Une drogue, la bronzette?

14/07/14 à 12:37 - Mise à jour à 12:37

La tanorexie, vous connaissez? Si vous présentez une dépendance pathologique au bronzage, on peut dès lors affirmer que vous êtes tanorexique! Cette addiction peut-elle s'expliquer scientifiquement ou est-elle simplement un symptôme de plus de notre société du paraître?

Une drogue, la bronzette?

© Getty Images/iStockphoto

Selon une nouvelle étude, la dépendance au bronzage n'est pas qu'une question de teint hâlé. Des psychiatres français avaient déjà avancé que les séances de bronzage procuraient une euphorie comparable à la prise d'un opiacé, car le rayonnement UV active des récepteurs, au niveau neurobiologique, qui libèrent des opioïdes. Des chercheurs de la Harvard Medical School, soutenus par les National Institutes of Health, ont confirmé ce mécanisme chez des souris rasées, soumises à la lumière UV, cinq jours par semaine durant six semaines. Cette dose d'ensoleillement cutané équivaut à 20-30 minutes d'exposition au soleil de Floride, en été, pour une personne à peau claire. Selon cette étude, ces rongeurs sont devenus moins sensibles à la douleur.

Fonctionnement

Lorsque la peau est exposée aux UV, une protéine appelée pro-opiomélanocortine (POMC) est décomposée en petits peptides. L'un d'eux est une hormone qui stimule les mélanocytes, responsables de la pigmentation de la peau. Un autre peptide, la bêta-endorphine, est quant à lui un opioïde naturel de l'organisme. Il entraîne une tolérance plus élevée à la douleur ainsi qu'un effet addictif. La concentration en bêta-endorphine s'est maintenue le temps de l'exposition, puis a décru à l'arrêt des UV.

Dépendance et risques connus

Le blocage chimique de ce circuit de récompense sous-tendant la dépendance engendre un syndrome de sevrage avec tremblements, agitation et claquement de dents. Ces observations pourraient dès lors expliquer pourquoi il est si difficile de renoncer aux séances de bronzette dont les risques sont pourtant connus (vieillissement cutané, risque de cancer, ...). Les chercheurs notent toutefois que les souris sont des animaux nocturnes, contrairement aux humains. Les conséquences de l'exposition aux UV pourraient donc être tout autres sur notre peau. Selon eux, ce mécanisme naturel de circuit opiacé lié aux UV avait pour fonction, au cours de l'évolution, d'assurer la synthèse de la vitamine D, dont la production est stimulée par les UV.
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