Chewing-gum : quels sont les effets sur la santé ?

03/04/18 à 09:52 - Mise à jour à 09:52

Considéré comme un moyen de patienter ou de soulager une certaine forme d'anxiété, le chewing-gum n'est pas sans conséquence sur la santé. Dents, stress, poids et digestion : on vous dit tout !

Chewing-gum : quels sont les effets sur la santé ?

© Getty Images/iStockphoto

Dentition: plutôt efficace

Levons d'abord toute ambiguïté: le chewing-gum ne remplace pas le brossage! En revanche, faute de pouvoir se consacrer à ce rituel dans les 20 minutes après un repas, mâcher une gomme permet de les débarrasser des débris alimentaires.

Mais l'intérêt du chewing-gum tient avant tout à sa faculté de stimuler le débit salivaire qui diminue avec l'âge et certains traitements. Or, la salive a le pouvoir de dissoudre les sucres des aliments et boissons et lutter contre l'acidité provoquée par les bactéries qui en s'y agrippant attaquent l'émail et creusent les caries.

Conseil: Sans sucres, bien sûr pour qu'il ne soit pas cariogène et labellisé UFSBD* pour plus de sécurité. À mâcher pendant 20 minutes, 2 à 5 fois par jour sauf après un soin dentaire.

Stress et anxiété : assez intéressant

Selon plusieurs études, mâcher un chewing-gum permettrait de diminuer le taux de cortisol, cette hormone du stress que l'on retrouve en moindre proportion dans la salive des mastiqueurs. En détournant l'attention d'un problème lancinant, la mastication aiderait à concentrer sa vigilance sur l'instant présent. En cas de sevrage tabagique, facteur de stress, les gommes à la nicotine qui en délivrent de faibles doses pour atténuer les effets du manque permettraient aussi de calmer la fréquence cardiaque. À condition de bien suivre le protocole car elles ne se consomment pas comme un banal chewing-gum.

Conseil: Estampillé anti-stress ou non mais toujours sans sucres et pas plus de 5 à 6 par jour pour ne pas remplacer le stress par des troubles digestifs ou de la mâchoire. Et toujours en dose dégressive en cas de sevrage tabagique pour ne pas remplacer une addiction par une autre.

Poids: avec précaution

Sur ce point, le chewing-gum fait l'objet d'études contradictoires. Certaines soulignent que s'il crée bien un leurre transitoire anti fringales, en stimulant les contractions intestinales, il augmente aussi la sensation de faim au repas suivant. D'autres arguent qu'il rassasie et limite le grignotage, notamment sucré, chez les compulsifs ayant toujours besoin d'avoir quelque chose en bouche. En ce sens, mieux vaut donc mâcher une gomme plutôt qu'avaler des biscuits.

Conseil: Évidemment éviter le chewing-gum avec sucres type saccharose, glucose (qui en contient presque 1/2 morceau par pièce) et préférer le "sans sucres" aux polyols qui en contient 3 fois moins et titre à 3-4k cal l'unité contre 10. Mais à condition de ne pas en mastiquer plus de 3 à 4 par jour.

Digestion: souvent une catastrophe

En stimulant la sécrétion salivaire et par ricochet les ondes contractiles de l'estomac qui aident à faire progresser le bol alimentaire, le chewing-gum pourrait ainsi faciliter la digestion. Sauf si vous souffrez d'aérophagie: l'air avalé en mastiquant trop souvent ne ferait que l'aggraver.

Attention aussi en cas de syndrome de l'intestin irritable favorisé par les Fodmaps: les sucres qui arrivent quasi intacts au niveau du côlon attirent l'eau et provoquent ballonnements, douleurs, et en alternance diarrhée et constipation. Or, les chewing-gums "sans sucres" sont gorgés de Fodmaps - des polyols étiquetés xylitol, sorbitol ou mannitol...

Conseil: Si tout va bien, oui aux versions sans sucres après un repas trop copieux. Mais pas en cas de sensibilité aux glucides très difficiles à digérer par l'intestin grêle ou d'aérophagie. Sur avis médical, certaines gommes à mâcher naturelles en pharmacies ou en circuits bio peuvent être intéressantes mais pas toujours de très bon goût.

Merci à l'UFSBD* (Union française pour la santé bucco-dentaire), au Dr Laurence Plumey, nutritionniste, ("Sucre, gras et sel" éd. Eyrolles) et au Dr Pierre Nys, endocrinologue-nutritionniste ("Plus jamais mal au ventre avec le régime Fodmaps", éd. Leduc's).

Auteur: Magali Quent (nt-f.com)

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