On arrête de râler !
Râler, pour beaucoup d'entre nous, c'est presque une seconde nature. Pourtant, nous n'avons ni froid, ni faim... Alors pourquoi passons-nous tant de temps à nous plaindre ? Voici comment devenir plus zen avec le sourire !
Chaque jour, on trouve au moins une bonne raison de râler. Contre l'air conditionné mal réglé au bureau, par exemple. A cause duquel on a la nuque raide, les yeux secs et on doit porter un gros pull même en été ! Pourtant, on a beau râler, cela ne change rien à la situation... En outre, nos ronchonnements quotidiens ont une fâcheuse tendance à irriter nos collègues. Alors pourquoi diable nous enferrons-nous dans cette vilaine habitude ?
« Râler relève souvent d'un conditionnement, décrypte Carl Van de Velde, coach spécialisé dans l'amélioration de la qualité de vie. Les jeunes enfants ne râlent pas mais, au fil du temps, ils imitent leur entourage. A l'âge où ils sont les plus influençables, soit de la naissance à 14 ou 15 ans, les jeunes adoptent des réactions de mauvaise humeur parce qu'ils les ont observées chez leurs proches. Sinon, ils apprennent à râler pendant une deuxième période, comprise entre 14-15 ans et 24-25 ans, lorsqu'ils se rebellent contre leurs parents et leur éducation. »
Râler n'est pas une fatalité
Mais alors comment faire pour arrêter de râler, de se plaindre et de soupirer à tout bout champ ? « La meilleure façon d'être plus serein consiste à modérer ses attentes, à être moins exigeant. On râle parce qu'on est frustré, parce qu'on n'obtient pas ce à quoi on pense avoir droit. Nous plaçons souvent la barre beaucoup trop haut et la déception est au rendez-vous. »
Le mode de vie idéal véhiculé par le cinéma, la télévision et la publicité aurait-il une responsabilité ? « Bien sûr. Il suffit de voir ce qui se passe aux Etats-Unis où, pendant des années, on a vendu le fameux « rêve américain » vantant un véritable standard de vie. Les gens en veulent toujours plus. Mais posséder signifie aussi risquer de perdre. En râlant, on exprime son angoisse, on essaie de se protéger. Il suffit de voyager sur des continents moins favorisés que le nôtre, comme l'Asie ou l'Afrique, par exemple, pour constater que les gens ne râlent pas et ne se plaignent pas, alors qu'ils n'ont presque rien. Au contraire, ils sont souriants et ravis du peu qu'ils possèdent. Ils ont peu de chose à perdre et ne sont donc pas en proie à nos angoisses de privilégiés. »
Râler serait donc une fatalité dans notre société occidentale gâtée et surprotégée ? « Pas du tout, s'insurge Carl Van de Velde. Comme notre environnement est déterminant, nous devons essayer de nous entourer de personnes positives et nous entraîner à penser de manière positive.
Pour commencer, il faut prendre conscience de son propre comportement. Cela exige parfois un coaching avec une personne qui pourra mettre en évidence notre tendance à nous plaindre. Ensuite, il faut faire un travail sur soi et chercher toutes sortes de raisons de se réjouir, de rire et de positiver. »
Pratiquer la pensée positive
Concrètement, que faut-il faire pour arrêter de râler et de se plaindre ? « Imaginons que vous vous retourniez sur votre passé et que vous repensiez à tous vos échecs. Vous allez automatiquement vous mettre de mauvaise humeur, broyer du noir et tout voir sous un prisme sombre. C'est la spirale négative. Par contre, si vous regardez tout ce qui a été positif dans votre vécu, vous vous mettez dans de bonnes dispositions d'esprit, vous en ressortez plus fort et plus résistant, tout devient possible ou presque. Il en va de même quand on pense à l'avenir. Si on l'envisage de manière positive, on met toutes les chances de son côté pour que cela se passe bien, alors que nourrir des angoisses bloque et peut même avoir des répercussions néfastes. »
On entend souvent parler de gens qui ont vécu des événements dramatiques et qui affirment par la suite ne plus jamais se plaindre pour des broutilles... « C'est une réaction fréquente. J'ai eu le malheur de perdre un enfant et il va de soi qu'on passe d'abord par une période très dure mais, ensuite, cette perte, si terrible soit-elle, parvient à revêtir une signification positive en ce sens qu'elle nous fait relativiser tout le reste.
On se met à apprécier dix fois plus les événements positifs de la vie qu'avant! Alors que des gens qui n'ont pas vécu ce traumatisme continuent de porter un poids qui les plombe sur leurs épaules. Et c'est dommage, car on ne vit qu'une fois et autant mettre toutes les chances de son côté pour que cette vie soit agréable! »
Râler, c'est bien pratique !Si on râle autant, c'est aussi parce que le fait de râler répond à des fonctions, qui a priori sont tout à fait légitimes. Râler, d'abord, c'est une manière de communiquer, de créer du lien, d'avoir un sentiment d'appartenance. Râler sur le fait qu'on paie trop d'impôts ou qu'il pleut trop, c'est un sujet de conversation qui ne mange pas de pain et qui met tout le monde d'accord. Râler nous permet aussi d'évacuer notre stress en pestant et aussi de rejeter notre part de responsabilité sur les autres. On n'a pas réussi à poser ses limites, par exemple, en prêtant sa tondeuse aux voisins auxquels on sait très bien qu'il faudra la redemander 1.000 fois de retour, et on en rejette la faute sur le voisin. Ce n'est pas moi, je suis en ordre avec ma conscience, c'est lui ! Or, c'est nous qui n'avons pas su dire non. On se met donc en position de victime, ce qui est confortable, mais ne nous tire pas vers le haut. Car c'est bien là le problème. La prochaine fois que vous râlerez et vous soufflerez, faites attention à la manière dont vous vous tenez et à la manière dont se comporte votre corps. Vous allez observer alors quelle perte d'énergie, quelle fatigue cela génère. Prendre conscience et décider d'arrêter est donc un must. On va, par exemple, commencer par surveiller son langage : stop aux mots pollueurs comme les « toujours » et « jamais ». Mais stop aussi aux râleurs qui nous entourent et qui nous entraînent dans leur spirale négative. Car râler est contagieux. Faites poliment mais fermement comprendre aux souffleries ambulantes et autres mécontents que vous refusez d'entrer dans leur jeu. Et si vous lisez les journaux sur internet, zappez les réactions de lecteurs, véritables nids de râleurs... Un livre récent qui enseigne une méthode pour arrêter en 21 jours : J'arrête de râler, Christine Lewicky, Ed. Eyrolles. |
Auteur: Ariane De Border, Lise Leuven | Mise en ligne: 09-02-2012 | Mise à jour: 09-02-2012

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