Chasse aux idées reçues

09/06/12 à 00:00 - Mise à jour à 00:00

Demander à son pharmacien une boite d'aspirine pour éviter les thromboses durant un long vol d'avion n'a pas de sens, prévient le CBIP.

Si la joueuse de tennis Kristen Flipkens était bien en pleine forme physique, elle a pourtant dû récemment renoncer à participer aux matchs de la Fed Cup contre le Japon. En cause : un long voyage en avion durant lequel elle n'a pas quitté son siège, et quatre caillots de sang dans le mollet.

Ces dernières années, les voyageurs sont inondés de récits noirs sur les thromboses veineuses profondes (TVP) ayant coûté la vie de vacanciers en route vers de lointains horizons. Selon ces rumeurs, la solution sera à chercher du côté d'un simple comprimé d'aspirine. Une
pure invention, prévient le Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique (CBIP).

Plus grand risque

Les voyageurs courent effectivement un plus grand risque de thrombose veineuse profonde. Plusieurs études épidémiologiques et méta-analyses ont démontré que le risque de TVP était environ trois plus élevé chez les passagers de vol de longue distance - soit un vol de plus de huit heures ou de plus de 5.000km). Un risque d'autant plus grand chez les patients présentant d'autres facteurs de risque thromboembolique tels que des antécédents de thromboembolie veineuse, une intervention chirurgicale récente, une affection maligne, une obésité sévère, la grossesse, des troubles thrombophiliques.

Par ailleurs, le risque de thromboembolie veineuse existe également en cas de voyage prolongé en train, en autobus ou en voiture.

Pour diminuer ce risque, toute une série de précautions sont préconisées. Certaines mesures telles que bouger régulièrement les jambes, bien s'hydrater et porter des vêtements amples sont effectivement conseillées.

Il n'est par contre pas prouvé que le fait de voyager en classe économique ou de consommer des boissons alcoolisées augmentent davantage le risque de TVP. Quant à l'aspirine, une chose est sûre : l'acide acétylsalicylique n'est pas efficace en prévention des TVP et n'est certainement pas recommandé dans ce contexte.

L'administration prophylactique d'une dose unique d'une héparine de bas poids moléculaire (généralement 2 à 6 heures avant le départ) peut avoir un effet favorable (mais faible) sur le risque de TVP asymptomatique. Par contre, au niveau du risque de TVP symptomatique, on ne dispose d'aucune donnée. Selon le CBIP, ce traitement prophylactique ne doit être envisagé que chez les patients présentant un ou plusieurs autres facteurs de risque thromboembolique et chez qui on estime que les avantages escomptés contrebalancent les risques du traitement.

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