On connaît la chanson. Le refrain est répété à l'envi : les 0,11 % d'intérêts sur le compte d'épargne réglementé font perdre de l'argent aux épargnants. Ces intérêts faiblards ne compensent pas l'inflation. Les banques, elles aussi, n'en peuvent plus d'entendre ce refrain pour d'autres raisons. Elles rêvent de la suppression du taux légal de 0,11% pourtant bétonné par la loi (intérêt minimum de 0,01% + prime de fidélité de 0,10%). Pourquoi ? Car, pour relancer l'économie, la Banque centrale européenne pénalise les liquidités excédentaires des banques avec un taux de dépôt négatif. En clair ? L'argent qui dort est pénalisé et les banques aimeraient répercuter cette pénalité sur leurs clients. On n'en est pas encore là en Belgique pour l'épargne des " petits épargnants ". L'air de rien, les politiques qui accéderaient aux demandes des banques sur les intérêts négatifs du compte d'épargne risqueraient gros aux prochaines élections.
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On connaît la chanson. Le refrain est répété à l'envi : les 0,11 % d'intérêts sur le compte d'épargne réglementé font perdre de l'argent aux épargnants. Ces intérêts faiblards ne compensent pas l'inflation. Les banques, elles aussi, n'en peuvent plus d'entendre ce refrain pour d'autres raisons. Elles rêvent de la suppression du taux légal de 0,11% pourtant bétonné par la loi (intérêt minimum de 0,01% + prime de fidélité de 0,10%). Pourquoi ? Car, pour relancer l'économie, la Banque centrale européenne pénalise les liquidités excédentaires des banques avec un taux de dépôt négatif. En clair ? L'argent qui dort est pénalisé et les banques aimeraient répercuter cette pénalité sur leurs clients. On n'en est pas encore là en Belgique pour l'épargne des " petits épargnants ". L'air de rien, les politiques qui accéderaient aux demandes des banques sur les intérêts négatifs du compte d'épargne risqueraient gros aux prochaines élections.Peu importe ces histoires de taux finalement. Tout le monde retiendra que, placer son argent, ne rapporte plus rien. Que ce soit sur les carnets de dépôts ou avec ces fonds de placement aux rendements faméliques. Il reste alors des alternatives comme l'immobilier. Là aussi, il faut déchanter. Le risque locatif n'est pas à prendre à la légère (loyers impayés, dégradations). Cela coûte de plus en plus cher d'investir dans l'immobilier. Selon la loi de l'offre et de la demande, beaucoup d'investisseurs se réfugient dans la brique. Ce qui fait inévitablement grimper les prix. L'immobilier n'a jamais été aussi cher en Belgique : + 14,5% de hausse en 5 ans. Faut-il désespérer ? Pas nécessairement. Il reste, ici et là, des solutions pour que son argent fasse encore des petits. En voici quelques exemples. C'est non exhaustif. Nous vous conseillons de lire aussi notre article sur l'or qui continue à faire office de valeur refuge.Une prise de risque en Bourse, sans être excessive, ne doit plus être écartée. Il n'est certes pas aisé pour un " épargnant novice " de se lancer dans l'achat d'actions. Se faire conseiller est important. Il existe par ailleurs des trackers, des paniers de valeurs. Ils offrent la possibilité d'investir dans un portefeuille diversifié d'actifs en une seule transaction. Un des soucis de l'investissement boursier, ce sont les risques. La Bourse, c'est comme les montagnes russes. Mais comme vous pourrez lire plus bas, il est tout à fait possible de lisser ce risque, de s'en émanciper.Comme se plaît à dire Warren Buffett, le meilleur investisseur de tous les temps, " soyez inquiet lorsque les autres sont avides, et avide lorsque les autres sont inquiets ". Les fluctuations font partie du jeu et elles peuvent même offrir des opportunités à l'investisseur. Et que la Bourse sera profitable à celui qui sait être patient et rester à l'écart de la foule. Sur 25 ans, malgré les crises, le BEL 20 (l'indice de référence la Bourse de Bruxelles) a affiché un rendement annuel moyen de plus de 8% (dividendes compris).Mais avant de se lancer dans ce type d'aventure, " il est d'abord nécessaire de bien compartimenter ses horizons de placement, estime Xavier Timmermans, expert stratégique pour la banque privée de BNP Paribas Fortis. Il faut déterminer la part de son patrimoine dont on a besoin à court, moyen et long terme. Il s'agit d'un exercice intuitif.Pour le court terme, on ne peut pas prendre de risque. Acheter un actif financier et le revendre ensuite pour faire face à une dépense, c'est risquer de perdre de l'argent. En ce sens, malgré les taux bas, le carnet d'épargne reste un incontournable. Concernant le moyen terme, le compartiment du milieu, on ne peut pas prendre trop de risques... C'est le compartiment le plus difficile à gérer pour l'investisseur. Prenons l'exemple des obligations d'entreprise de 5/6 ans de maturité qui donnent à peine du 1% brut. " Ce n'est guère mieux qu'un carnet d'épargne. D'autant qu'il faut tenir compte de la fiscalité et des frais de gestion.Pour le long terme, l'idéal est d'investir dans un portefeuille diversifié à l'international et sur plusieurs classes d'actifs : immo, obligations, or, produits alternatifs et actions. " Justement, ajoute Xavier Timmermans. Cela peut aussi se faire même avec de petits montants grâce aux fonds diversifiés. Quand on regarde les performances de ces gestions collectives, elles se défendent très bien. De petites sommes investies sur une période de 20 ans peuvent donner d'énormes résultats. Et la meilleure façon d'investir sur le long terme, c'est d'éviter le risque du point d'entrée.Il est redoutablement efficace d'investir tous les mois le même montant. Je m'explique : l'avantage de cette méthode, c'est que quand les bourses sont basses, pour la même somme, vous allez acheter plus d'actifs financiers. Quand les bourses sont chères, pour la même somme, vous allez acheter moins d'actifs financiers. Logique, direz-vous. Pour quels résultats ? Le prix d'achat moyen d'achat sera inférieur à la moyenne des cours aux dates d'entrée. Tout simplement, car vous avez acheté beaucoup quand les marchés étaient bas et moins quand les marchés étaient hauts. C'est mathématiquement redoutable. Cette technique possède aussi l'énorme avantage de ne plus se poser cette question existentielle pour l'investisseur : " est-ce le bon moment d'acheter ? " Il est extrêmement difficile de répondre à cette question. Il y aura toujours et à tous moments des éléments pour et contre... "Investir dans une micro-entreprise de moins de 4 ans et déduire 45% de son investissement grâce un incitant fiscal ? Oui, c'est possible. Au départ réservé aux investissements dans le secteur du cinéma, le système de tax shelter (abri fiscal) a été étendu, en 2016, aux investissements des particuliers dans les start-ups belges. Une start-up est une entreprise innovante en phase de démarrage. Elle est souvent à la recherche de fonds pour lancer son activité au potentiel de croissance important. Mais investir dans une seule start-up peut être risqué. Si la société échoue, vous perdez votre investissement. C'est ainsi que la solution plateforme est née. Reprenons : investir dans une jeune entreprise, c'est risqué, mais cela procure un bel allégement fiscal. Comment de nouveau lisser le risque ? En investissant dans... 10 jeunes pousses en même temps tout en récupérant 45 % de son investissement via sa déclaration d'impôts.Et comment procéder ? En confiant son investissement à une plateforme de crowdfunding agréée par le secteur financier. Le crowdfunding, c'est littéralement le " financement par la foule ". Il s'agit d'un mécanisme qui permet de collecter des fonds auprès d'un grand nombre de particuliers. L'idée : à la place de prendre des risques inconsidérés dans une seule jeune pousse, c'est la plateforme qui va placer vos oeufs dans différents paniers. C'est ce que fait Spreds, leader belge et importante plateforme d'investissement européennes en start-up."Nous avons développé le Tracer Tax Shelter, un outil de diversification qui permet à nos souscripteurs de se constituer un portefeuille automatisé de 10 start-ups belges et de récupérer 45 % de leurs investissements via leur déclaration d'impôts ", détaille Charles-Albert de Radzitzky, le patron de Spreds. Prenons l'exemple de 10.000€ placés dans 10 entreprises éligibles. Les impôts seront réduits de 4.500 €. "Outre l'avantage fiscal, un rendement théorique brut de 6% est proposé. Il faudra voir sur le plus long terme si ce rendement tient la route. Qu'en penser ? Comme le risque est réparti sur plusieurs jeunes sociétés, il peut être raisonnable. À condition toutefois de rappeler que ce placement n'est pas sans risque. Imaginons une crise économique majeure et que toutes ces entreprises tombent en faillite, l'investisseur ne reverra pas son capital. Il n'aura au final que bénéficié des réductions d'impôts. Une fois ces précautions d'usage rappelées, dans les faits, il suffit que 3 start-ups sur 10 performent pour donner du rendement. C'est donc la combinaison d'un panachage dans plusieurs entreprises et l'avantage fiscal qui rendent cet investissement séduisant. Cerise sur le gâteau : l'argent est aussi investi dans l'économie réelle et locale. Enfin, pas de place pour les cow-boys de la finance. Ces pratiques sont cadenassées par le SPF Finances et sous l'égide de la FSMA, l'autorité des services et marchés financiers.En octobre dernier, une opération de crowdlending (investissement participatif) levait un million d'euros en un seul week-end. L'argent était destiné à un projet immobilier durable. Le rendement proposé était de 5% brut. Alléchant? Etait-ce donc une nouvelle manière d'investir dans la brique?C'est la plateforme Ecco Nova, agréée par les autorités financières, qui était à la manoeuvre de cette opération. Cette jeune entreprise avait déjà récolté de l'argent quand ArcelorMittal a installé plus de 27.000 panneaux solaires sur les toits de son site de Gand. Soit 100.000 m2 de superficie, le plus grand toit solaire de Belgique. Elle avait aussi levé des fonds pour plusieurs parcs éoliens.Mais pour en revenir au million d'euros récolté en un seul week-end, il l'a été pour un projet immobilier résidentiel à haute performance énergétique à Fléron (Liège). Il comprend 35 appartements et 17 maisons unifamiliales. Il offre surtout aux investisseurs un taux d'intérêt annuel de 5% brut pour un investissement minimum de 500 € et maximum de 20.000 €. Sur une durée de 5 ans." Cette forme de prêt est très intéressante pour les particuliers, estime Quentin Sizaire, un des 2 co-fondateurs d'Ecco Nova. Nous voyons que les Belges apprécient ces nouvelles alternatives de placement au regard des autres formes d'investissements plus classiques et moins rémunératrices. À la fin de la durée du prêt, déterminée à l'avance, les investisseurs récupèrent la somme qu'ils ont avancée en plus des derniers intérêts. " On parle ici d'intérêts bruts. Ce qui signifie qu'il y a un précompte mobilier de 30% à déduire. Le rendement est de 3,5% net en réalité. Soit, par exemple, 350€ par an pour 10.000€ investis. À la fin de la période du projet de 5 ans, l'investisseur est remboursé du capital. Le capital du projet immobilier est cependant garanti par les sociétés Mimob et IMG du multi-entrepreneur liégeois Laurent Minguet. Ces structures valent ensemble 85 millions d'euros. C'est solide, mais pas infaillible dans l'absolu.