Interrogez plusieurs agents immobiliers et demandez-leur quel est le meilleur moment pour vendre une habitation. Invariablement ou presque, ils répondront que la période la plus propice reste le printemps. L'idée est bien entendu de présenter son bien sous une belle lumière, loin de la grisaille de l'hiver, avant les vacances, avant la rentrée scolaire, etc. Bref, en même temps que tout le monde. Mais une poignée d'iconoclastes pense que les vendeurs pourraient encore " mieux " vendre leur bien à une autre période de l'année.
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Interrogez plusieurs agents immobiliers et demandez-leur quel est le meilleur moment pour vendre une habitation. Invariablement ou presque, ils répondront que la période la plus propice reste le printemps. L'idée est bien entendu de présenter son bien sous une belle lumière, loin de la grisaille de l'hiver, avant les vacances, avant la rentrée scolaire, etc. Bref, en même temps que tout le monde. Mais une poignée d'iconoclastes pense que les vendeurs pourraient encore " mieux " vendre leur bien à une autre période de l'année.C'est le cas Gaston Baoo. Cet ancien agent immobilier à la longue expérience est devenu coach immobilier, spécialiste dans les questions de stratégie et de négociation immobilière. Et pour lui, le meilleur mois pour présenter un bien à la vente c'est... janvier ! " Il faut bien entendu présenter son appartement ou sa maison à la vente quand il y a le plus de demandes et le moins de biens, précise-t-il. Et c'est donc au mois de janvier et non au printemps que cela arrive, contrairement à ce que la plupart pensent. Tout le monde est étonné par cette affirmation. Et pourtant, ce n'est que du bon sens. Car quand les gens commencent à cher-cher un bien immobilier, leur idée est de rentrer dans leur nouvelle habitation au printemps, éventuellement au début de l'été. D'abord il y a les recherches, ensuite la prise de décision et on passe seulement les actes après. Il se passe facilement six mois entre ces étapes. " Le vendeur risque donc de réaliser les meilleures affaires au début de l'année. Il y a moins de concurrence, les autres sont encore engourdis par le froid hivernal et l'après-fête. Les acquéreurs potentiels sont par contre déjà aux aguets.Mais en vendant en janvier, ne faut-il pas craindre la moins-value ? Les temps sont gris et une star se présente toujours sous les projecteurs. Le bien sera moins mis en valeur en hiver, non ? " Vous avez besoin de lumière, pas de la chaleur, assure Gaston Baoo. L'astuce : on demandera simplement aux acquéreurs potentiels de venir visiter le bien vers midi, quand la lumière est la plus belle et non à 5 heures du soir. " Les photos mises sur internet auront par contre été prises au printemps ou en été, quand la végétation est à son apogée et que la lumière est la plus belle." Les photos, c'est pour la première approche, pour mettre l'eau à la bouche. Les visiteurs doivent se dire : ça c'est une bonne affaire et je ne veux pas la louper. Il faut mettre des photos, mais pas trop, certainement pas une soixantaine. Une quinzaine de photos, c'est l'idéal pour susciter l'intérêt sans lasser. "Dans le film " Nous irons tous au paradis", un agent immobilier vend une maison en bout de piste d'un grand aéroport. Il profite d'une grève des pilotes pour tromper les acheteurs. La réalité n'est pas toujours très éloignée de la fiction. Un témoin raconte qu'il ne faisait visiter son bien que les jours sans école. La cour de l'école primaire d'à côté était une grande source de bruit. D'autant que les enfants n'avaient pas tous leur récréation en même temps. Bien entendu, il n'en touchait mot lors des visites. Un procédé limite.Un vendeur a l'obligation légale de dire tout ce qu'il sait du bien. Reste le mensonge par omission. Certes, mais il peut coûter cher et mener à devoir payer des indemnités de "vice caché" quand une information a délibérément été dissimulée au candidat acquéreur. La vente peut même être annulée. C'est le cas d'un appartement dont le monte-charge de l'immeuble voisin représentait une nuisance. Le vendeur ne pouvait l'ignorer vu que cette nuisance était même reprise dans le procès-verbal de l'assemblée des propriétaires. Il nous revient aussi cette histoire de couple qui a demandé à ses voisins de couper leur pompe de piscine bruyante durant des visites.Alors, que faire ? " Mais jouer la carte de la transparence, pardi ! Les bonnes affaires immobilières se font à deux, note le coach immobilier. On ne trompe pas son monde. On doit dire les choses comme elles sont. Ce qui n'empêche pas de donner |'envie d'acheter, de mettre le bien en valeur sans le trahir. Il faut savoir que tout se vend. Quand j'étais agent immobilier, j'ai eu à vendre une maison le long d'une autoroute. Je me suis dit: mais qui diable va bien pouvoir acheter ça ? Un amateur a trouvé cette maison magnifique et... calme ! Il y avait une certaine logique dans son chef, car il venait de la place de Brouckère à Bruxelles, bien plus bruyante. Tout est relatif...Pour bien vendre, il ne faut pas mentir, mais il faut donner l'envie en jouant l'assertivité. Il ne faut ni se présenter comme un hérisson ni comme un paillasson. Ou autrement dit: ne pas avoir peur de vendre et ne pas écraser ses prix. Ce qui prend parfois du temps comme dans l'histoire de la maison près de l'autoroute. Dresser les piquants du hérisson et manquer d'honnêteté n'est pas plus productif."Ne pas s'écraser, c'est aussi aménager son habitation et savoir attendre le moment propice. Sans pour autant manquer d'honnêteté. Des "injonctions" comme vendre en janvier ou au printemps, ce ne sont finalement que des indications. Il nous revient à ce sujet l'histoire de ce vendeur qui attendu que les feuilles des arbres du parc en face de son appartement soient sorties. C'était tellement plus joli que des arbres décharnés, avait-il pensé.