La moitié des sites du Patrimoine naturel de l'Humanité est menacée

12/04/16 à 17:30 - Mise à jour à 17:27

Près de la moitié des sites du Patrimoine naturel de l'Humanité serait menacée par l'industrie, l'exploitation minière, le déboisement, la surpêche et l'extraction pétrolière. Ils représentent pourtant des sources vitales pour l'homme et son environnement.

La moitié des sites du Patrimoine naturel de l'Humanité est menacée

© iStock

La Grande Barrière de Corail en Australie, le Grand Canyon aux Etats-Unis ou les sanctuaires du grand panda du Sichuan en Chine sont autant de lieux classés au Patrimoine mondial de l'Unesco qui sont aujourd'hui menacés par l'activité humaine: exploration et extraction pétrolière et gazière, exploitation minière, exploitation forestière illégale, création de grandes infrastructures, surpêche ou encore surexploitation des ressources en eau. Dans son dernier rapport, le WWF, l'organisation non gouvernementale de protection de l'environnement, tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme.

Menaces plurielles

Dans ce rapport, le WWF pointe la menace qui plane sur 114 des 229 sites naturels et mixtes inscrits au Patrimoine mondial pour leur valeur universelle exceptionnelle, c'est-à-dire leur beauté naturelle, leur biodiversité, leurs caractéristiques géologiques ou écologiques. Ils incarnent la notion d'aire protégée par excellence. Un cinquième d'entre eux sont même mis en danger par plusieurs activités industrielles. Parmi les sites marins, le récif de Belize, qui comprend sept zones protégées et intégrées à la plus longue barrière de corail du continent américain, est considéré en péril depuis 2009. Il est menacé par les forages pétroliers, la destruction des mangroves pour construire des hôtels sur les villes côtières ainsi que par la pollution agricole à l'intérieur des terres.

"Nous devons prendre conscience du fait que ce ne sont pas seulement les Hommes qui protègent les sites du Patrimoine mondial mais aussi les sites qui protègent les Hommes, estime Marco Lambertini, directeur général du WWF International. Nous sommes tous d'accord pour dire que ces sites appartiennent aux plus beaux et uniques endroits de la planète. Nous devons oeuvrer ensemble pour qu'ils contribuent au bien-être de l'Homme et de son environnement."

Rentabilité

"Le temps est venu de reconquérir notre capital naturel qui est la base de notre économie, car il n'y a pas d'un côté les enjeux de la biodiversité et d'un autre les enjeux économiques", souligne pour sa part Pascal Canfin, directeur général du WWF France. Selon le rapport, onze millions de personnes dépendent en effet directement des retombées économiques de ces 114 sites menacés que ce soit pour leur travail, leur accès à l'eau potable, leur logement ou encore leurs médicaments.

"Ce que nous attendons des gouvernements et des entreprises, c'est qu'ils privilégient plutôt la création de valeur à long terme qu'une quête de profits à court terme et respectent le statut de ces lieux magiques. Il est indispensable de se détourner des activités industrielles néfastes pour s'orienter vers des alternatives durables qui nous permettront à la fois de valoriser et de préserver ces sites qui sont sources de bénéfices économiques et non-économiques pour les populations locales mais aussi et plus largement pour nous tous.", conclut Marco Lambertini.

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