Le retour du loup en Belgique

28/02/13 à 08:16 - Mise à jour à 08:16

C'est un fait : le loup fait son grand retour en Allemagne, en France et, désormais, aux Pays-Bas. Ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'il franchisse les frontières de la Belgique. Doit-on s'en alarmer ou s'en réjouir ? Le bureau des Guides organise en mars une série de conférences thématiques autour du loup en Wallonie et à Bruxelles.

Le retour du loup en Belgique

© Getty Images/Hemera

Les spécialistes sont unanimes : le canidé qui a pu être filmé à Gedinne par une caméra camouflée de la VRT, l'année passée en septembre, pour l'émission "Dieren in nesten",était très probablement un loup. Pas un lynx, ni un husky, ni un chien-loup, pas plus qu'un chien de berger, comme on l'avait tout d'abord pensé, mais un authentique loup sauvage. Sans doute un individu isolé qui avait passé la frontière franco-belge.

Les images montrent un animal à la face tachetée de blanc, au pelage gris foncé sur le dos et plus clair sur le ventre et sur les flancs, avec une queu courte et pendante, et des crocs puissants capables de traîner sans souci une brebis adulte. Autant de caractéristiques typiques du loup. Cliquez ici pour voir l'extrait

50 km par nuit

Nulle raison de s'étonner du retour du loup. On sait que cet animal vit désormais à nouveau à quelque 200 km des frontières belges, plus précisément dans les Vosges (France) et dans l'Eifel (Allemagne). On l'a également repéré avec certitude aux Pays-Bas, en province de Gueldre et en Veluwe.

Le dernier loup de Belgique est mort à Virton, en 1898. Son retour n'est plus qu'une question de temps. Plusieurs facteurs jouent en faveur de l'animal. Dans l'Union européenne, le loup est une espèce protégée depuis 1989, si bien que la population de loups a augmenté, particulièrement en France et en Allemagne. Les meutes se densifiant, les jeunes loups sont obligés d'essaimer en solitaire. Or un loup errant peut facilement parcourir 40 à 50 km en une nuit. Les 200 km qui le séparent de nous pourraient être franchis en une petite semaine.

Autre point positif pour le loup, la présence de zones naturelles assez vastes et protégées, où il peut trouver un nouveau milieu de vie. Chez nous, il pourrait s'installer dans les Hautes Fagnes, dans le Parc national de la Haute Campine, dans les forêts autour d'Habay en province de Luxembourg et sur le plateau de la Croix-Scaille en province de Namur. Si le loup s'établit chez nous, il ne s'agira au début que d'animaux isolés et non de meutes. Une avant-garde, en quelque sorte.

Danger ?

Les loups constituent un danger réel pour les moutons, les chèvres, le petit bétail, les sangliers, les chevreuils et les cerfs. Il faudra en tenir compte. Dans les régions concernées par le prochain retour du loup, les fermiers et les propriétaires de troupeaux devront prendre une série de mesures pour protéger leurs bêtes.

Mais il sera important de s'y prendre de la bonne façon. Lorsqu'un loup tue un animal, il a coutume de revenir sur place les nuits suivantes, pour continuer de manger la chair sur la carcasse. A Gedinne, les fermiers ont, à tort, systématiquement retiré les carcasses des moutons attaqués. Ce qui a obligé le loup à se trouver de nouvelles proies : huit moutons ont ainsi été tués successivement.

En revanche, le loup ne présente guère de danger pour l'homme. Il fuit à la vue d'un être humain. Son retour chez nous est par ailleurs bon signe : cela signifie que les efforts de préservation de la nature et de maintien de la biodiversité portent leurs fruits. Après le castor, la blaireau, la loutre, le chat sauvage, le hibou grand-duc, la cigogne noire et, bientôt, le loup, notre vie sauvage se diversifie toujours plus !

Bienvenue au loup !

En mars, le Bureau des Guides organise une série de conférences sous le titre "Le loup revient... et ?" en cinq endroits de Wallonie. Les soirées commenceront par la projection d'un film documentaire sur le loup européen, suivie par la conférence proprement dite sur le retour chez nous de deux seigneurs de la vie sauvage, le loup et le lynx. Le conférencier est Bernard De Wetter, guide et grand connaisseur de la faune.

  • 28 février: Celtic Ireland Liège à Liège
  • 07 mars: Excelsior à Mons
  • 14 mars: ferme des Castors à Aiseau (Charleroi)
  • 21 mars: Taverne 500 à Jambes (Namur)
  • 28 mars: Rue de la Poste à Arlon

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