Ceux qui s'étonnent de voir certains sexagénaires irradier de bonheur attachent trop d'importance à l'aspect physique ", explique l'auteur Manu Adriaens, qui a cartographié le phénomène de façon scientifique. C'est un fait, le corps commence à montrer quelques défaillances mais pas de quoi s'affoler. L'analyse du sentiment de bonheur ressenti au cours de l'existence fait apparaître une courbe en U.
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Ceux qui s'étonnent de voir certains sexagénaires irradier de bonheur attachent trop d'importance à l'aspect physique ", explique l'auteur Manu Adriaens, qui a cartographié le phénomène de façon scientifique. C'est un fait, le corps commence à montrer quelques défaillances mais pas de quoi s'affoler. L'analyse du sentiment de bonheur ressenti au cours de l'existence fait apparaître une courbe en U. " Jusqu'à 25 ans environ, on envisage l'avenir avec insouciance et optimisme. La courbe fléchit ensuite pour atteindre son seuil minimal vers 45 ans. " À cet âge, mener de front vie privée et vie professionnelle est plutôt éprouvant pour la plupart d'entre nous. De façon assez ironique, au moment où la plupart sont au summum de leur carrière, ils doivent en plus s'occuper des enfants qui grandissent et des parents qui nécessitent de plus en plus d'attention." La courbe du bonheur repart ensuite à la hausse, progressivement, pour atteindre un nouveau pic à l'âge de 65 ans. "" Si la vie est plus trépidante à 25 ans qu'à 65, les sexagénaires apprécient plus la vie, leurs connaissances, leurs possessions et leurs capacités ", explique le chercheur Bert Van Landeghem (University Sheffield). Les sexagénaires sont plus résilients et sont moins vite déstabilisés.Le sociologue néerlandais Ruut Veenhoven a constaté que passé 60 ans, les Européens retrouvent le même degré de plénitude qu'à 18 ans. " Outre la disparition de l'angoisse du temps qui passe, le réajustement des attentes et l'acceptation jouent également un rôle. En vieillissant, on se consacre davantage aux autres et c'est ce qui nous rend heureux ! ". L'auteur américain Jonathan Rauch observe même une recrudescence de la courbe de bonheur jusqu'à 80 ans. " Le plus surprenant, c'est que, comme le montre la courbe, l'impression de bonheur s'intensifie avec le temps, à condition bien sûr que rien ne vienne perturber le cours normal de la vie comme un divorce, une maladie grave ou d'autres problèmes ", commente Jonathan Rauch. " Tous les sexagénaires n'ont pas une vision plus exaltante de la vie, c'est certain, reconnaît Manu Adriaens. Je le sais par expérience. Une de mes amies qui connaît de gros problèmes de santé depuis la soixantaine vient de s'entendre dire qu'il était inutile de poursuivre le traitement... Cela peut paraître évident mais pour être heureux, il faut que les circonstances soient un minimum favorables.Le bonheur est une question de chance pour 50% environ. Les circonstances y sont pour 10%. Deux facteurs sur lesquels on n'a pour ainsi dire aucune prise mais les 40% restants dépendent de notre façon de voir les choses. Ce constat repose sur une étude américaine basée sur l'analyse du journal intime de dizaines de bonnes soeurs à leur entrée au couvent. Leurs écrits ont été analysés bien des années plus tard et la conclusion est sans appel : celles qui avaient adopté une vision optimiste dès le début ont vécu plus longtemps. Concentrez-vous sur les 40% et adoptez une attitude positive. " Plus on vieillit, plus on deviendrait grognon. Une idée reçue que réfute le professeur de neuropsychiatrie André Aleman, auteur du livre " Le Bel Âge du cerveau ". " Au contraire, en cas de coup dur, on est capable de relativiser et on prend plus le temps de réfléchir à une solution. "