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Enfants cherchent grands-parents de coeur

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Les grands-parents naturels sont décédés ou vivent à l'étranger, ce qui est de plus en plus fréquent... Pour combler ce manque, il existe désormais des grands-parents de substitution ! Rien que du bonheur ? Nous sommes partis à leur rencontre...

Peut-être avez-vous (eu) la chance de vous occuper de vos petits-enfants et de les voir régulièrement. En Belgique, il y a cependant des dizaines de milliers de grands-parents qui ne connaissent pas ce bonheur. D'une part, il y a tous ceux qui ne sont pas devenus grands-parents et rêveraient de l'être. D'autres qui aimeraient simplement aider des enfants dans le besoin. Ou d'autres encore qui ont des petits-enfants mais ont perdu le contact suite à une dispute familiale ou à une séparation houleuse. Il existe aussi des couples sans enfants qui le vivent mal face à leurs amis devenus des grands-parents comblés.

D'autre part, des dizaines de milliers d'enfants doivent grandir sans grands-parents. Pour toutes sortes de raisons : le grand-père et/ou la grand-mère sont décédés, vivent à l'étranger ou ont coupé tout contact... Nombre d'enfants naissent au sein d'une famille monoparentale. Ajoutons encore les grands-parents atteints par une maladie grave empêchant des relations normales.

La demande est énorme

Des grands-parents de c£ur, comme il existe des familles d'accueil, constitueraient-ils une bonne solution ? Ce concept fait petit à petit son chemin chez nous.

« La formule n'a aucune reconnaissance officielle, précise d'emblée Conny Ielegems, diplômée en sciences de la famille, qui souhaite lancer ce concept chez nous. Le terme « grands-parents de coeur » ou « de substitution » n'existe dans aucun texte légal ». En juin 2011, elle a achevé son cursus universitaire en rédigeant une thèse sur le sujet, une première en Belgique.

« Le modèle familial classique faisait en sorte qu'il y avait toujours dans la famille ou dans l'entourage une personne prête à endosser le rôle de grand-parent de substitution. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Au cours de mes recherches, j'ai constaté que la demande ne cesse de croître. Cela s'explique surtout par l'éclatement du modèle familial classique mais aussi par d'autres facteurs. Je travaille dans le domaine des soins aux personnes et je suis frappée du nombre de personnes âgées internées qui n'ont plus aucun contact avec leurs petits-enfants. »

Une relation win-win ?

« Les candidats au rôle de grands- parents de c£ur redonnent un sens à leur vie, constate Conny Ielegems. Ils peuvent partager leur expérience de vie, leur patience, leur intelligence sociale et leur soif d'amour désintéressé. Les parents trouvent de leur côté une aide dans l'éducation et la garde de leurs enfants. Et ceux-ci trouvent un accueil chaleureux et bienveillant, très précieux en cas de tensions dans la famille.

Tout comme les autres grands- parents, les grands-parents de c£ur sont idéalement placés pour jouer les intermédiaires entre un adolescent et ses parents. On peut véritablement parler de relation gagnant-gagnant.

« Pour que la formule remporte à l'avenir le succès qu'elle mérite, il faut cependant qu'un certain nombre de conditions soient remplies », insiste la spécialiste.

Les clés du succès pour une relation épanouie

- Les candidats grands-parents et les parents doivent conclure un accord raisonnable concernant le niveau d'éducation, les intérêts culturels, et le mode de vie.

- Les petits-enfants doivent de préférence être jeunes, voire très jeunes (bébés).

- Une instance médiatrice doit mettre en contact les candidats grands-parents de substitution et les parents, puis organiser la rencontre dans un endroit neutre. Ce rôle peut revenir à une asbl, au service seniors de la commune, à un organisme de seniors, voire à l'ONE. Comme cela se passe pour les foyers d'accueil, l'instance médiatrice peut mener une petite enquête sur les candidats grands-parents et les parents pour éviter tout dérapage éventuel.

- Si le courant passe vraiment bien entre les parents et les candidats grands-parents de c£ur, ils doivent expliquer leurs motivations respectives et se fixer un premier rendez-vous pour se rencontrer. Le meilleure solution? Etablir une sorte de contrat informel pour confirmer le rendez-vous par écrit.

Il faut bien entendu que la relation entre les deux parties soit réciproque. Les grands-parents de substitution sont là pour aider les parents et leurs enfants et, inversement, les parents s'engagent à aider les grands-parents de substitution en cas de maladie, par exemple, ou pour des tâches bien particulières.

Les risques d'échec

La route peut être semée d'embûches. Les meilleures intentions n'empêchent pas les accrochages, comme il s'en produit au sein d'une famille d'accueil. Au fil du temps, des problèmes peuvent surgir dans la relation entre parents et grands-parents de c£ur ou entre ces derniers et les enfants. « C'est le cas lorsque les grands-parents de substitution considèrent leurs petits-enfants comme un remède contre à la solitude, analyse Conny Ielegems. Ou si l'une des parties concernées entre dans des considérations financières. Ou encore si les grands-parents de c£ur gâtent trop les enfants, alors que les parents n'ont pas les moyens de suivre. Il peut arriver que l'entente se dégrade ou que l'une des parties exprime trop d'exigences. On voit parfois surgir un conflit avec les enfants des grands- parents de substitution. Ils peuvent être jaloux ou redouter de perdre une partie de leur héritage. Mais ces risques ne doivent pas effaroucher les candidats. La relation entre trois générations est rarement un long fleuve tranquille, même au sein d'une famille biologique. »

Où se trouver mutuellement ?

En Belgique, il n'existe pas encore d'instance officielle ou officieuse permettant aux candidats de se rencontrer, contrairement à l'adoption, au parrainage et aux familles d'accueil qui sont bien encadrés. Il n'en n'existe d'ailleurs pas non plus ailleurs dans le monde. Aux Etats-Unis, cependant, Rent-A-Grandparent est un concept approchant : des grands-parents aident simplement des familles à problème.

Jusqu'à nouvel ordre, les candidats (tant les grands-parents que les parents) doivent donc chercher eux-mêmes des solutions par le biais de contacts informels, sur les forums internet, sur Facebook et les autres réseaux sociaux.

« L'idée doit encore mûrir et se faire connaître, admet Conny Ielegems. Mais je compte bien mettre sur pied ma propre asbl (*). En effet, j'ai épousé un immigré égyptien et mes parents n'ont jamais accepté mon mariage. Mes enfants n'ont encore jamais vu leurs grands-parents maternels... »

(*) Vous êtes intéressé par ce concept ? Contactez Conny Ielegems par e-mail : connyielegems@hotmail.com


Auteur: Ludo Hugaerts | Mise en ligne: 11-01-2012 | Mise à jour: 11-01-2012



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