1. Les mystérieux fonts de Saint-Barthélémy (Liège)

En plein coeur de Liège, la jolie façade colorée de la collégiale Saint-Barthélémy n'est pas sans rappeler les églises allemandes... Mais ce qui s'y cache à l'intérieur est encore plus étonnant. Considérés comme l'une des sept merveilles de Belgique, les fonts baptismaux de Saint-Barthélémy constituent un chef-d'oeuvre d'art roman. A tel point qu'on s'est longtemps demandé comment cette énorme cuve de laiton finement ouvragée, pièce parfaite et unique en son genre, avait pu être réalisée dans nos régions au XIIe siècle, comme l'affirment les sources historiques.
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En plein coeur de Liège, la jolie façade colorée de la collégiale Saint-Barthélémy n'est pas sans rappeler les églises allemandes... Mais ce qui s'y cache à l'intérieur est encore plus étonnant. Considérés comme l'une des sept merveilles de Belgique, les fonts baptismaux de Saint-Barthélémy constituent un chef-d'oeuvre d'art roman. A tel point qu'on s'est longtemps demandé comment cette énorme cuve de laiton finement ouvragée, pièce parfaite et unique en son genre, avait pu être réalisée dans nos régions au XIIe siècle, comme l'affirment les sources historiques. Le mystère s'est épaissi quand les fonts ont été analysés grâce à des techniques scientifiques modernes : une partie du métal employé provient du bassin méditerranéen et les méthodes utilisées par les fondeurs semblent plus évoluées que celles qui prévalaient chez nous à l'époque. La controverse n'est pas éteinte chez les spécialistes mais il est possible que la cuve soit plus ancienne, en ce cas probablement d'origine romano-byzantine. Aurait-elle été ramenée à Liège suite à un pillage ? Possible. Certains suggèrent même qu'elle aurait été dérobée à la basilique romaine de Saint-Jean du Latran...Collégiale Saint-Barthélémy, Place Saint-Barthélemy, 4000 Liège. Infos : www.visitezliege.be ou 04 221 92 21 Gand, Bruges, Malines, Ypres... La plupart des grandes villes d'Histoire flamandes sont traversées de voies d'eau, ce qui rajoute encore à leurs charmes. Anvers est curieusement absente de cette liste : malgré la présence toute proche de l'Escaut et un passé portuaire, le centre historique semble aujourd'hui désespérément sec. Il suffit pourtant de contempler une carte ancienne pour constater qu'Anvers était autrefois, elle aussi, une ville d'eau, avec ses canaux, sa rivière, ses quais, son port intra-muros... Où a bien pu passer ce patrimoine aquatique ? Il a tout simplement été enfoui et voûté entre les XVIe et XIXe siècles, à une époque où le moindre ruisseau servait d'égout à ciel ouvert... Pour redécouvrir les voies d'eau du vieil Anvers, il faut désormais s'enfoncer dans les entrailles de la Terre. Les " Ruien ", comme on les appelle ici, quadrillent la vieille ville d'un réseau souterrain de huit kilomètres de rivière et de canaux, avec ses voûtes anciennes, ses ponts et ses écluses. Aujourd'hui assainis et mis en valeur, les Ruien sont en partie visitables. Ruishuis, Suikerrui 21, 2000 Anvers. Infos : www.deruien.be ou 03 344 07 55 Le château de Chimay a connu une histoire plus que mouvementée : depuis l'an mil, il a été assailli dix-huit fois et brûlé à sept reprises. Au XIXe siècle, Thérésa Tallien, récemment élevée au titre de princesse de Chimay par son mariage, investit les lieux. La " Merveilleuse " a connu une jeunesse épique (ardente révolutionnaire, condamnée à mort par Robespierre, elle rejettera les avances d'un jeune officier du nom de Bonaparte avant d'épouser un royaliste) et nourrit une passion pour les arts : elle fait construire, dans la cours du château, un théâtre circulaire. Ce premier théâtre est remplacé, en 1863, par un second, copie de celui de Fontainebleau et creusé dans la roche. Depuis lors, les princes et princesses de Chimay ont à coeur de promouvoir l'art musical, en invitant régulièrement des artistes du monde entier à se produire dans ce lieu intime d'à peine 200 places. En 1974, le pianiste russe Valéry Afanassiev profite d'une représentation pour faire faux bond à ses chaperons du KGB et passer à l'Ouest, en s'échappant par les coulisses et les souterrains du château. L'espace d'un instant, Chimay a donc connu un parfum de Guerre froide ! Château de Chimay, Rue du Château 14, 6460 Chimay. Infos : www.chateaudechimay.be 060 21 45 31 Sous l'Ancien Régime, Renaix abritait une véritable ville dans la ville. " De Vrijheid " était un domaine ecclésiastique enclavé au sein-même de la cité, délimité par des murs et des fossés, disposant de sa propre juridiction et d'un réel pouvoir administratif. Les chanoines y veillaient jalousement sur les reliques de Saint Hermès : celles-ci étaient réputées libérer les corps du démon. Des milliers de pèlerins accouraient donc chaque année, espérant guérir d'affections nerveuses ou mentales au contact de la dépouille sacrée. Un afflux qui justifia la création d'une crypte au XIe siècle, agrandie et transformée au fil des générations. Avec ses 32 colonnes, la crypte Saint-Hermès constitue aujourd'hui la plus grande crypte d'Europe occidentale. Mais au-delà de la construction majestueuse, certains aménagements d'époque font froid dans le dos : pour " guérir ", les malades étaient plongés dans des bains d'eau glacées avant d'être enchaînés à des crochets et laissés toute une nuit face au reliquaire du saint. Brrrr... Crypte Saint-Hermès, Sint-Hermesstraat (à côté de la baslique Saint-Hermès), Renaix 9600. Infos : www.ontdekronse.be ou 055 23 28 16 Si les Pays-Bas sont devenus une grande puissance aux XVIIe et XVIIIe siècles, c'est principalement dû à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, société privée de commerce drainant des quantités de richesses folles depuis l'Asie. Mais saviez-vous que les Pays-Bas méridionaux, qui correspondaient grosso modo à la Belgique actuelle, avaient aussi lancé une société concurrente ? La Compagnie générale, impériale et royale des Indes, plus connue sous le nom de " Compagnie d'Ostende ", fut créée dans la ville éponyme en 1722. Pourquoi Ostende ? Tout simplement parce qu'à l'époque, les Pays-Bas empêchaient tout bateau de rejoindre Anvers via l'estuaire de l'Escaut. Il fallait donc un port donnant directement sur la mer. La Compagnie d'Ostende a très rapidement engrangé de plantureux bénéfices, allant jusqu'à fonder des comptoirs fortifiés sur les rives de l'Inde et du Bengladesh. Un succès qui sera vu d'un très mauvais oeil par les concurrents anglais et néerlandais, puisque l'arrivée de ce nouvel acteur entraînera une solide baisse des prix sur les marchés européens. Mis sous pression par les autres pays, l'empereur d'Autriche, qui régnait alors sur nos régions, finira par ordonner la dissolution de la Compagnie dès 1731. Il y a fort à parier que son maintien aurait considérablement changé le destin et le visage d'Ostende ! Mais il ne reste que très peu de traces de la compagnie sur le littoral ostendais : à peine quelques mentions dans le musée de la ville... Oostends stadsmuseum, Langestraat 69, 8400 Ostende. Infos : www.oostende.be ou 059 51 67 21