Byzance,Constantinople,Istanbul : trois noms pour une ville mythique,et que de références historiques ! Il suffit,pour s'en convaincre,de parcourir le trajet entre l'aéroport et le centreville, le long des anciennes murailles byzantines.Aujourd'hui, Istanbul est une gigantesque ruche, dont personne ne connaît exactement le nombre d'habitants. Certains parlent de 12 millions,d'autres de 15 millions. Mais pour ceux qu'intéresse avant tout la partie historique de la ville, ces chiffres n'ont pas vraiment beaucoup d'importance. D'autant que les principaux monuments et attractions touristiques se situent dans un périmètre limité.

La mosquée la plus célèbre au monde date du XVIIe siècle et doit son nom, Sultanahmet (mosquée bleue), à la couleur qui domine à l'intérieur. Les Ottomans prêtaient au bleu la capacité de chasser les pensées diaboliques. C'est pourquoi ils ont réalisé d'innombrables motifs en mosaïque iznik, car, à l'époque, l'Islam ne tolérait en aucun cas les représentations humaines. L'immense sol carrelé de la mosquée est entièrement recouvert de tapis.Avec un peu de chance, vous entendrez le chant du muezzin, amplifié par des haut-parleurs, qui appelle les fidèles à la prière. Le service religieux est alors imminent. "Les mosquées sont rarement bondées précise notre guide. Seul un cinquième des Turcs sont pratiquants. "

Indestructible Aya Sofia

La place sur laquelle s'élève la mosquée de Sultanahmet accueillait autrefois le vaste palais des empereurs byzantins, entouré d'un impressionnant complexe de bâtiments. L'esplanade allongée s'étirant face à la mosquée était l'hippodrome de l'empereur Constantin. Le colosse de l'obélisque égyptien en est le dernier vestige, rapporté d'Egypte par l'Empereur Théodose. A l'autre bout de l'esplanade s'élève l'inoxydable Aya Sofia, qui toise fièrement le monde depuis plus de 1.500 ans... et trois séismes ! Certes, elle a perdu de sa superbe depuis l'époque de l'empereur Justinien. L'ancienne église a été transformée en mosquée par les sultans ottomans.Mais ils n'y ont apporté que peu de modifications : des minarets se sont élevés tout autour de l'édifice alors que les mosaïques des coupoles dorées à l'or fin ont été recouvertes de plâtre. Heureusement, cette couche de plâtre a pu être ôtée et les mosaïques sont à nouveau visibles dans toute leur splendeur.

Une ville qui ne dort jamais

Les amateurs de dépaysement total se doivent de visiter le fameux Grand Bazar, qui a été érigé par le premier sultan, au lendemain de la chute de Constantinople. Cet incroyable labyrinthe d'étals se distingue des souks marocains par sa netteté et son agencement beaucoup plus régulier. Lorsqu'on s'y enfonce, on risque de se perdre mais certainement pas de s'y ennuyer. On y trouve absolument tout : des articles de maroquinerie, des chaussures, des tissus, des vêtements, des céramiques, des lustres... Il ne faut pas se priver du plaisir de faire une petite halte pour déguster un café turc à l'un des nombreux comptoirs décorés d'une affiche d'Ataturk, l'homme par qui le changement est arrivé. C'est lui, en effet, qui a repris des territoires appartenant à la Grèce, aboli le sultanat et instauré la séparation entre l'Eglise et l'Etat, et a remplacé l'alphabet arabe par le latin. " Pour les Turcs, l'arabe est comparable à ce qu'était le latin pour vous, précise notre guide. On l'utilise dans les services islamiques mais nous n'y comprenons rien."

Plus petit, le bazar égyptien est un marché aux épices couvert, haut en couleurs, un véritable régal pour les sens ! Les marchands font de leur mieux pour disposer épices et mets fins de la plus jolie façon. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont le commerce dans le sang ! La ville s'étend sur l'ancienne route de la soie où les marchands orientaux venaient vendre leurs produits, avant que d'autres commerçants convoient ces mêmes biens jusqu'en Europe occidentale.

Agatha Christie & co

Plus près de la Corne d'Or, à l'embouchure du fleuve qui se jette dans le Bosphore, le quartier de Turecki regorge de magasins de gadgets électroniques et de snacks.Mais on y découvre aussi la très belle gare de Sirkeci, le terminus du légendaire Orient-Express, qui date de 1890. De là, le train montait sur un navire et traversait le Bosphore vers la partie asiatique d'Istanbul, avant de poursuivre sa route. A deux pas de la gare, l'hôtel Pera Palace a accueilli de nombreuses célébrités parmi lesquelles on compte Mata Hari, Greta Garbo, Sarah Bernhardt et Joséphine Baker. Sans oublier Agatha Christie, qui y a trouvé l'inspiration pour l'un de ses plus fameux romans, Le Crime de l'Orient-Express.

Face à la Corne d'Or, toujours du côté européen, le quartier de Beyoglu est le coeur battant de la cité moderne. Les bouchons de la place Taksim sont célèbres mais l'artère commerçante d'Istiklal Caddesi, pourtant interdite aux voitures, n'est pas plus calme ! Il faut y jouer des coudes pour avancer et mieux vaut aussi y ouvrir l'oeil pour éviter de se faire renverser par le vieux tramway qui se fraie un passage au milieu de la foule. Les ruelles voisines sont le repère des cafés et des restaurants.

Nevizade ressemble fort à la petite rue des Bouchers à Bruxelles, tandis que Ciçek Pasaiji, une ruelle couverte, séduit par ses éléments art-nouveau et ses meyhanes, des tavernes turques où l'on peut déguster du raki.

Toutes les cuisines du monde

Si le sultanat n'existe plus, les palais des sultans constituent toujours une attraction touristique majeure. Le palais de Topkapi est le plus célèbre d'entre eux. Il est sorti de terre en 1453 et n'a jamais cessé d'être agrandi et embelli.A son apogée, pas moins de 6.000 personnes travaillaient dans ses murs. Si vous faites un tour en bateau sur le Bosphore, vous pourrez admirer d'autres palais, tels le Dolmabahçe, abritant momentanément un hôtel de la chaîne Four-Seasons et le palais baroque de Beylerbeli, où l'on accueillait les nobles étrangers.

La ville se déploie dans toute sa splendeur depuis les eaux du Bosphore. Les quartiers de Besiktas, Ortaköy et Üsküdar sont de véritables villes dans la ville. Le week-end, les Stambouliotes, eux, aiment flâner et aller au restaurant à Bebek. La gastronomie turque est aussi exquise que variée et il est difficile de résister aux mezze et aux baklavas, des plats originaires de Syrie dont les Turcs et les Grecs se disputent la paternité de la meilleure recette. C'est ici que le fameux pont suspendu tire un trait d'union avec la partie asiatique de la ville, qui s'étend plus vite encore que son homologue européenne. Il faut rouler au moins une heure vers l'est avant de quitter les limites de cette ville unique et tentaculaire!

Office du tourisme turc, rue Montoyer 4, 1040 Bruxelles, 02 513 82 30.

Byzance,Constantinople,Istanbul : trois noms pour une ville mythique,et que de références historiques ! Il suffit,pour s'en convaincre,de parcourir le trajet entre l'aéroport et le centreville, le long des anciennes murailles byzantines.Aujourd'hui, Istanbul est une gigantesque ruche, dont personne ne connaît exactement le nombre d'habitants. Certains parlent de 12 millions,d'autres de 15 millions. Mais pour ceux qu'intéresse avant tout la partie historique de la ville, ces chiffres n'ont pas vraiment beaucoup d'importance. D'autant que les principaux monuments et attractions touristiques se situent dans un périmètre limité.La mosquée la plus célèbre au monde date du XVIIe siècle et doit son nom, Sultanahmet (mosquée bleue), à la couleur qui domine à l'intérieur. Les Ottomans prêtaient au bleu la capacité de chasser les pensées diaboliques. C'est pourquoi ils ont réalisé d'innombrables motifs en mosaïque iznik, car, à l'époque, l'Islam ne tolérait en aucun cas les représentations humaines. L'immense sol carrelé de la mosquée est entièrement recouvert de tapis.Avec un peu de chance, vous entendrez le chant du muezzin, amplifié par des haut-parleurs, qui appelle les fidèles à la prière. Le service religieux est alors imminent. "Les mosquées sont rarement bondées précise notre guide. Seul un cinquième des Turcs sont pratiquants. "La place sur laquelle s'élève la mosquée de Sultanahmet accueillait autrefois le vaste palais des empereurs byzantins, entouré d'un impressionnant complexe de bâtiments. L'esplanade allongée s'étirant face à la mosquée était l'hippodrome de l'empereur Constantin. Le colosse de l'obélisque égyptien en est le dernier vestige, rapporté d'Egypte par l'Empereur Théodose. A l'autre bout de l'esplanade s'élève l'inoxydable Aya Sofia, qui toise fièrement le monde depuis plus de 1.500 ans... et trois séismes ! Certes, elle a perdu de sa superbe depuis l'époque de l'empereur Justinien. L'ancienne église a été transformée en mosquée par les sultans ottomans.Mais ils n'y ont apporté que peu de modifications : des minarets se sont élevés tout autour de l'édifice alors que les mosaïques des coupoles dorées à l'or fin ont été recouvertes de plâtre. Heureusement, cette couche de plâtre a pu être ôtée et les mosaïques sont à nouveau visibles dans toute leur splendeur. Les amateurs de dépaysement total se doivent de visiter le fameux Grand Bazar, qui a été érigé par le premier sultan, au lendemain de la chute de Constantinople. Cet incroyable labyrinthe d'étals se distingue des souks marocains par sa netteté et son agencement beaucoup plus régulier. Lorsqu'on s'y enfonce, on risque de se perdre mais certainement pas de s'y ennuyer. On y trouve absolument tout : des articles de maroquinerie, des chaussures, des tissus, des vêtements, des céramiques, des lustres... Il ne faut pas se priver du plaisir de faire une petite halte pour déguster un café turc à l'un des nombreux comptoirs décorés d'une affiche d'Ataturk, l'homme par qui le changement est arrivé. C'est lui, en effet, qui a repris des territoires appartenant à la Grèce, aboli le sultanat et instauré la séparation entre l'Eglise et l'Etat, et a remplacé l'alphabet arabe par le latin. " Pour les Turcs, l'arabe est comparable à ce qu'était le latin pour vous, précise notre guide. On l'utilise dans les services islamiques mais nous n'y comprenons rien." Plus petit, le bazar égyptien est un marché aux épices couvert, haut en couleurs, un véritable régal pour les sens ! Les marchands font de leur mieux pour disposer épices et mets fins de la plus jolie façon. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont le commerce dans le sang ! La ville s'étend sur l'ancienne route de la soie où les marchands orientaux venaient vendre leurs produits, avant que d'autres commerçants convoient ces mêmes biens jusqu'en Europe occidentale. Plus près de la Corne d'Or, à l'embouchure du fleuve qui se jette dans le Bosphore, le quartier de Turecki regorge de magasins de gadgets électroniques et de snacks.Mais on y découvre aussi la très belle gare de Sirkeci, le terminus du légendaire Orient-Express, qui date de 1890. De là, le train montait sur un navire et traversait le Bosphore vers la partie asiatique d'Istanbul, avant de poursuivre sa route. A deux pas de la gare, l'hôtel Pera Palace a accueilli de nombreuses célébrités parmi lesquelles on compte Mata Hari, Greta Garbo, Sarah Bernhardt et Joséphine Baker. Sans oublier Agatha Christie, qui y a trouvé l'inspiration pour l'un de ses plus fameux romans, Le Crime de l'Orient-Express. Face à la Corne d'Or, toujours du côté européen, le quartier de Beyoglu est le coeur battant de la cité moderne. Les bouchons de la place Taksim sont célèbres mais l'artère commerçante d'Istiklal Caddesi, pourtant interdite aux voitures, n'est pas plus calme ! Il faut y jouer des coudes pour avancer et mieux vaut aussi y ouvrir l'oeil pour éviter de se faire renverser par le vieux tramway qui se fraie un passage au milieu de la foule. Les ruelles voisines sont le repère des cafés et des restaurants.Nevizade ressemble fort à la petite rue des Bouchers à Bruxelles, tandis que Ciçek Pasaiji, une ruelle couverte, séduit par ses éléments art-nouveau et ses meyhanes, des tavernes turques où l'on peut déguster du raki. Si le sultanat n'existe plus, les palais des sultans constituent toujours une attraction touristique majeure. Le palais de Topkapi est le plus célèbre d'entre eux. Il est sorti de terre en 1453 et n'a jamais cessé d'être agrandi et embelli.A son apogée, pas moins de 6.000 personnes travaillaient dans ses murs. Si vous faites un tour en bateau sur le Bosphore, vous pourrez admirer d'autres palais, tels le Dolmabahçe, abritant momentanément un hôtel de la chaîne Four-Seasons et le palais baroque de Beylerbeli, où l'on accueillait les nobles étrangers.La ville se déploie dans toute sa splendeur depuis les eaux du Bosphore. Les quartiers de Besiktas, Ortaköy et Üsküdar sont de véritables villes dans la ville. Le week-end, les Stambouliotes, eux, aiment flâner et aller au restaurant à Bebek. La gastronomie turque est aussi exquise que variée et il est difficile de résister aux mezze et aux baklavas, des plats originaires de Syrie dont les Turcs et les Grecs se disputent la paternité de la meilleure recette. C'est ici que le fameux pont suspendu tire un trait d'union avec la partie asiatique de la ville, qui s'étend plus vite encore que son homologue européenne. Il faut rouler au moins une heure vers l'est avant de quitter les limites de cette ville unique et tentaculaire! Office du tourisme turc, rue Montoyer 4, 1040 Bruxelles, 02 513 82 30.