Ecouter son corps et structurer ses repas

31/01/11 à 00:00 - Mise à jour à 00:00

La clé d'une alimentation équilibrée consiste à manger de manière structurée. Ce n'est pas bien difficile, il suffit d'être à l'écoute de son corps et de faire confiance à ses sensations...

Qui ne s'est pas retrouvé un paquet de biscuits en main, à 11 heures du soir ? Manger de manière structurée ne coule pas toujours de source, entre un agenda parfois chahuté et les jours où on n'a pas envie de sortir les casseroles.

Pourtant, l'alimentation structurée est la clé d'une alimentation équilibrée. Elle permet de gérer quantités et qualité.

Ecouter de ses sensations

" Il est faut 'être à l'écoute de ses besoins, explique Laurence Dieu, diététicienne au Centre de revalidation des patients obèses du CHR de Mons-Warquignies et membre de l'Union professionnelle des diplômés en diététique de langue française (UPDLF). C'est-à-dire pouvoir ressentir la faim, puis la satiété, qui est le moment où le corps n'a plus besoin de manger. C'est physiologique. Or beaucoup ne prennent plus le temps de s'écouter ou ne respectent pas leur satiété. "

Cette écoute permet de gérer les repas et les collations, si nécessaire. " Les collations ne sont pas obligatoires. La règle est d'arriver à chaque repas en ayant moyennement faim. " En cas de fringale entre les repas, la collation est la bienvenue. " A condition qu'elle ne coupe pas l'appétit pour le repas suivant. " Et ces sensations variant selon les jours, c'est une écoute perpétuelle...

" Enfin, certains ne ressentent pas les nuances de la faim. D'autres confondent la faim et la soif. " Ils se mettent à grignoter, alors qu'ils ont en fait besoin de boire un verre d'eau. " Il y a aussi les automatismes : je mange car c'est l'heure de la pause. Mais je ne me pose pas la question de savoir si j'ai vraiment faim."

Le contexte compte !

L'alimentation structurée passe par des repas pris à table ! " Assis, à table, et en pleine conscience, sans penser à d'autres préoccupations. Sinon, on peut passer à côté de la sensation de satiété. " C'est donc " non " au plateau-télé. " Manger devant un écran ou en lisant le journal nous met hors contexte. On risque de ne pas ressentir la satiété, de la dépasser et d' avoir des soucis de digestion et, si ça se répète, de prise de poids. "

La règle est trois repas par jour, durant 15 à 20 minutes, pour avoir le temps de ressentir la satiété. " Deux repas suffisent parfois : si vous allez au restaurant un soir, il est possible de ne pas avoir faim le lendemain matin. En dehors d'un diabète, on peut alors attendre le repas de midi. Soyez en harmonie avec vos sensations : demandez-vous si vous avez faim. "

Et si vous êtes " collation ", choisissez fruits, laitages ou céréales. Quant aux produits caloriques tels que chips, chocolat, biscuits, ils sont réservés au plaisir alimentaire...

Oui au plaisir

Que les gourmets et gourmands se rassurent : l'alimentation peut être source de plaisir. " Le problème vient quand la nourriture est le seul moyen de se faire plaisir, précise Laurence Dieu. D'où l'importance de se relaxer autrement qu'en mangeant, par le yoga, le tai chi, la sophrologie, etc. Ou réfléchir à ce qu'on aime faire à la maison : ouvrir la fenêtre et respirer, appeler un ami et sortir, aller dehors, prendre un livre, un bain... Différents moyens de se ressourcer. "

Et si on craque pour un morceau de chocolat, on le savoure ! " Dégustez-le, faites-en un moment privilégié : ne le mangez pas en travaillant. Quitte à se faire plaisir, faisons-le bien ! "

Il faut éviter la diabolisation de certains aliments. " Car si on culpabilise, on n'a plus accès aux sensations de plaisir et, c'est prouvé, cela perturbe la régulation de la prise alimentaire. Un exemple : vous avez deux pralines, une que vous aimez, l'autre pas. Si vous mangez d'abord celle que vous n'aimez pas, il y a des chances que vous preniez l'autre ensuite. Mais si vous commencez par votre favorite, vous en resterez là : le plaisir joue un rôle dans le rassasiement. "

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