Pourquoi certains fumeurs ont encore des poumons sains ?

06/11/15 à 15:26 - Mise à jour à 15:26

Pourquoi certaines personnes qui ont fumé comme des pompiers pendant toute leur vie gardent-elles des poumons sains, alors que d'autres souffrent de toux, d'infection et d'essoufflement ? Des chercheurs britanniques ont dénoué le mystère : c'est une question d'ADN.

Pourquoi certains fumeurs ont encore des poumons sains ?

La plupart des fumeurs développent, tôt ou tard, une maladie pulmonaire. Même des non-fumeurs peuvent être atteints d'affections comme la MPOC (Maladie pulmonaire obstructive chronique) ou d'un cancer du poumon. Pour des scientifiques britanniques du Medical research council, une mutation de l'ADN est responsable des poumons sains et des poumons malades.

Les chercheurs ont analysé l'ADN de quelque 50.000 personnes, issues de la banque biologique de Grande-Bretagne. Ils se sont plus particulièrement penchés sur l'ADN de patients souffrant de MPOC et sur celui de personnes saines, ainsi que sur celui de fumeurs et de non-fumeurs. Ils ont ainsi découvert des sections de l'ADN qui réduisent le risque de développer une MPOC. Les personnes qui disposent de ces sections sont considérées comme porteuses de 'bons gènes' qui semblent les protéger, dans une certaine mesure, des affections pulmonaires sévères. Ces gènes influencent en outre la manière dont les poumons grandissent et réagissent aux attaques telles que le tabac.

Le cerveau influencé

" Cela ne signifie pas qu'il existe une sorte de section génétique magique qui garantirait à certains d'être protégés contre les conséquences néfastes du tabac. Leurs poumons ne sont pas aussi sains que s'ils n'avaient pas fumé. Arrêter de fumer reste, dans tous les cas, la meilleure mesure préventive ", souligne le Pr Martin Tobin, l'un des auteurs de l'étude. Ces derniers ont également découvert que des sections d'ADN étaient plus présentes chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Elles influenceraient la fonction cérébrale qui régit notamment la prédisposition à la dépendance. Cette constatation doit toutefois encore être confirmée. Mais elle ouvre des perspectives à de nouveaux traitements.

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