Il n'existe pas de solution "universelle", mais plutôt un traitement sur mesure, qui permet de garder sous contrôle les signaux sonores indésirables. "Nous partons du vécu du patient, précise le Pr Vinck, audiologiste. Au cours d'un entretien approfondi, nous tentons d'identifier les déclencheurs et les causes des acouphènes. Nous collaborons avec le médecin généraliste et avec un ORL pour identifier l'ensemble des problèmes médicaux sous-jacents. S'il existe une pathologie de l'oreille moyenne ou une anomalie anatomique, par exemple, une intervention médicale peut être envisagée. Un audiologiste spécialisé mesurera l'intensité des acouphènes et l'hyperacousie. Sur la base de tout cela, on compose le parcours de soins le plus efficace."
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Il n'existe pas de solution "universelle", mais plutôt un traitement sur mesure, qui permet de garder sous contrôle les signaux sonores indésirables. "Nous partons du vécu du patient, précise le Pr Vinck, audiologiste. Au cours d'un entretien approfondi, nous tentons d'identifier les déclencheurs et les causes des acouphènes. Nous collaborons avec le médecin généraliste et avec un ORL pour identifier l'ensemble des problèmes médicaux sous-jacents. S'il existe une pathologie de l'oreille moyenne ou une anomalie anatomique, par exemple, une intervention médicale peut être envisagée. Un audiologiste spécialisé mesurera l'intensité des acouphènes et l'hyperacousie. Sur la base de tout cela, on compose le parcours de soins le plus efficace." Selon les besoins individuels, on peut envisager différentes options agissant sur le plan mental, émotionnel ou physique. Au centre d'expertise, le traitement est effectué par une équipe plurisciplinaire composée de médecins ORL, d'audiologistes, de thérapeutes spécialistes de la relaxation, de psychothérapeutes et de physiothérapeutes."Ce genre de traitement concentré, au cours duquel les patients se voient proposer tout un éventail de disciplines pendant cinq jours, fonctionne beaucoup mieux qu'une thérapie pensée sur le long terme. À la fin de ce traitement de cinq jours, les acouphènes ne sont plus un problème. Chez 42% des patients, ils ont même complètement disparu." La perte d'audition S'il s'agit d'une perte d'audition modérée à sévère, on tente d'y pallier. Dans de nombreux cas, les appareils auditifs offrent une bonne solution. Ils permettent à l'oreille de capter à nouveau plus de sons provenant de l'environnement et de les envoyer au cerveau. Cela aide à minimiser les acouphènes. En cas d'hyperacousie aussi, un appareil auditif bien réglé permet d'atténuer les bruits trop présents. Il permet, à terme, de réduire la sensibilité des nerfs messagers, de sorte qu'ils envoient moins d'influx sonores inutiles vers le cerveau." Les acouphènes peuvent perturber le sommeil d'une personne qui ne parvient alors plus qu'à dormir quelques heures par nuit et se réveille épuisée. "Dans ces cas-là, pour rétablir la qualité du sommeil, on peut prescrire temporairement des somnifères qui fonctionnent pour les acouphènes." La suite du traitement dépend du profil du patient. Comment son cerveau réagit-il à ce signal sonore incessant? "Imaginez que vous vous promenez en forêt et qu'il vous semble apercevoir un serpent plus loin sur le sentier... Dans le cerveau, le centre des émotions perçoit cette image et réagit par la peur et la fuite. Mais l'image est également envoyée au cortex frontal, la zone du cerveau où se construit la pensée rationnelle. Le cortex compare cette image à ce qu'il sait des serpents, à savoir qu'ils bougent. Comme la "chose" sur votre chemin ne bouge pas, votre cerveau comprend que ce n'est pas un serpent mais une branche inoffensive. Cette prise de conscience supprime la peur et change complètement la façon de penser du promeneur. C'est pareil en ce qui concerne les acouphènes. Certaines personnes qui en souffrant se mettent à y penser de manière obsessionnelle, 24 heures sur 24. Résultat, leur cerveau accentue le phénomène. Ceux dont le cerveau raisonne en se disant "ce n'est pas grave, ça va passer " désactivent l'anxiété et arrivent à oublier le symptôme." On peut changer sa façon de penser, par exemple grâce à une thérapie cognitivo-comportementale. Il s'agit d'identifier les pensées automatiques négatives telles que "ça va durer ad vitam aeternam" ou "ça ne cesse d'empirer". Ce sont ces pensées et non le signal sonore lui-même qui provoquent l'anxiété. En remplaçant ces pensées négatives par des pensées positives, on arrive à briser ce schéma. "Il faut prêter attention à nos peurs sous-jacentes, aux stress de la vie quotidienne (travail, relations...) qui, souvent, étaient là avant les acouphènes et qui les influencent. Les tensions et raideurs dans la région de la nuque et des épaules qui sont liées aux acouphènes doivent également être traitées par la physiothérapie, des séances de relaxation et des exercices de respiration. Car cela aussi a un impact sur l'apparition d'acouphènes."