Au XIXe siècle, les légendaires clippers, immenses voiliers de course, sillonnaient en nombre les mers du globe, chargés de cargaisons d'épices, de thé, de porcelaines de Chine... Aujourd'hui, on peut revivre cette épopée, confort contemporain en prime, en embarquant sur le Star Clipper, splendide quatre mâts de croisière de 115 mètres, pour une odyssée au fil des îles de la Sonde. Voici 4 de ses plus belles escales.
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Au XIXe siècle, les légendaires clippers, immenses voiliers de course, sillonnaient en nombre les mers du globe, chargés de cargaisons d'épices, de thé, de porcelaines de Chine... Aujourd'hui, on peut revivre cette épopée, confort contemporain en prime, en embarquant sur le Star Clipper, splendide quatre mâts de croisière de 115 mètres, pour une odyssée au fil des îles de la Sonde. Voici 4 de ses plus belles escales.Le Star Clipper fait plusieurs fois escale sur celle qu'on surnomme l'île des dieux. Une dénomination pas du tout usurpée : partout, des offrandes tapissent les sols des entrées, celles des hôtels, des restaurants et des magasins. Des statues par centaines peuplent les jardins et les processions se comptent chaque jour par dizaines. Et puis il y a les temples en pierre de lave, plus de 11.000 sur l'île ! Les Balinais dépensent un tiers de leurs revenus en offrandes et frais de cérémonies. Bali vénère ses dieux mais en retour, Bali est bénie des dieux. Son climat est chaud et humide et ses lacs d'altitude irriguent généreusement les rizières qui grimpent en terrasses colorées à l'assaut des contreforts des volcans.A Ubud, artisans de renom, écoles de yoga, centres de massages, spectacles de danse, ateliers d'artistes, cours de cuisine... font de la petite ville l'une des meilleures destinations bien-être de la planète ! Plus loin, tout le centre de Bali est coiffé de gigantesques massifs volcaniques culminant à 3.140 mètres d'altitude au Mont Agung. Ce qui donne une dimension supplémentaire à cette île à peine plus vaste que la province du Luxembourg. S'y élèvent d'autres sanctuaires qui ajoutent à la beauté des paysages, tels que le célèbre Pura Ulan Danu Bratan, posé sur un lac de montagne. A l'horizon, on distingue déjà la côte orientale de l'île. Souvent oubliée des voyageurs, cette région est pourtant plus sèche et son littoral s'égrène en plages tranquilles, en total contraste avec les endroits très courus et animés que sont Kuta ou Seminyak au sud.Avec ses collines pelées piquetées de quelques arbres, Komodo évoque depuis l'océan le dos d'un dragon. A terre, l'île au climat sec offre des paysages désolés, comme si même la végétation en était restée au stade primitif. Le plus grand lézard de la planète, découvert sur le tard, ajoute un degré d'étrangeté supplémentaire à Komodo. En 1926, un explorateur américain ramenait pour la première fois quelques spécimens vivants, une expédition qui inspira la réalisation du premier " King Kong ". Avec ses plus de trois mètres de long pour une centaine de kilos, le dragon de Komodo en impose. Son arme : la salive. Lorsqu'il mord, il libère venin et bactéries qui vont rapidement infecter la plaie. Un animal dangereux et sournois dont l'observation doit se faire en compagnie d'un ranger du parc. Opportuniste, le dragon est aussi cannibale : jusqu'à l'âge de 5 ans, les jeunes doivent se cacher dans les troncs d'arbres creux pour échapper à l'appétit des adultes !On peut l'observer également sur d'autres îles proches comme Florès, Rinca ou Gili Motang. Pour changer d'ambiance, le voilier jette l'après-midi l'ancre de l'autre côté de l'île, au large de Pantai Merah, l'une des 7 plages roses de la planète. Une teinte qu'elle doit aux poussières de corail rouge qui se mélangent au sable blanc.Sumba, c'est l'île du santal, une terre à l'écart du temps, isolée au sud de l'archipel des îles de la Sonde. Deux fois plus grande que Bali, elle est sept fois moins peuplée. Bien que christianisés, les insulaires continuent de pratiquer le " marapu ", un ensemble de pratiques animistes liées au culte des ancêtres. Il n'y a pas de cimetière à Sumba mais chaque jardin contient un imposant tombeau de pierre où sont déposés les corps, afin de rester proches des vivants et d'y déposer des offrandes.La région de Loli recèle encore des villages très traditionnels, comme Prai Ijing, dont les toits de chaume des maisons s'élèvent en forme de chapeaux pointus. En déambulant dans les ruelles en terre, on découvre d'imposants mégalithes. Des jeunes font galoper des chevaux très fougueux -une autre spécialité de l'île- tandis que des femmes tissent des " ikat " aux couleurs chatoyantes. Les plus âgées découvrent un sourire rouge et des bouches rongées par les chiques de bétel. La polygamie est une autre pratique toujours très vivante dans l'île, explique une jeune femme. Une chose est sûre : Sumba ne laisse pas indifférent. Sa nature vierge et paisible attire même les célébrités : Bill Gates et son épouse Melinda mais aussi Richard Branson ou Albert de Monaco y ont séjourné à plusieurs reprises.Les habitants de Sumbawa n'ont pas l'habitude de voir débarquer des étrangers, a fortiori des Européens. En posant le pied sur le sable de la plage de Wera, à l'est de l'île, les villageois s'attroupent avec curiosité et amusement. Rapidement, ils demandent à faire des selfies et s'enquièrent de notre provenance. Quelques minutes plus tard, des voiliers traditionnels franchissent la ligne d'arrivée d'une régate locale. Sur le ponton, la foule est enthousiaste. Tout le village s'est à présent massé le long de la plage de sable noir. Ces bateaux à balancier et à voile triangulaire (" pinisis ") sont la spécialité de Wera et rappellent les " va'a " des Polynésiens.Au loin, le volcan Sangeang crachote et draine une longue écharpe de fumée grise et blanche. Il rappelle la précarité dans laquelle vivent les habitants de Sumbawa, décimés en 1815 par l'éruption d'un autre monstre, le Tambora. Enregistrée comme la plus violente de tous les temps, elle avait provoqué des chutes de neige en plein été sur l'Europe ! A Sumbawa, il fallut attendre plusieurs décades avant que des immigrants viennent la repeupler. Dans le village, la vie coule paisiblement : quelques jeunes mères, le dernier-né sur les bras, tissent des sarongs et des écharpes sur d'antiques métiers.