Les économistes le répètent depuis des mois : le redressement du pays dépendra largement de la confiance des consommateurs, en Belgique comme ailleurs en Europe. Ce sont en effet leurs dépenses qui relanceront la machine après la syncope causée par le coronavirus, ou plus exactement par le confinement décidé pour l'enrayer. C'était plutôt bien (re)parti dès le mois de juin, mais la recrudescence des cas en août puis septembre a ensuite freiné l'élan consumériste en érodant la confiance des citoyens. On peut comprendre cette réaction, conviennent de nombreux commentateu...

Les économistes le répètent depuis des mois : le redressement du pays dépendra largement de la confiance des consommateurs, en Belgique comme ailleurs en Europe. Ce sont en effet leurs dépenses qui relanceront la machine après la syncope causée par le coronavirus, ou plus exactement par le confinement décidé pour l'enrayer. C'était plutôt bien (re)parti dès le mois de juin, mais la recrudescence des cas en août puis septembre a ensuite freiné l'élan consumériste en érodant la confiance des citoyens. On peut comprendre cette réaction, conviennent de nombreux commentateurs : si l'on devait vivre un nouveau confinement, ce serait dramatique... On peut comprendre oui, mais on peut aussi juger ce manque de confiance largement excessif, et ceci pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'un nouveau confinement a été tacitement ou même explicitement exclu par la plupart des dirigeants du monde, précisément parce que les conséquences en seraient cette fois, non pas dramatiques, mais apocalyptiques. En bref, aucun pays ne pourrait se le permettre. Sauf une éventuelle... apocalypse sanitaire, totalement hors de propos à l'heure d'écrire ces lignes. Ensuite, parce que si l'on attend dans les mois qui viennent de graves séquelles de la pandémie, en termes de faillites et de pertes d'emplois, cela restera sans commune mesure avec la catastrophe des années 30, par exemple. Le Bureau du Plan, qui étudie la situation du pays dans une optique prospective, évoque la perte de 82.000 emplois au total des années 2020 et 2021. C'est infiniment regrettable, mais il faut quand même rappeler qu'il y a près de 5 millions de personnes actives en Belgique. De toute façon, ces gens ne seront pas abandonnés à leur triste sort, mais soutenus par la collectivité. Et on aborde ici le plus important : aux revenus de remplacement déjà existants, le gouvernement a ajouté diverses mesures pour faire face à la pandémie et au confinement. Soyons clair : en Belgique comme ailleurs, c'est l'Etat qui a quasiment tout pris à sa charge. A preuve : le Bureau du Plan a calculé que le revenu disponible des particuliers n'avait fléchi que de 0,3%. Un recul insignifiant en regard d'un cataclysme économique sans précédent ! Il y aurait là de quoi être plutôt euphorique que craintif. Le chiffre pourrait s'alourdir d'ici la fin de l'année, c'est vrai, avec la fin de certains soutiens publics, mais on serait toujours loin de la fin du monde. Moi qui m'occupe professionnellement de placements depuis plus de quarante ans, j'ose l'écrire : à l'heure où l'épargne de sécurité appauvrit son détenteur à cause de l'inflation, même si elle est très faible, consommer, ce n'est pas seulement faire preuve de civisme économique en cette pénible année 2020 : c'est tout simplement une bonne idée ! On aurait tort de culpabiliser...