Le sport, un allié dans le contrôle du diabète

08/11/10 à 00:00 - Mise à jour à 00:00

Doit-on renoncer à pratiquer une activité physique lorsqu'on est diabétique de type 2 ? Bien au contraire ! Le sport, bien géré, s'avère en effet très bénéfique pour le patient diabétique.

Chez une personne en bonne santé, l'insuline, une hormone sécrétée par le pancréas, régule le taux de sucre dans le sang. En cas de diabète de type 2, l'insuline est produite en quantité insuffisante (trouble de la sécrétion), ou ne fonctionne pas correctement (insulinorésistance), d'où la nécessité pour le patient de gérer sa glycémie en fonction de son alimentation et de son activité physique. Si cela ne suffit pas, il peut recourir à des médicaments (antidiabétiques oraux), et, dans les stades avancés, à des injections d'insuline.

Un effet préventif

" Une activité physique régulière doit faire partie du traitement, au même titre qu'une diététique adéquate, insiste Chantal Godefroid, kinésithérapeute au service de réadaptation physique pluridisciplinaire de l'hôpital Erasme, à Bruxelles. Le diabétique qui se soigne bien peut mener une vie normale et son état de santé sera favorablement influencé par une pratique sportive bien conduite. " L'activité physique représente une modification du mode de vie efficace pour les diabétiques et pour les personnes à risque de le devenir. " Des études le montrent, par modification du mode de vie (diététique + sport, ou activité physique seule), on peut réduire de 28 % à 67 % l'incidence du diabète de type 2 chez les gens à risque. "

Modération...

Certains sports sont plus appropriés que d'autres. " On recommande les sports de type " endurance " (marche, natation, aquagym, vélo, ski de fond...), qui améliorent la condition physique. L'activité physique doit être prescrite à une certaine dose et dans la durée.

Pour débuter, il y a une " dose minimum " : une activité physique modérée correspondant à 40 % à 75 % de la capacité physique maximale (évaluée lors d'une épreuve d'effort), ou une dépense énergétique de 1.000 à 1.500 Kcal par semaine. La durée conseillée est de 30 minutes par jour, 5 à 7 jours par semaine. Si la dose est supérieure, le bénéfice n'en sera que supérieur ! Il est aussi indiqué de faire, en complément, des exercices " de résistance " (haltères, machines de musculation), pour améliorer la force musculaire et la tolérance aux activités quotidiennes.

... et régularité

De la " dose minimum requise ", on peut évoluer vers des intensités d'effort comprises entre 60 % et 90 % de la fréquence cardiaque maximale obtenue à l'épreuve d'effort. " Les recommandations d'exercice physique hebdomadaire sont les mêmes, comprises entre 1.500 et 2.500 Kcal. Par la suite, la fréquence, la durée et l'intensité ne seront augmentées que progressivement, insiste Chantal Godefroid. L'idéal, c'est tous les jours, ou au moins un jour sur deux, avec une durée minimale de 30 minutes." Pourquoi ? Les effets favorables de l'exercice physique sur le métabolisme sont limités dans le temps : après 30 heures, ils disparaissent. D'où l'importance de la régularité...

Gérer la glycémie

Pendant l'activité physique, les muscles utilisent comme carburant le sucre présent dans l'organisme. Le taux de sucre dans le sang baisse. L'objectif est de ne pas laisser la glycémie descendre au point d'atteindre l'hypoglycémie (quantité insuffisante de sucre dans le sang). Comment ? On commence par contrôler sa glycémie avant l'activité physique, puis pendant l'effort, et après également, afin de procéder à un " resucrage ".

Mais l'hypoglycémie arrive parfois brusquement. Reconnaître ses symptômes permet de réagir rapidement : pâleur, transpiration (sensation de bouffées de chaleur), tremblements, troubles visuels (soleil éblouissant, flash lumineux), maux de tête, vertiges, changement d'humeur, fatigue, sensation de faim.

" Pour un resucrage, on peut utiliser des boissons sucrées de type soda, du chocolat, etc. Il faut penser à en avoir à portée de main ! Les boissons sucrées font remonter la glycémie en 10-15 minutes. "

Nos partenaires