Un bar à céréales à Londres, envers et contre tous

11/01/15 à 11:43 - Mise à jour à 11:43

On vous le disait justement plus haut : manger des céréales entières est bon pour la santé. Deux frères irlandais surfent sur la vague du bien-être à tout prix pour ouvrir le premier bar à céréales. A Londres, tout est permis.

Un bar à céréales à Londres, envers et contre tous

Le quartier pauvre et branché de Brick Lane, à l'Est de Londres, accueille depuis peu le Cereal Killer Cafe qui, comme son nom l'indique, propose des céréales à foison. Cent vingt variétés différentes, dont certaines sont très rares. Des éditions spéciales viennent également compléter la collection. Parmi les curiosités, citons notamment les céréales aux Oréo venues de Corée du Sud. Une trentaine de laits différents viennent agrémenter les céréales, servies dans un décor pop et vintage où se côtoient boîtes collector, vieux téléviseurs diffusant des dessins animés des eighties, figurines et magazines des années 80-90, ... A la carte également, du bon café, des pâtisseries aux céréales, des cocktails aux céréales et un large choix de tipping, ces petites pépites de chocolat croustillantes que propose ce bar quelque peu décrié.

Cher ou pas cher?

Ouvert par les jumeaux Gary et Alan Keery, barbus tatoués originaires de Belfast, le Cereal Killer Cafe est en effet situé dans l'un des quartiers les plus défavorisés de la capitale britannique, avec notamment un taux record de mortalité infantile. Les frères Keery ne sont pas les premiers à s'installer dans ce quartier branché qui attire hipsters et autres artistes tendance. Mais ce sont les premiers à nourrir une polémique en raison des tarifs pratiqués et jugés excessifs par certains : le bol de céréales est facturé 2,50 livres (environ 3,15 ?). Serait-ce déplacé dans ce quartier où la plupart des habitants ne pourraient se l'offrir ? L'un des frères estime pourtant que " ça n'est pas cher pour le quartier ", précisant que lui et son frère emploient douze personnes dans leur bar et que si le succès est au rendez-vous, ils s'engagent à aider des associations et à offrir des petits déjeuners aux enfants du quartier.

Lendemain difficile

Coupables ou pas de la gentrification de ce quartier londonien, les frères Keery ont en tous cas profité des conséquences d'un lendemain de cuite, lorsqu'ils se seraient damnés pour un bon bol de céréales-lait afin d'apaiser leur gueule de bois, pour concrétiser leurs projets. Alors que certains crient au scandale, d'autres défendent les entrepreneurs irlandais, rejetant la faute de la paupérisation du quartier sur l'augmentation constante des loyers. " Je viens d'un des quartiers les plus pauvres de Belfast, mais je n'ai jamais accusé les petits commerces d'en être la cause ", plaide pour sa part Gary Keely. " Si vous voulez trouver quelqu'un pour régler le problème de la pauvreté à Londres, je ne pense pas pouvoir être l'homme de la situation ", conclut-il à l'adresse de ses détracteurs.

www.cerealkillercafe.co.uk

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