Y aura-t-il vraiment un " après Covid-19 " durablement différent de l'avant ? Beaucoup l'affirment, mais la réponse ne sera pas claire avant l'automne, voire bien plus tard encore. Dans certains domaines, on peut le souhaiter. Que tout le monde comprenne, par exemple, que l'hygiène de base, c'est le lavage régulier des mains, ce que la douche-confort du matin ne saurait remplacer ! Que le télétravail se répande cette fois pour de bon, engendrant moins de trafic, d'embouteillages et de pollution. Va-t-on relocaliser certaines productions ? Ce serait bon pour l'emploi, mais causerai...

Y aura-t-il vraiment un " après Covid-19 " durablement différent de l'avant ? Beaucoup l'affirment, mais la réponse ne sera pas claire avant l'automne, voire bien plus tard encore. Dans certains domaines, on peut le souhaiter. Que tout le monde comprenne, par exemple, que l'hygiène de base, c'est le lavage régulier des mains, ce que la douche-confort du matin ne saurait remplacer ! Que le télétravail se répande cette fois pour de bon, engendrant moins de trafic, d'embouteillages et de pollution. Va-t-on relocaliser certaines productions ? Ce serait bon pour l'emploi, mais causerait un peu plus d'inflation. On peut aussi espérer que les gouvernements à venir porteront un regard éclairé sur la manière de contenir le coût des soins de santé. Un exemple. Rapporté à la proportion de seniors dans la population, le nombre de lits en soins intensifs est un peu moins élevé chez nous qu'en Allemagne, mais beaucoup plus élevé qu'en France, aux Pays-Bas, en Espagne et plus encore qu'en Italie et en Grande-Bretagne (plus du double ! ). La crise du coronavirus a permis de se faire une idée tristement concrète des besoins en la matière... Comme les autres pays, la Belgique a choisi le confinement pour limiter les dégâts. Pas tant le nombre de décès, ce qui serait un peu illusoire sur la durée, que l'engorgement des hôpitaux. Pour éviter à tout prix ces malades mourant par terre, dans les couloirs, comme révélé par de terrifiantes images prises dans un hôpital de Wuhan. A tout prix ? Ce n'est pas seulement une figure de style. La facture sera dramatique, comme tout le monde l'a bien compris. On a évoqué 60 milliards. Et l'Etat les a assez largement pris en charge, via le chômage temporaire, le droit passerelle et les diverses indemnités versées aux commerçants et indépendants privés de revenu. Le déficit budgétaire va donc exploser et la dette publique remonter en flèche. Qu'est-ce que cela signifie pour le citoyen ? Comment les Etats vont-ils compenser ? Une augmentation de la fiscalité serait malvenue, car elle abaisserait le pouvoir d'achat... et le moral de la population, alors qu'il faut booster la consommation pour relancer l'économie. Par contre, il ne faudra probablement pas attendre de sitôt des coups de pouce du genre revalorisation des pensions, par exemple. Une des conséquences les plus limpides de la crise se situe toutefois sur un autre plan. Pour que les Etats ne souffrent pas trop d'un endettement aggravé, il est indispensable que les taux d'intérêt restent au plancher. Et la Banque centrale européenne s'y emploiera ! C'est bien simple : à en juger par les contrats à terme négociés dans le monde financier, on n'attend pas de véritable hausse avant 2026 ! Le carnet de dépôt va donc continuer à jouer les mécènes au profit de l'Etat. Mais ce sera cette fois pour une bonne cause : la protection dont nous avons bénéficié...