Dépistage du cancer - Le généraliste appelé à lever les réticences du patient

25/01/13 à 17:35 - Mise à jour à 17:35

Face aux piètres résultats des campagnes de dépistage des cancers du sein et colorectal ainsi que de la vaccination préventive contre le cancer du col de l'utérus, un projet a été lancé vendredi auprès de 250 médecins généralistes pour les aider à mieux informer les patients, et tenter de lever certaines barrières culturelles ou psychologiques.

Ce projet-pilote initié dans une partie du Hainaut met le médecin de famille et sa relation de confiance avec le patient au coeur de la prévention contre ces trois types de cancer, a expliqué la ministre francophone de la Santé Fadila Laanan à l'agence Belga.

"Les chiffres ne sont pas bons: 45% des femmes échappent complètement aux campagnes de dépistage du cancer du sein ou aux bilans sénologiques. La situation est similaire pour le cancer colorectal. Et seules 20% des jeunes filles de 13 ans en 2e secondaire se font vacciner contre le cancer du col de l'utérus" dans le cadre de la médecine scolaire, expose-t-elle.

Pour ce dernier type de cancer, les critiques récurrentes d'associations opposées à la vaccination, leur relais médiatique, mais aussi les disparités entre réseaux scolaires ("on constate quatre fois moins de vaccinations dans l'enseignement libre") expliquent selon la ministre les mauvais résultats d'une campagne qui ambitionnait 60% de vaccinations l'an dernier.

Les freins sont tels que la Fédération Wallonie-Bruxelles, épaulée par la Société scientifique de médecine générale (SSMG), la société de conseils cliniques et pharmaceutiques Quintiles, l'organisme d'éducation permanente Questions Santé et le Centre communautaire de référence pour le dépistage des cancers (CCR), a lancé un projet-piloted'"ambassadeur-prévention".

"Cette personne, indépendante et spécifiquement formée, visitera cette année 250 médecins généralistes en face à face, à l'instar d'un délégué médical, à la différence qu'elle ne lui 'vendra' que de l'information", explique Mme Laanan (PS).

L'objectif de ces séries de trois courts entretiens (12 minutes en moyenne, "car le médecin a rarement plus de temps à accorder sur sa journée") sera d'identifier "tous les freins dans la mise en oeuvre des campagnes de dépistage, solliciter les idées des généralistes, les convaincre et mieux les informer, eux qui sont confrontés à un tel flot d'informations".

Le projet-pilote vise une zone géographique limitée: le grand Mons, la région du Centre et l'ouest de la région de Charleroi, de Dour à Soignies, de Seneffe à Thuin. Les médecins ont été sollicités par courrier électronique.
Les résultats des 750 rencontres programmées de l'ambassadeur-prévention seront comparés à deux groupes-témoins de 400 médecins généralistes dans la zone-pilote et en région liégeoise, avant une évaluation finale au premier trimestre 2014.

Financièrement, un budget de 90.000 euros a été libéré pour cette initiative, une manière d'améliorer l'efficacité des moyens publics investis dans la lutte contre le cancer et ainsi réduire le budget de l'Inami, selon Mme Laanan.

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