Lors de la législature précédente, cette problématique avait déjà été abordée et avait conduit, en mai dernier, à un arrêté du gouvernement régional qui vient d'être publié au Moniteur belge. Ce texte prévoit notamment qu'un premier prix d'hébergement comprenant le prix à charge du résident soit fixé librement par le gestionnaire et que les suppléments soient limités à 20% du prix de base, a rappelé la ministre ce mardi.

"Dans le cadre de ce nouveau dispositif, il convient de disposer d'une information permanente et d'un tableau de bord de l'évolution des prix. Un cadastre des prix va donc être réalisé par l'AViQ afin d'établir un contrôle permanent de l'évolution des prix dans les établissements d'accueil et d'hébergement pour aînés", a-t-elle précisé.

"Il n'est pas question que les maisons de repos deviennent un produit de luxe pour les personnes les plus précaires", a encore affirmé Christie Morreale en soulignant qu'en matière de politique des prix, "la Wallonie est la seule entité fédérée à disposer d'un levier" puisqu'elle a instauré, dès les années 90, une limitation des augmentations autorisées. Celles-ci ne peuvent pas, sur une année civile, dépasser de plus de 5% l'indexation des prix à la consommation depuis la dernière hausse enregistrée. Chaque augmentation doit par ailleurs faire l'objet d'une justification.

Malgré ce dispositif, les prix ont augmenté de manière importante en Wallonie, a toutefois admis la ministre. Selon une étude de la Fédération des CPAS wallons publiée fin octobre, la hausse nominale des prix en maison de repos y a en effet atteint, sur les 5 dernières années, 26,4% en moyenne et même 32,1% dans le secteur privé, soit nettement plus que l'inflation (8%) pour la même période.

Selon la ministre, l'Aviq a reçu 110 dossiers de demandes de hausse globale de maximum5% en 2015, 60 dossiers en 2016, 70 dossiers en 2017 et 64 dossiers en 2018. "Il semble que la disparition, durant la période de 2015 à 2017, de bon nombre de 'petites maisons' qui pratiquaient généralement des prix relativement bas, a gonflé la moyenne des prix, les places de ces établissements étant rachetées par des gestionnaires qui construisent des infrastructures nouvelles, avec à la fois des chambres individuelles plus nombreuses et mieux équipées", a-t-elle notamment expliqué.

Mais quelles que soient les raisons de ces augmentations, l'étude de la fédération des CPAS fera l'objet d'une analyse de la part de l'AViQ et un groupe de travail sera constitué pour formuler des propositions sur cette thématique. Des mesures correctrices pourront ensuite être envisagées, en parallèle à l'évaluation de l'allocation allouée aux personnes âgées (APA), a assuré Christie Morreale qui souhaite par ailleurs travailler au développement d'offres d'accueil et d'hébergement alternatives entre le domicile et la maison de repos classique, tels que des centres de soins de jours, des places en court séjour ou encore des quartiers intergénérationnels.

"Il restera néanmoins un besoin de structures d'accueil et de soins" et dans ce cadre, "le secteur public des maisons de repos reste le moins onéreux", a conclu la ministre.