Les bulles d'eau à boire : des contenants révolutionnaires !

15/04/14 à 13:19 - Mise à jour à 13:19

Des étudiants en design industriel, installés à Londres, ont développé une bien curieuse petite bulle. Baptisée Ooho, elle contient de l'eau potable et s'utilise presque comme une bouteille d'eau. Biodégradables et comestibles, ces mini sphères sont un pied de nez à la pollution terrestre et marine.

Les bulles d'eau à boire : des contenants révolutionnaires !

Quand on sait que, chaque année, 89 milliards de bouteilles d'eau en plastique sont vendues à travers le monde, un contenant conçu à partir d'algues comestibles et assez solide pour stocker de l'eau est une alternative particulièrement interpellante. Rodrigo Garcia Gonzalez, Pierre Paslier et Guillaume Couche, tous trois étudiants en design industriel, ont mis au point cette petite chose qu'ils qualifient de "facile à faire soi-même, bon marché, solide, hygiénique, biodégradable et comestible", peut-on lire sur le site www.fastcoexist.com.

Cuisine moléculaire

Les trois compères se sont inspirés de la gastronomie moléculaire et notamment du principe de sphérification, qui consiste à mettre une préparation liquide sous forme de sphère. Cette technique a été inventée en laboratoire en 1946 et récemment popularisée par le chef Ferran Adria dans son restaurant elBulli en Espagne. Grâce à la sphérification, l'aliment est congelé pour lui donner la forme désirée, avant de le recouvrir d'une autre substance. " Nous avons appliqué une version évoluée de la sphérification à l'un des éléments vitaux les plus basiques et essentiels : l'eau ", commente Rodrigo Garcia Gonzalez.

Algues brunes et chlorure de calcium

Un composant à base d'algues brunes comestibles et de chlorure de calcium forme le gel de protection entourant l'eau. " Cette double membrane assure une protection hygiénique à l'intérieur de la membrane. Elle permet également d'introduire un logo entre les deux couches sans avoir recours à un quelconque adhésif ", poursuit le designer. En effet, les Ooho peuvent être personnalisées, par des entreprises par exemple qui ont la possibilité d'insérer leur logo entre les deux épaisseurs de la membrane. Il suffit que ce logo soit fabriqué à partir de matériaux comestibles, comme le papier de riz. Avant d'être prise au piège dans la membrane, l'eau est transformée en glace afin de faciliter l'opération. La sphère ainsi formée peut être étirée pour créer des bulles de différentes tailles. Lorsqu'on a soif, il suffit de percer la membrane et de boire par le trou. Et si on est pris d'une fringale, on peut même manger cette bulle en forme de figue puisqu'elle contient de l'acide alginique, la rendant totalement comestible.

Ecologique

Les créateurs mettent le doigt sur un fait réel : de plus en plus de personnes boivent de l'eau à partir de bouteilles jetables. " La réalité est que nous buvons de plus en plus d'eau avant d'en jeter la bouteille en plastique. Quatre-vingts pour cent (de ces bouteilles) ne sont pas recyclables. Ce consumérisme est un reflet de la société dans laquelle nous vivons ", estime encore Rodrigo Garcia Gonzalez. En repensant le contenant, il est possible de réduire les coûts. Pour les entreprises, ce qui coûte cher, c'est le contenant en soi, la bouteille en plastique. Les bulles Ooho peuvent être fabriquées pour 2 cents seulement, assurent les designers.

Quelques inconvénients

Actuellement, les Oohos ne sont pas encore commercialisés, mais les trois étudiants prédisent une application immédiate lors d'événements sportifs. Les bulles d'eau seraient plus facilement transportables et génèreraient moins de déchets. On s'interroge toutefois sur leur transport : comment les emmener sans les salir ou les abîmer, au fond d'un sac par exemple ? De plus, est-il aisé de se désaltérer en buvant au travers un petit trou, sans en mettre partout ? Mais même si les entreprises n'optent pas pour les Ooho écolos, les créateurs espèrent que " les gens fabriqueront leur emballage eux-mêmes à domicile ". " N'importe qui peut en faire dans sa cuisine, en modifiant et en innovant la recette ", conclut Rodrigo Garcia Gonzalez.

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