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Mon homme ne vit que pour son travail...

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Votre cher et tendre aime son job. Parfait... Mais là, alors qu’il est encore accroché à son GSM, vous aimeriez bien qu’il lève les yeux: devant lui, il y a la plage, sa femme, ses enfants... Chéri ? Tu pourrais oublier ton boulot jusqu’à lundi ?

Ce soir-là, Chantal et François avaient invité des amis. Chantal se réjouissait, elle n’avait pas souvent l’occasion de les voir. Mais dès le début du repas, le GSM de François a sonné. Sous prétexte que c’était «pour le boulot», François est parti faire les cent pas dans le couloir, sous l’oeil agacé de sa femme... Une demiheure plus tard, il est revenu, triomphant, lui glissant à l’oreille : « On a le contrat ! ». Et pas un mot pour ses invités. Chantal a explosé...

Les acharnés du boulot ? Ils sont de deux sortes. Il y a ceux qui n’ont pas le choix : par peur de perdre leur place ou de rater une promotion, ils ploient sous la charge, bon gré, mal gré...Mais il y a aussi ceux... qui aiment ça. Passionnés, ils ne comptent pas leurs heures : qu’on soit mardi ou dimanche, qu’ils se trouvent au bureau ou en vacances, ils répondent toujours au téléphone, à leurs e-mails, notent une idée prometteuse... Deux espèces différentes ? « Oui, insiste le Pr Philippe Corten, psychiatre à l’hôpital Brugmann. Les premiers sont contents d’avoir des congés, les autres non, au contraire ! D’ailleurs, ils partent avec leur ordinateur... Ce sont de véritables toxicomanes du travail. Ils ne savent pas s’arrêter. »

Tirer sur la ficelle...

Comment en arrive-t-on à dépendre autant de ses dossiers ou de son GSM ? Par amour du travail ? Oui, mais pas seulement... « C’est aussi parce qu’on n’a pas réussi à investir d’autres choses intéressantes, parce qu’il n’y a rien à côté, même si on vit en couple, si on a une famille. »

Pour celles qui partagent la vie de tels bourreaux de travail (car il s’agit plus souvent d’hommes, disons-le), la situation peut devenir difficile à vivre. Faire preuve de patience, de compréhension, de soutien, oui... mais pas indéfiniment !Un tel rythme peut être supporté en début de carrière ou lors d’une charge de travail anormale mais ponctuelle,mais il est plus difficile à tenir sur le long terme. « Il y aura des conséquences sur la vie de famille et sur le couple, souligne Philippe Corten.Mais pour l’homme aussi : il peut tenir le coup des années, puis faire un infarctus, un ulcère, une hémorragie cérébrale... »

L’homme invisible

Pour la femme, le quotidien devient pesant. Le partage des tâches ? Impossible, il n’est jamais là... Pas question de lui demander de faire un tour au supermarché ou de récupérer le fiston au foot... Il est aux abonnés absents. « Il y a déséquilibre, explique Philippe Corten. Si la femme a le sentiment que c’est toujours elle qui donne, elle commencera à souffrir et à revendiquer... »

Et puis vivre seule ou presque, de fait, alors que sur le papier, on est à deux... Seule pour regarder un film le soir, pour admirer les exploits sportifs des enfants le samedi matin, ou même pour aller dîner chez des amis...

« Au niveau du couple, en dehors de l’aspect affectif et du désir sexuel, il y a aussi le besoin de présence : quand l’autre est là, on se sent mieux, cela apporte un équilibre intérieur. »

Face à cette situation, la palette de réactions des femmes est large, allant de celle qui assumera sans rien dire, avant de déprimer, à celle, moins patiente, qui demandera à l’homme de choisir...





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