avec des placements atypiques comme l'art qui a aussi l'avantage de prendre la forme d'un patrimoine familial. "