Il nous a donné rendez-vous au Schievelavabo, une brasserie typiquement bruxelloise «où les gens sont vrais et sympathiques comme j'aime» et porte un T-shirt clamant « Il n'y a pas d'âge pour être rock » ! Le ton est donné. Passer un moment en compagnie de Jean-Luc Fonck vous fait voir la vie en rose...
Vous venez d'entamer une tournée avec votre « One Man Chose Tour ».
On a déjà rôdé le spectacle à Montréal et à Paris et nous sommes partis pour une cinquantaine de dates. Avec mon complice Christian Martin, nous allons fêter à notre manière les 35 ans de Sttellla. C'est amusant, on ne dirait pas que j'ai 35 ans, le temps n'a pas de prise sur moi ! Au début du spectacle, un spectateur viendra tirer au hasard des morceaux parmi cinquante titres et je les jouerai au fur et à mesure. Je découvrirai le cheminement du spectacle en même temps que le public. Le tout avec une limite de temps : quand mon réveil sonnera, le spectacle sera fini. Et si le spectacle est mauvais, ce ne sera pas ma faute mais celle de celui qui tire au sort.
Cela vous est-il déjà arrivé de faire quelque chose qui ne vous amuse pas ?
Non, en tout cas plus depuis longtemps. Tout a commencé grâce à un coup de bol, quand j'avais 18 ans. Mon aventure était tellement improbable que personne n'y a jamais cru, moi le premier. C'est pour cela qu'on m'a fichu une paix royale. Quand je suis devenu populaire dans les années 90, j'avais déjà 15 ans d'expérience et je savais très bien ce que je voulais et ce que je ne voulais pas. Si la reconnaissance était venue immédiatement, j'aurais sans doute été moins libre. En 1992, le succès de « Torremolinos » m'a permis de toucher un plus large public. Alors, oui, je ne fais que ce qui m'amuse et je suis curieux de tout. Je suis prêt à tout essayer pour peu que je trouve ça chouette !
Cette liberté, vous vous l'êtes aussi créée...
J'ai toujours été autonome, tout ce que je fais est autoproduit. à l'époque, je jouais le week-end pour m'amuser et je trouvais tout à fait normal de travailler la semaine. Comme j'étais fonctionnaire au ministère de la Justice, je vivais la scène comme un pur plaisir. Quand le nombre de dates de concerts a dépassé le nombre de jours de mes congés, j'ai dû faire un choix.
En 1988, nous sommes partis, avec Mimi (compagne d'alors et membre de Sttellla), au festival international de rock de Montréal. Quelque temps plus tard, on nous a proposé de repartir un mois au Québec. Mais nous n'avions plus de congés ! Ça a été le déclic et j'ai pris une pause carrière... de six mois en ne croyant pas plus que ça à la suite de mes aventures musicales.
La chouette vie de Jean-Luc Fonck
L'homme du groupe Sttellla fourmille de projets dont le seul but avoué est de nous rendre la vie plus légère. Il entame une tournée, toujours délirante, avec son «One Man Chose Tour». Rencontre avec un gai luron à la bonne humeur contagieuse. Il nous a donné rendez-vous au Schievelavabo, une brasserie typiquement bruxelloise «où les gens sont vrais et sympathiques comme j'aime» et porte un T-shirt clamant « Il n'y a pas d'âge pour être rock » ! Le ton est donné. Passer un moment en compagnie de Jean-Luc Fonck vous fait voir la vie en rose...
Vous venez d'entamer une tournée avec votre « One Man Chose Tour ».
On a déjà rôdé le spectacle à Montréal et à Paris et nous sommes partis pour une cinquantaine de dates. Avec mon complice Christian Martin, nous allons fêter à notre manière les 35 ans de Sttellla. C'est amusant, on ne dirait pas que j'ai 35 ans, le temps n'a pas de prise sur moi ! Au début du spectacle, un spectateur viendra tirer au hasard des morceaux parmi cinquante titres et je les jouerai au fur et à mesure. Je découvrirai le cheminement du spectacle en même temps que le public. Le tout avec une limite de temps : quand mon réveil sonnera, le spectacle sera fini. Et si le spectacle est mauvais, ce ne sera pas ma faute mais celle de celui qui tire au sort.
Cela vous est-il déjà arrivé de faire quelque chose qui ne vous amuse pas ?
Non, en tout cas plus depuis longtemps. Tout a commencé grâce à un coup de bol, quand j'avais 18 ans. Mon aventure était tellement improbable que personne n'y a jamais cru, moi le premier. C'est pour cela qu'on m'a fichu une paix royale. Quand je suis devenu populaire dans les années 90, j'avais déjà 15 ans d'expérience et je savais très bien ce que je voulais et ce que je ne voulais pas. Si la reconnaissance était venue immédiatement, j'aurais sans doute été moins libre. En 1992, le succès de « Torremolinos » m'a permis de toucher un plus large public. Alors, oui, je ne fais que ce qui m'amuse et je suis curieux de tout. Je suis prêt à tout essayer pour peu que je trouve ça chouette !
Cette liberté, vous vous l'êtes aussi créée...
J'ai toujours été autonome, tout ce que je fais est autoproduit. à l'époque, je jouais le week-end pour m'amuser et je trouvais tout à fait normal de travailler la semaine. Comme j'étais fonctionnaire au ministère de la Justice, je vivais la scène comme un pur plaisir. Quand le nombre de dates de concerts a dépassé le nombre de jours de mes congés, j'ai dû faire un choix.
En 1988, nous sommes partis, avec Mimi (compagne d'alors et membre de Sttellla), au festival international de rock de Montréal. Quelque temps plus tard, on nous a proposé de repartir un mois au Québec. Mais nous n'avions plus de congés ! Ça a été le déclic et j'ai pris une pause carrière... de six mois en ne croyant pas plus que ça à la suite de mes aventures musicales.
Comment vous êtes-vous rendu compte que vous étiez doué pour la musique et la composition ?
Heu... au premier concert de Sttellla je ne savais jouer d'aucun instrument. Comme tout ado, j'allais voir des concerts. J'avais juste une guitare, achetée 500 pesetas en Espagne, sur laquelle je grattais deux accords. J'ai fait mon premier concert à l'école, lors d'une fête réservée à ceux qui jouaient de la musique et dans laquelle je me suis lancé avec des copains. Nous n'avions pas de répertoire non plus. On jouait des reprises, enfin juste les intros. Et quand ça devenait trop compliqué, on passait à la suivante. Quand je vous dis que ma vie est un accident !
Le hasard a donc vraiment bien fait les choses...
C'est sûr qu'avec ma voix et ma tessiture, je n'aurais jamais dû devenir chanteur. J'ai donc composé des trucs faciles à chanter, que je peux bidouiller comme je veux. Evidemment, je me suis amélioré avec le temps. Ma seule prétention, c'est le divertissement. Je n'ai aucun ego puisque, logiquement, je n'aurais jamais dû être là !
Vous nourrissez aussi une véritable passion des mots...
Oui, j'adore les jeux de mots, un plaisir gratuit à la portée de tous. J'ai eu la chance d'avoir une très bonne formation à l'école primaire, chez les frères maristes, à Arlon. Je n'adorais pas la lecture mais j'aimais bien écrire. Pourtant, j'ai bissé une année à cause du français quand j'étais en humanités. Adolescent, j'avais décidé de n'en faire qu'à ma tête. A chaque dissertation, quel qu'en soit le sujet, je rédigeais la suite de la précédente, une espèce de saga norvégienne avec des Vikings. Le prof de français a été obligé de me buser, et il avait raison.
J'ai fini par me calmer mais je me suis passionné pour les jeux de mots. Ils permettent de prendre un certain recul par rapport à la langue. J'ai le même recul avec la musique, et de plus en plus avec la vie. C'est une façon amusante de voir les choses. Mon nouveau single, issu du prochain album, s'appelle d'ailleurs « Plus cool que le Titanic ».
Vous êtes entouré d'amis très fidèles. Cette sincérité semble être le pivot de votre vie...
Oui, mais je n'ai jamais imaginé que je rencontrerais ces gens-là. Quand on m'a proposé de participer au « Jeu des dictionnaires », je n'en revenais pas de pouvoir côtoyer des types comme Jacques Mercier, Philippe Geluck ou Marc Moulin. Je sais bien que je suis un rigolo. L'image qu'on a, c'est celle qu'on a donnée. Quand on se promène sur scène en tutu rose, il ne faut pas exiger d'être pris au sérieux !
Si mon ami Marka me propose, par exemple, de soutenir sa campagne de don d'instruments de musique pour les enfants de Cuba, je fonce, avec un message dans mon style : « Donnez des instruments à vent aux enfants, comme ça ils en auront après, puisqu'ils n'en avaient pas avant » ! Et dernièrement, j'ai participé à la soirée « Make A Wish » qui vient en aide aux enfants malades.
La montée d'adrénaline est-elle la même face à 500 personnes que face à des milliers de spectateurs ?
Je fonce toujours de la même façon mais c'est plus compliqué, et peut-être plus riche, devant une petite salle car les moyens sont limités. De toute façon, je n'ai aucune mémoire, je ne me rappelle jamais en détails de mes scènes précédentes. C'est pour cette raison que j'improvise beaucoup. Je ne me rappelle pas non plus de mes textes. J'ai toujours les paroles de mes chansons devant moi. Sur scène, je suis sans complexes. Et je vis des moments de grâce avec les spectateurs. Dans des moments difficiles comme ceux que nous vivons actuellement, je suis content que des gens s'amusent en écoutant mes chansons. Quand ça va mal, tu as envie de chanter des trucs chouettes, pas déprimants. Et par conséquent, je me fais du bien aussi.
Y a-t-il un message que Jean-Luc Fonck essaye de faire passer ?
J'ai fait 20 albums. 20 albums, pour un mec qui ne sait pas chanter... Les Beatles en ont fait moins. Marrant, non ? En fait, il suffit de créer un truc pas à la mode, et il ne sera jamais démodé. Ce que j'ai envie de dire aux gens, c'est qu'il est possible d'avoir des projets, d'écrire, de créer son propre monde. La bonne humeur, c'est un art de vivre, même si la vie est grave...
On vous qualifie souvent d'artiste surréaliste... Il vaut mieux passer pour un surréaliste que pour un débile. Magritte n'était peut-être pas le plus grand peintre du monde mais il faisait passer ses idées avant la technique. Si c'est possible en peinture, c'est aussi possible en musique. Je préfère une bonne idée dans une chanson qu'une chanson très bien chantée.
http://www.sttellla.be/
Auteur: Gilda Benjamin |
Mise en ligne: 16-12-2009 |
Mise à jour: 01-02-2010