Cela fait des siècles que les colonnes de marbre ne supportent plus aucune voûte. Écrasés de soleil, caressés par la brise marine, ces ultimes témoignages d'une basilique paléochrétienne continuent pourtant à s'élever vers le ciel, vaille que vaille, vigiles d'un monde depuis longtemps disparu. Autour de nous, aucun bruit, si ce n'est le clapotis des vagues et le tintement aigrelet d'une cloche, pathétique appel d'un oratoire perdu sur un îlot voisin. L'espace d'un moment, près de ces vestiges de l'église Saint-Etienne de Kefalos (IVe s.), tout semble s'arrêter. Instant magique. On dira ce qu'on voudra des Grecs anciens, on peut difficilement nier qu'ils avaient le chic pour inscrire leurs bâtiments dans des paysages à couper le souffle.
...