Chaque jour, nous respirons plus de dix mètres cubes d'air ! Cet air pénètre directement dans nos poumons pour passer dans notre sang. S'il est pollué, il peut avoir un impact majeur sur notre santé. Ainsi, aujourd'hui, la pollution de l'air est considérée comme le premier facteur de risque environnemental de mort prématurée en Europe. Rien qu'en Belgique, celle-ci serait responsable de quelque 11.000 décès prématurés par an. On observe des effets sur la santé aussi bien suite à une exposition à court terme qu'à long terme. Exemple ? Les asthmatiques sont plus exposés aux crises d'asthme les jours où la concentration d'ozone au niveau du sol est plus élevée...
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Chaque jour, nous respirons plus de dix mètres cubes d'air ! Cet air pénètre directement dans nos poumons pour passer dans notre sang. S'il est pollué, il peut avoir un impact majeur sur notre santé. Ainsi, aujourd'hui, la pollution de l'air est considérée comme le premier facteur de risque environnemental de mort prématurée en Europe. Rien qu'en Belgique, celle-ci serait responsable de quelque 11.000 décès prématurés par an. On observe des effets sur la santé aussi bien suite à une exposition à court terme qu'à long terme. Exemple ? Les asthmatiques sont plus exposés aux crises d'asthme les jours où la concentration d'ozone au niveau du sol est plus élevée...Les personnes exposées pendant plusieurs années à des niveaux élevés de particules en suspension, ont, elles, un risque majoré de développer des maladies cardiovasculaires, des maladies respiratoires et des cancers... Si nous sommes tous concernés par ces risques, les malades chroniques, le enfants et les personnes âgées sont plus vulnérables. De même, de nombreuses études montrent que les ménages à faible revenu sont plus exposés aux conséquences de la pollution de l'air car ils habitent non seulement dans des zones plus polluées, mais ont aussi un moins bon accès aux soins de santé.La pollution de l'air ambiant consiste le plus souvent en un cocktailde polluants provenant d'origines variées (industries, circulation automobile, logements, agriculture...). On identifie cependant trois coupables principaux : les particules fines, le dioxyde d'azote et l'ozone. Les particules fines sont un mélange de particules (solides et liquides) en suspension dans l'air émises par le trafic routier. Celles-ci peuvent se déposer dans les alvéoles des poumons, provoquant ou aggravant certaines maladies cardiovasculaires et pulmonaires.Le dioxyde d'azote peut, lui, affecter le système respiratoire mais aussi le foie, la rate et le sang. Quant à l'ozone, lié au rayonnement solaire, il peut provoquer une diminution de la fonction pulmonaire. Il a également tendance à aggraver l'asthme. En Wallonie, la principale source d'émissions de particules fines est le chauffage des bâtiments, suivi par le transport routier et l'industrie. Pour le dioxyde d'azote, la principale source d'émission est le trafic routier. On estime que 87 à 93% de la population urbaine serait exposée à des valeurs supérieures aux niveaux de pollution définis par l'OMS.Alors, que faire pour limiter cette exposition en milieu urbain ? " Il faut essayer d'emprunter les axes où il y a le moins de trafic, mais aussi privilégier la mobilité de douce. On sait que les cyclistes, même en ville, sont moins exposés à la pollution qu'un automobiliste dans sa voiture pour qui le renouvellement de l'air se fait au niveau du véhicule précédent, avec par conséquent une pollution importante de l'habitacle ", précise Valérie Xhonneux de Inter-Environnement Wallonie (IEW).Que vous soyez cycliste, piéton ou automobiliste, mieux vaut prendre les chemins de traverse, à l'écart du trafic le plus dense. Par ailleurs, s'il est conseillé d'aérer sa maison deux fois par jour pendant dix minutes pour renouveler l'air, mieux vaut éviter de le faire aux heures de pointe... surtout si vous habitez à proximité d'une autoroute. " Concernant la pollution des maisons, il faut aussi être attentif au chauffage. Aujourd'hui, beaucoup de personnes installent des poêles à bois : pour éviter d'être exposé à trop de polluants, encore faut-il que le combustible soit de bonne qualité ! Il faut utiliser des bois bien secs et contrôlés comme les pellets ", souligne Valérie Xhonneux.Les pesticides, utilisés en agriculture ou au jardin pour éliminer les ravageurs de plante, constituent l'autre source de pollution majeure de l'air extérieur car ils contiennent de nombreuses substances susceptibles d'interférer avec notre système hormonal. " Le niveau d'évidence est moins grand pour les perturbateurs endocriniens que pour la pollution automobille mais il existe de fortes suspicions ", pointe Valérie Xhonneux. Ces perturbateurs endocriniens, présents dans les pesticides, sont soupçonnés de provoquer des maladies du système reproducteur (endométriose, infertilité, cancer des testicules, cancer du sein...), mais aussi de favoriser l'hyperactivité, le diabète ou encore l'obésité.En Wallonie, les pulvérisations sont interdites à moins de 50 m des publics vulnérables (écoles, crèches...). Les communes n'autorisent plus non plus les constructions dans les zones de prairies. Si elles limitent les risques, ces précautions ne suffisent cependant pas à nous protéger : le vent se charge en effet de transporter dans l'air ces multiples substances. " Si on a de bonnes relations avec les agriculteurs voisins, il est utile de leur demander à quel moment ils pulvérisent. On évitera ainsi de mettre sécher le linge dans le jardin à ce moment-là... ", conseille Valérie Xhonneux. Pour le reste, c'est au niveau collectif qu'il faudra agir. Car il reste bien difficile de contrôler individuellement l'air qu'on respire...Les normes de qualité de l'air de l'UE ont été fixées il y a près de vingt ans : bien moins strictes que les lignes directrices de l'OMS, elles sont considérées par de nombreux observateurs comme trop peu contraignantes. L'UE a aussi défini l'obligation pour chaque État membre d'effectuer des mesures de pollution dans des zones de contrôle. Si un État ne semble pas se conformer aux directives en la matière, la Commission peut en théorie engager des poursuites.En réalité, la grande majorité des États membres ne respecte pas les valeurs limites. En 2016, seules 6 sur 28 étaient en règle, tant pour les particules que pour le dioxyde d'azote et le dioxyde de soufre. La Belgique, elle, était en infraction sur le chapitre du dioxyde d'azote. Autre problème : la directive européenne ne donne pas d'instructions précises quant aux zones où doivent être réalisées ces mesures. Résultat : les concentrations en polluants à proximité des grands sites industriels ou des principales voies de circulation restent ignorées... alors qu'elles sont les pires.